Le phare le plus vieux au Québec se trouve sur l’île Verte.

L’île Verte racontée par Robert Desrosiers

Robert Desrosiers a eu le coup de foudre pour l’île Verte au début des années 70, à une époque où les touristes n’avaient pas encore découvert ce petit coin de paradis du Bas-du-Fleuve. Le réalisateur à la retraite de Télé-Québec n’a pas pris beaucoup de temps pour s’y acheter une résidence et se fondre dans le paysage, au point d’être considéré aujourd’hui comme un des leurs par les habitants de l’endroit.

«Un jour, l’un d’eux m’a dit: “Robert, t’es quasiment quelqu’un de chez-nous.” C’est des galons ça, mon ami…», lance M. Desrosiers, à l’autre bout du fil, depuis son domicile montréalais. Son secret? «Il ne faut pas arriver plus fanfaron qu’il faut…», glisse-t-il, ajoutant que ses quatre enfants lui ont permis de mieux se faire accepter à l’époque.

«J’ai été l’un des premiers étrangers à m’installer à l’île Verte. J’avais loué une résidence pendant six ans avant d’acheter un terrain. C’est un pêcheur qui a construit ma petite maison.»

Au fil des ans, à force de côtoyer les insulaires, à partager leurs us et coutumes, à marcher l’île d’un bout à l’autre pour admirer ses beautés, M. Desrosiers a constitué un riche patrimoine de films, de photographies et d’archives qu’il viendra partager avec les gens de Québec mercredi soir, au cinéma Cartier, dans le cadre des ciné-rencontres de la Société québécoise d’ethnologie.

La projection, qui fera par la suite l’objet d’un échange entre l’auteur et le public, se veut un assemblage de quelques films tournés entre 2009 et 2012, et portant sur les familles traditionnelles, la cuisine, les bateaux et les loisirs.

M. Desrosiers a immortalisé les témoignages de plusieurs Verdoyants (le nom des habitants de l’île), ce qui confère à son œuvre une valeur patrimoniale inestimable. Un «insulaire de souche», André Lévesque, décédé il y a deux ans, lui a servi de «caution» pour tisser des liens de confiance avec les habitants et les convaincre de participer à son projet. Les souvenirs partagés par les participants sont d’autant plus émouvants que plusieurs d’entre eux ont péri dans le terrible incendie d’une résidence pour personnes âgées de l’Isle-Verte, en janvier 2014.

Pont de glace plus fragile

L’île a bien changé au gré des décennies. De plus en plus de gens de l’extérieur sont devenus propriétaires de maisons et de terrains. Le cinéaste Gilles Carle et sa compagne Chloé Sainte-Marie y ont longtemps séjourné durant la belle saison, contribuant à sa popularité. «Il n’y a presque plus d’indigènes», déplore M. Desrosiers. En 2016, Statistique Canada évaluait la population de l’île Verte à 36 habitants.

M. Desrosiers voit également les conséquences des changements climatiques sur son patelin d’adoption. À preuve, le pont de glace, qui permettait jadis aux insulaires de joindre à pied la rive sud, entre janvier et mars, s’est fragilisé. «L’an dernier, il a duré trois semaines au lieu de trois mois. On constate aussi beaucoup d’érosion sur les rives.

**

Vous voulez y aller

  • Quoi: L’île Verte racontée…
  • Quand: le mercredi 24 janvier, 19h
  • Où: Cinéma Cartier
  • Billets: 11,25 $ (adultes), 8,75 $ (aînés et étudiants)
  • Infos: ethnologiequebec.org