Après sept albums, Vincent Vallières entretient toujours des doutes mais le succès de ses spectacles démontre clairement que le public est prêt à le suivre dans son cheminement.

L’humilité et le succès

TROIS-RIVIÈRES — En lançant son dernier album, Le temps des vivants, il y a tout juste un an, Vincent Vallières s’inquiétait ouvertement de savoir si ses fans le suivraient encore à cette étape marquante de sa carrière. Il n’a plus de questions à se poser et son attrait auprès du public semble ne jamais avoir été si grand. Les Mauriciens le constateront plutôt deux fois qu’une puisque l’auteur, compositeur et interprète sera sur la scène du Centre des arts de Shawinigan le 16 mars et dès le lendemain soir, au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières.

Bien sûr, ce sont les chansons les plus récentes qui sont mises en valeur dans ce spectacle mais Vallières connaît assez son public pour savoir qu’il ne pourra pas s’en sortir sans quelques retours en arrière dans un répertoire qui a ses classiques. Les fans accepteraient-ils qu’il ne leur offre pas On va s’aimer encore, Lili ou L’amour, c’est pas pour les peureux? Lui et ses trois musiciens ont donc convenu d’un canevas qui leur laisse toute la latitude souhaitée.

«On est rendu à une étape où on ne joue pas notre carrière à chaque spectacle, analyse la star et à ce stade-ci de l’évolution du spectacle, on n’est pratiquement que dans le plaisir de l’interprétation. On connaît bien nos chansons, le public les reçoit bien alors, il y a quelque chose de lousse, un lâcher-prise que tu n’as pas en début de tournée. On se permet de sortir de plus vieilles chansons qui correspondent mieux à l’ambiance spécifique de chaque représentation.»

Il a fallu un certain temps pour tout mettre en place parce que Vallières compte sur deux nouveaux musiciens parmi les trois qui l’accompagnent dans la tournée. Amélie Mandeville s’occupe de la basse et chante alors que Marc-André Larocque est attitré à la batterie mais peut tout aussi bien jouer du piano. Quant à André Papanicolaou à la guitare, il est un fidèle depuis des lustres. Ce renouveau implique une familiarisation avec le «vieux» répertoire du leader, étape aujourd’hui franchie, et de trouver la juste relecture des chansons. Tâche également remplie.

«Désormais, l’expérience est différente d’un soir à l’autre. Comme Marc-André et surtout Amélie chantent très bien, je leur laisse de la place et les chansons font parfois l’objet d’envolées vocales nouvelles qui sont très belles. Même que dans certains cas, je n’ai même pas à chanter moi-même, juste les accompagner. J’adore ça! Le spectacle peut donc se déployer de plusieurs façons. Je peux déjà dire que pour les trois ou quatre chansons du rappel ne sont jamais les mêmes d’un soir à l’autre. Tout le spectacle est, à chaque fois, un autre voyage. Ça dépend du public, de la salle, de l’atmosphère.»

La considération est d’autant plus pertinente qu’entre la salle Philippe-Filion de Shawinigan et le Cabaret de l’Amphithéâtre, les évidentes différences de configuration suggèrent deux représentations bien dissemblables.

«Déjà, mon répertoire est fait autant de chansons nettement rock and roll que d’autres plus douces, dit Vallières, et les nouvelles harmonies vocales qu’on a créées se prêtent parfaitement aux deux genres. Ce qui est sûr, c’est qu’on est en mesure d’offrir des versions complètement nouvelles de chansons déjà connues. L’autre avantage d’être à l’aise comme on l’est, c’est que c’est beaucoup plus facile pour nous de répondre aux demandes que les gens nous font pendant le spectacle.»

«Quand on joue dans des salles plus classiques, en général, la scène est plus grande alors, ça nous permet d’installer des éclairages plus sophistiqués. On le détermine quand on débarque le matériel du camion. Ça fait partie de ma signature de m’adapter à toutes les circonstances. Mon tout premier producteur m’a fait chanter partout: j’ai appris à me démerder peu importe les conditions.»

La communion
Ce qui ne peut changer c’est l’exceptionnelle relation qu’il a avec son public en direct. Une communion comme on en voit peu. Ça tient sans doute à la personnalité attachante de l’artiste mais aussi à une préoccupation de sa part. «Oui, j’essaie de créer de la proximité. Certains artistes se concentrent exclusivement sur leur musique et c’est très bien, mais moi, le contact avec les gens qui me préoccupe. Ma musique doit toucher les gens et j’aime le sentir de façon concrète. Peut-être parce que ce sont des chansons qui peuvent accompagner les gens à tout moment, leur faire oublier les tracas quotidiens.»

Ce don qu’il a pour traduire ses sentiments intimes a toujours trouvé écho dans le chœur de ses auditeurs mais l’auteur se demande encore, après sept albums, si ces préoccupations personnelles ont de l’intérêt pour les auditeurs. «Mes paroles ne sont pas tant des poèmes que des chansons, qui pourraient difficilement être plus simples. Je ne me cache pas derrière des images complexes et fortes. C’est ma modeste façon de faire et ça semble fonctionner. La réception du public efface tranquillement les doutes.»

«C’est la chose que j’aime le plus de ce métier: il te force à rester humble autant devant les échecs que le succès. Si je peux offrir une expérience unique au public qui paie pour venir m’entendre, je suis satisfait.»

Concours sur le web

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Bonne chance !

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