L’humoriste Simon Gouache n’est pas le plus connu dans le métier mais il connaît une popularité qui lui permet d’aborder la salle Thompson pour présenter son nouveau spectacle, Une belle soirée le jeudi 17 octobre.

L’humour efficace sans prétention

TROIS-RIVIÈRES — Il est une chose indéniable concernant Simon Gouache: il est lucide. L’humoriste convient sans qu’on l’y incite qu’une bonne proportion des spectateurs qui iront le voir le 17 octobre à la salle Thompson le verront sur scène pour la première fois. Et c’est tant mieux parce qu’il leur présentera ce qu’il a fait de mieux jusqu’ici dans sa carrière avec son spectacle Une belle soirée.

Le spectacle est tout neuf puisqu’il a fait l’objet de sa première médiatique montréalaise la semaine dernière. Les critiques ont été bonnes mais Gouache admet qu’il n’a pas été à son meilleur. Trop absorbé par le décorum qui entourait l’événement. «J’étais très nerveux, dit-il, mais surtout, je ne suis pas arrivé à m’abandonner suffisamment, à être dans ma bulle et à avoir le plus de fun possible. C’est ce que je vais faire dans les spectacles qui s’en viennent, incluant celui de Trois-Rivières. J’adore ce métier-là et je veux que ça paraisse sur scène.»

Il affirme que l’humour a changé sa vie, que ça lui a donné une tribune pour s’amuser et il bénit le ciel ou toute autre force cosmique responsable, d’avoir le privilège de gagner sa vie en s’y adonnant.

«Ça fait une douzaine d’années que c’est mon métier mais moi, je ne fais que de la scène: on ne me voit pas à la télévision ou sur le web. C’est la scène que j‘aime par dessus tout. C’est quelque chose d’assez magique que d’arriver sur la scène, de sentir le public, de prendre ses propres marques, de trouver le rythme propre à la soirée et de s’abandonner à ça. J’ai énormément travaillé pour écrire ce spectacle et il est solide. Nettement plus mature et mieux écrit que mon premier.»

Les douze années de pratique de son métier lui ont évidemment permis de trouver ce qu’on appelle son personnage. Plus qu’un rôle, c’est sa façon personnelle de présenter ses anecdotes, ses observations. «Je ne révolutionne rien dans le contenu. Je parle de petites choses du quotidien ou alors je pars de certaines questions ou réflexion que j’ai et je les tourne à ma façon à moi qui est unique. J’écris chaque numéro à partir d’une idée de départ intéressante et je la creuse pour en faire ressortir le côté comique. Mais tout ça est fait à ma façon à moi qui est unique. C’est difficile à définir mais je peux dire, par exemple, que je n’ai pas peur des silences et que j’en joue beaucoup. Ce que je veux, c’est que les gens soient captivés par l’angle que je propose. Par exemple, je pose la question à savoir si l’humour est un art. Ou alors, comme je n’ai pas d’enfant, je me demande si comme oncle, je peux avoir une belle influence sur mes neveux. Ce ne sont pas des idées qui sont drôles en soi mais tout l’humour tient à la façon que j’ai de les exploiter.»

Gouache ne parle pas d’un personnage de scène qu’il a créé. Il parle d’une façon de lancer ses répliques qui lui est propre et qu’il puise au fond de lui-même. «Je ne parle pas de personnage parce que je n’ai pas l’impression de prendre une nouvelle peau pour dire mes textes; ça me vient tout naturellement dès que je suis sur la scène. D’ailleurs, je n’écris jamais mes textes: tout est mémorisé et les petits changements ou ajustements que je fais, se font de mémoire également. C’est comme si j’annotais mes textes mentalement. Et d’un soir à l’autre, le spectacle n’est jamais tout à fait le même. Ça dépend de l’endroit, du public, de moi, de ce que j’ai envie de faire.»

Difficile, dans ce contexte, de définir l’humoriste pour un public qui ne le connaîtrait pas. «Ce que je peux dire à ces gens, c’est que je donne un spectacle profondément honnête auquel j’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie et je suis fier de chaque numéro. La réaction du public est excellente jusqu’ici. C’est un humour basé sur les observations du quotidien, quelque chose de différent de ce que font les autres sans être champ gauche. C’est bien écrit et réfléchi sans être pontifiant. Je fais souvent la blague que si les gens trouvent un message dans mes propos, qu’ils viennent me le dire après le spectacle parce que je ne suis pas au courant.»

«Le titre dit bien ce que c’est: une belle soirée. Je veux que les gens sortent de la salle avec un sourire au visage et qu’ils l’aient encore deux heures plus tard.»