Le violoncelliste Stéphane Tétreault et la harpiste trifluvienne Valérie Tétreault sont deux des solistes invités pour le concert de l’OSTR de ce samedi.

L'OSTR offre la beauté de l’Espagne

Trois-Rivières — Ce sont des parfums espagnols qui seront offerts aux mélomanes par l’OSTR ce samedi alors que le concert de la série principale proposé s’intitulera Jardins d’Espagne. Il mettra notamment en valeur la harpiste trifluvienne Valérie Milot de même que le violoncelliste Stéphane Tétreault ainsi que le guitariste Michel Beauchamp.

Cet avant-goût du printemps proposera un voyage dans l’histoire et les légendes hispaniques à travers cinq œuvres. On pourra entendre Le Tricorne, suite no. 2 de Manuel de Falla, En El Escuro es todo Uno de la Canadienne Kelly-Marie Murphy, le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, l’Estancia, suite, d’Alberto Ginastera et le célèbre Concerto d’Aranjuez pour guitare et orchestre de Joaquin Rodrigo Le tout, sous la direction du chef Jean-Claude Picard.

Nul doute que le retour au bercail de Valérie Milot attirera l’attention du public trifluvien, elle dont la carrière prend constamment de l’ampleur.

«Je vis certainement une année chargée avec les concerts, les enregistrements, l’enseignement et, évidemment, mon rôle de maman, confiait-elle en entrevue cette semaine. Il faut vraiment savoir s’organiser mais ça va bien de ce côté. Ce qui est bien, c’est que j’ai décidé de faire les choses à ma manière grâce à une équipe formidable qui m’entoure.»

À bientôt 35 ans, la harpiste assume sa personnalité multiple. Autant elle véhicule parfois une image de rebelle par des choix audacieux, autant elle aime se glisser dans le moule plus traditionnel de la musique classique.

«J’aime beaucoup le classique mais je suis aussi une fan de rock progressif. Là, je viens de terminer l’enregistrement d’un album hyper classique dont je suis très fière. C’est ma formation, après tout. Je peux faire des projets un peu en dehors des cadres habituels mais j’aime revenir à la musique classique; ça me fait toujours du bien.»

Patronne de sa propre maison de disque, elle doit voir à toutes les décisions majeures concernant la mise en marché de son dernier-né. Elle le fait avec une lucidité qui n’étonne pas tellement de la part d’une femme aussi déterminée.

«C’est vrai que l’industrie de la musique est en transformation, mais je vois cela comme une opportunité. Les choses bougent et c’est stimulant. Je vais essentiellement proposer mon album sur les plateformes numériques, ne conservant les albums physiques que comme une sorte de beaux objets de collection qu’on va vendre lors de mes concerts. Les moyens de diffusion changent: il faut s’y intéresser.»

Toutes ces responsabilités l’ont forcée à limiter au minimum son travail d’instrumentiste; elle estime ne s’y consacrer que trois heures par jour.

«C’est moins que ce que je faisais à l’époque de mes études, mais c’est du temps nettement plus efficace. Avec l’expérience que j’ai, j’apprends plus rapidement et je me connais mieux: je sais quand et comment je suis dans les meilleures dispositions.»

Pour ce concert de samedi, elle retrouvera son ami et grand complice Stéphane Tétreault pour l’interprétation de l’œuvre de Kelly-Marie Murphy.

«Stéphane est un de mes meilleurs amis. Contrairement à l’image qu’on a parfois de lui, c’est quelqu’un de très drôle et comme je suis moi-même ricaneuse, on s’entend à merveille. D’autant qu’il est très rigoureux dans le travail. On a des parcours professionnels plutôt similaires alors, il comprend ce qu’est ma vie de musicienne. Je peux me confier à lui parce qu’il est très ouvert, sensible et possède une capacité d’écoute vraiment exceptionnelle.»

«Cette complicité-là se traduit dans la façon qu’on a de jouer ensemble. C’est pour ça que nous multiplions les projets en commun. Malgré ce qu’on peut parfois imaginer, la harpe et le violoncelle sont deux instruments qui se marient très bien. Quand j’étais jeune, j’ai d’ailleurs hésité entre adopter le violoncelle et la harpe. Quand je joue avec Stéphane, quelque chose de très profond se manifeste.»

Le violoncelliste prodige n’est pas moins élogieux envers son amie. «J’admire Valérie pour son intensité, son inspiration. Elle est toujours très présente, constamment prête à offrir le meilleur d’elle-même. Et comme on rit toujours beaucoup ensemble, c’est toujours un pur plaisir que de jouer avec elle.»

«L’œuvre de Kelly-Ann Murphy est vraiment fantastique, estime-t-il. C’est très coloré et un peu énigmatique. On y retrouve des couleurs de la culture juive, de musique klezmer, mais aussi des harmonies familières à travers des mélodies accrocheuses. C’est assez exigeant pour la virtuosité mais ce qui me plaît surtout, ce sont les textures variées qui nous obligent à trouver constamment les justes couleurs au bon moment. C’est excitant parce que l’OSTR est un orchestre magnifique alors, on va pouvoir donner toute sa force à l’œuvre.»

Les billets pour ce concert sont disponibles auprès de la billetterie de la salle Thompson ou par le site Internet de l’orchestre au www.ostr.ca.