Après des années à se voir confier des rôles de jeunes filles, la Grand-Méroise d’origine Lily Thibeault reçoit désormais des offres de personnages plus audacieux et intéressants.

Lily Thibeault: une carrière en pleine éclosion

TROIS-RIVIÈRES — La télévision québécoise s’est enrichie de séries de haut niveau ces dernières années et il n’y a pas que les spectateurs qui en profitent. Plusieurs interprètes y éclosent comme Lily Thibeault, Grand-Méroise d’origine, dont le visage est de plus en plus familier aux téléphages.

La liste des séries dans lesquelles elle a campé un premier rôle commence à prendre de la longueur. Les gens l’ont adoptée dans Annie et ses hommes pour la retrouver par la suite dans District 31, Unité 9, Blue Moon 3 et elle interprète présentement, et pour quatre semaines, le rôle d’Émilie Marcoux dans Ruptures IV. Que des séries à succès, en passant.

Une des bénédictions pour la comédienne, c’est que plusieurs productions aient adopté la formule des récits dont les intrigues se divisent en plusieurs épisodes. Il en est ainsi de Ruptures où le récit de son personnage se déroule sur quatre épisodes consécutifs. «Ça permet de travailler une histoire et un personnage un peu plus en profondeur, explique-t-elle. C’est un défi plus intéressant pour l’interprète d’autant que la trame narrative est plus travaillée que si on se limite à un seul épisode.»

«D’un autre côté, j’ai aussi eu la chance d’avoir un personnage récurrent dans une série à long terme avec Annie et ses hommes et si les intrigues y étaient moins ramassées, j’avais la possibilité d’évoluer au rythme du personnage. J’ai beaucoup aimé ça. Cela dit, j’aime les séries plus courtes où l’histoire se déroule au complet sur quelques épisodes. Ça offre un arc dramatique complet mais intense.»

Elle qui a dû vivre avec son physique de jeune première sur lequel le temps a eu du mal à s’agripper, elle se dit choyée qu’à 36 ans, on pense désormais à elle pour des rôles peu conventionnels. «Disons qu’on me voyait dans des rôles pas mal plus propres avant comme des ados ou des jeunes filles mais depuis quelque temps, on me confie des personnages plus corsés. Ça fait du bien parce que ça fait quand même quinze ans que je fais ce métier. Dans Unité 9, j’ai joué une prostituée, un rôle super intéressant et dans Ruptures, c’est celui d’une mère porteuse qui, dès le premier épisode, embrasse la femme du couple pour lequel elle porte le bébé. C’est pas très habituel. Ce que j’aime dans ce format-là, c’est que j’ai le lead de ma petite histoire à l’intérieur de la série.»

Le cinéma

Autre bénédiction, Lily Thibeault arrive à toucher à plusieurs aspects de son métier. Le cinéma, notamment, qu’elle voudrait explorer plus avant. On la retrouvera dans un rôle qui piquera la curiosité des gens de sa région natale puisqu’elle joue dans À tous ceux qui ne me lisent pas, un film librement inspiré de la vie du poète Yves Boisvert qui a vécu une partie de sa vie à Trois-Rivières. «Quand j’ai lu le scénario, j’ai vu que des scènes faisaient référence au café-bar Zénob à l’époque où moi, je le fréquentais. J’ai probablement dû côtoyer Yves Boisvert sans le savoir et là, je joue dans un film inspiré de lui précisément à cette époque.»

Sa présence dans le film est considérable mais se résume à une seule mais longue scène d’âpre discussion entre Boisvert et une amie poétesse qui a choisi d’avoir un enfant. «C’est le débat entre l’artiste pur dont la vie est entièrement consacrée à son art et l‘autre qui revendique une vie par ailleurs. Pour moi qui suis mère de famille, le débat m’est familier et je le trouve fascinant. On a vraiment débattu dans le cadre du film, Martin Dubreuil (qui personnifie Yves Boisvert) et moi.»

«Je n’ai pas vu le film au complet mais la scène dans laquelle je joue et j’ai été très touchée par la beauté des images. J’ai hâte de le voir en entier. J’aime beaucoup jouer au cinéma et je rêve de le faire plus souvent.»

Si elle ne manque pas de travail, elle demeure consciente que son métier en est un de vides et de pleins et qu’on peut rapidement affronter une période creuse. Heureusement, sa carrière comprend également un volet d’auteure. Elle a coécrit une série humoristique, Kbek-France, qui a été diffusée dans l’Hexagone pendant deux saisons. Elle a des projets pour un long métrage, un roman, une série. «C’est devenu super important dans ma vie, l’écriture. C’est une activité dont je ne pourrais plus me passer. Mes textes sont le plus souvent teintés d’humour. C’est plus fort que moi: c’est dans ma personnalité, j’ai besoin de m’amuser dans les histoires que je raconte. Ça remonte à mes débuts dans la LIM au Maquisart. Et en même temps, j’aime fouiller dans l’inconscient humain.»