Guillaume Morrissette défend la liberté d’expression et souhaite que ce geste symbolique ait un impact à l’international.

Livres comme l’air: un geste symbolique

TROIS-RIVIÈRES — La liberté d’expression est loin d’être un droit acquis. Dans certains pays, elle est considérée «comme un combat de tous les instants», exprime Guillaume Morrissette, écrivain.

Pour la troisième édition, dix écrivains québécois ont été jumelés à dix écrivains emprisonnés à travers le monde afin de rédiger une dédicace sur la liberté d’expression publiée dans l’édition Livres comme l’air.

Guillaume Morrissette, écrivain et chargé de cours à l’UQTR, a été contacté par Amnistie Internationale afin d’être jumelé avec une personne emprisonnée. Il a été très touché par l’histoire de Nazir Al-Majid. Comme le raconte M. Morrissette, une histoire qui peut paraître aussi banale pour le peuple québécois a été perçue autrement par les autorités du Moyen-Orient. «Cet homme a uniquement écrit un blogue sur lequel il relatait le fait que la population devrait davantage se parler pour pouvoir faire face à l’État. Il considérait l’État comme une puissance trop grande et que les gens ne devraient pas rester seuls. En formant des groupes, il y aurait une forme de démocratie. Les autorités de l’Arabie Saoudite l’ont donc mis en prison pour cette banalité», souligne-t-il. Le gouvernement a donc considéré ce geste comme étant un appel à l’émeute. «À aucun moment, cet homme n’a mentionné de forme de violence. Il souhaitait seulement que les citoyens se regroupent afin d’avoir un droit de parole. Cet homme a été torturé, envoyé en prison, condamné à mort et il a eu droit à environ 800 coups de fouet.»

M. Morrissette mentionne qu’à la suite de l’arrestation, les policiers ont perquisitionné la maison de M. Al-Majid sans procuration légale et la famille a été harcelée à nombreuses reprises. «Les seules informations qu’on trouve maintenant sur Internet datent d’avant son arrestation, car le gouvernement essaye dorénavant de nous cacher le plus de détails possible sur sa condamnation.»

M. Morrissette se considère comme un fervent défenseur de la liberté d’expression et du droit de parole pacifique. «Il faut toujours tout dire dans tous les contextes, toutes les choses sont bonnes à dire même si c’est contraire à la loi, à la religion et à l’opinion publique. Même si c’est dur à entendre, la parole fait évoluer l’humanité», souligne-t-il avec beaucoup d’espoir.

Grâce à ce livre, il souhaite que ce geste symbolique puisse avoir un impact positif sur la liberté d’expression qu’il considère comme un droit essentiel. Soulignons qu’Amnistie Internationale et le Centre québécois du P.E.N. International feront parvenir les livres dédicacés aux auteurs emprisonnés. Les livres seront traduits en différentes langues afin que les prisonniers et les dirigeants d’État puissent les lire.

«Cette dédicace est un geste symbolique, mais nous pouvons assurer que ces livres seront envoyés dans les pays concernés. Nous avons constaté, dans plusieurs cas, une diminution des peines d’emprisonnement», précise Charles Perroud, coordonnateur de l’édition régionale de Livres comme l’air.

Rappelons que la cérémonie de lecture des dédicaces sera animée par Véronique Marcotte et aura lieu ce samedi à l’Espace Radio-Canada.

De plus, les personnes intéressées pourront prendre connaissance des dédicaces et signer les pétitions pour la libération des écrivains au kiosque d’Amnistie Internationale lors du Salon du livre de Trois-Rivières jusqu’à dimanche.