Originaire de Shawinigan-Sud, Dave Harmo présente aujourd’hui son tout premier album solo intitulé De ville en aiguille.

L’intime universalité du quotidien

TROIS-RIVIÈRES — Pour les gens du Centre-de-la-Mauricie et plus précisément du secteur Shawinigan-Sud, il est connu par son patronyme de Dave Hamel mais pour les besoins de sa carrière artistique, son nom est Dave Harmo. Il vient de lancer un tout premier album auquel il a donné le joli titre de De ville en aiguille.

La carrière d’auteur, compositeur et interprète arrive de façon un peu tardive dans son parcours artistique puisqu’il a 37 ans et une riche feuille de route derrière lui. On y compte des études collégiales en musique au Cégep de Drummondville, un baccalauréat en composition classique à l’Université de Montréal, des études supérieures en composition de musiques de films. Il est présentement enseignant en musique dans une école primaire et est également photographe en Montérégie où il habite désormais. Tout ce bagage trouve une expression singulière et personnelle dans les onze plages de son disque qui vacille entre folk, country, pop, blues...

L’album se démarque par la variété des styles musicaux et les arrangements aussi dépouillés sur certains titres qu’ils peuvent être touffus sur d’autres. Disons que la simplicité demeure le mot d’ordre pour mieux rendre justice aux lignes mélodiques, axe central de la création chez Dave Harmo. Des mélodies simples pour soutenir des textes sensibles peuplés d’images efficaces et assez finement ciselées. C’est la partie aiguille du titre de la galette. La portion ville réfère à la source de son inspiration: la route de ville en ville où les idées lui viennent. Et dans ces villes, des gens qui lui inspirent les onze histoires que chacune des pièces raconte. Des histoires tirées du banal qui recèlent pourtant toute la matière essentielle à des chansons, les émotions qui habitent l’auteur comme chaque membre de son auditoire: l’amour, les ruptures, les frictions, l’espoir.

«Le plus souvent, mes chansons naissent d’abord par un trait mélodique ou une tournure de phrase qui me viennent en tête et que je note, explique l’auteur et compositeur. Je vais alors écrire un couplet et un refrain et il se peut que la chanson soit mise de côté pour des mois avant que je me replonge dedans pour la compléter. La mélodie est sans doute le point d’ancrage de chacune mais j’aime aussi beaucoup les mots. J’aime créer une proximité avec la personne qui écoute de sorte que souvent, les arrangements sont dépouillés. Ça n’exclut pas que je fasse des chansons plus soufflées comme pour Tu plonges, qui est sans doute la chanson aux arrangements les plus touffus bien qu’elle ait été très dénudée au départ.»

Il faut dire que Dave Harmo ne s’est pas privé de s’entourer de musiciens chevronnés dans l’élaboration de l’album, notamment Yanik Garon et Carl Bastien qui a réalisé l’album Rêver mieux de Daniel Bélanger et qui a aussi travaillé avec Dumas. «Je trouvais important d’avoir des oreilles externes pour me donner une opinion, des idées. J’étais très ouvert aux commentaires et à leurs idées qui ont vraiment enrichi les chansons. Carl m’a emmené dans des directions où je n’aurais pas pensé aller mais toujours pour le bien des chansons. Au final, je sens vraiment que chacune d’elles a trouvé sa meilleure version et que leur succession est aussi très efficace sur l’ensemble de l’album.»

Comme le font beaucoup de créateurs ces années-ci, l’album se retrouve sur les principales plates-formes numériques mais il a aussi sa version physique vendue lors des spectacles comme celui qu’il a donné au Gambrinus le 22 janvier et qui servait de lancement régional à De ville en aiguille. Son créateur se dit très heureux des réactions jusqu’ici même que Tu plonges est en train de se frayer un chemin vers une bonne diffusion radiophonique.

«Ce que j’aimerais, c’est que l’album fasse en sorte que ma musique se rende jusqu’aux oreilles des gens, qu’ils puissent se faire une idée de qui je suis. Évidemment, plus j’aurai l’occasion de chanter les chansons en spectacles, plus je serai heureux. On travaille présentement à programmer les spectacles pour l’été prochain et ça va bien. On n’a rien d’officiel dans la région encore mais ça pourrait venir bientôt. J’aimerais ça.»