Lise Dion est de passage à Trois-Rivières pour présenter son nouveau one-woman-show à la salle J.-A.-Thompson.

Lise Dion vient faire le «party» à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Lise Dion est de passage à Trois-Rivières pour trois représentations de son spectacle Chu rendue là, à la Salle J.-Antonio-Thompson, les 11, 12 et 13 octobre. Un one-woman-show, dont la mise en scène est signée par Josée Fortier, à consommer comme une conversation avec l’humoriste, qui amorce une tournée de trois ans... peut-être pour la dernière fois.

«Chu rendue là, ça parle un peu d’où tu es rendue en vieillissant: tu as moins de patience, tu as l’élastique de la vessie qui est plus court, tu sais ce que tu veux et tu sais ce que tu ne veux plus, résume Lise Dion. C’est des numéros qui parlent de la vie en général et c’est mon spectacle qui est le plus stand-up. Je saute du coq à l’âne.»

Cette formule stand-up donne au spectacle une formule de conversation avec le public, qui se reconnaît d’autant plus dans ses propos grâce à cette proximité, peu importe l’âge, selon l’humoriste.

«J’ai un bloc sur le célibat et sur les réseaux sociaux et j’ai des jeunes trentenaires qui m’ont dit que ça les avait touchés, que ça les avait fait rire. Je dis que je n’ai plus de patience et je sens vraiment que le monde se reconnaît, pas à cause de l’âge, mais parce qu’ils n’en ont plus de patience en vieillissant, eux non plus. Je trouve ça le fun d’avoir une conversation avec le public et de sentir dans leur regard: moi aussi, je suis rendu là.»

Lise Dion affirme d’ailleurs avoir une astuce de son cru pour établir ce contact privilégié avec son public, astuce qu’elle a utilisée jeudi soir, pour séduire le public trifluvien. «Hier [jeudi], le party était pris dans la salle. J’ai un numéro d’entrée avec lequel je soude une intimité au départ. Je ne dirai pas ce que c’est, parce que je ne veux pas me faire voler mes idées, mais à cause de ce que je fais au début, il y a une grande intimité qui s’installe et elle est là pendant tout le spectacle.»

Le défi de se démarquer

Si après 31 ans de carrière le nom de Lise Dion est bien connu à travers le Québec, l’humoriste affirme vivre toujours autant de stress lors de l’écriture de ses numéros, de peur de manquer d’originalité.

«C’est toujours ardu, l’écriture, parce que tu veux être au goût du jour et il y a beaucoup d’humoristes sur le marché. Tu ne veux pas avoir l’air dépassée, tu veux être encore d’actualité. C’est un peu épeurant d’écrire un nouveau show, mais après l’avoir testé, je suis très contente.»

Ce défi de l’originalité, les jeunes humoristes doivent redoubler d’ardeur pour le surmonter, croit celle qui n’hésite pas à les conseiller lorsqu’ils le lui demandent.

«Les humoristes qui ressortent [du lot], ce sont surtout des bibittes spéciales, comme Bellefeuille, les Denis Drolet, André Sauvé. Ce sont des gens qui en ressortent parce qu’ils ont leur créneau, leur spécialité à eux. Les jeunes humoristes, il va falloir qu’ils travaillent fort pour sortir du lot, pour ne pas ressembler à quelqu’un d’autre. C’est le conseil que je leur donne.»

Peut-être la dernière...

Lise Dion quittera Trois-Rivières après sa représentation de samedi soir, mais elle sera de retour les 20, 21 et 22 juin 2019. Avis à ses fans dans la région, ce sera peut-être leur dernière occasion de la voir à domicile, puisque l’humoriste n’est pas certaine d’avoir l’énergie, une fois cette tournée terminée, pour en faire une autre.

«J’aimerais ça dire que je vais en faire une autre, souligne-t-elle. J’espère être encore en forme, mais quand la tournée prendra fin, j’aurai 67 ans... je ne pense pas en faire une autre. Peut-être que je vais jouer, mais toujours à la même place, quelque part, ou faire des numéros pour des galas, mais je ne pense pas refaire de tournée.»