Le directeur du Musée des religions du monde de Nicolet Jean-François Royal mise sur une exposition ludique cet été avec Amen nous la coupe qui se demande si le hockey est bel et bien une religion.

L'exposition Amen nous la coupe au Musée des religions

Il aurait suffi de presque rien pour que le Canadien de Montréal se retrouve en finale de la Coupe Stanley et qu'ainsi, la nouvelle exposition du Musée des religions du monde de Nicolet, Amen nous la coupe, profite largement de l'engouement populaire. Il faut croire que les Dieux du hockey n'étaient pas avec les organisateurs.
Cette nouvelle exposition qui se tiendra du 9 juin 2017 au 8 octobre 2018 est un coup de coeur de l'équipe à Nicolet. D'abord pour son sujet qui témoigne de façon particulièrement judicieuse de l'approche nicolétaine en matière de muséologie: offrir un sujet rassembleur dans une exposition ludique et conviviale tout en offrant matière à réflexion. 
Le prétexte qu'on exploite ici, c'est l'idée du hockey devenu religion dans l'imaginaire collectif. En fait, l'équipe du musée propose ce qui pourrait ressembler à la défense d'une hypothèse à savoir que le hockey serait bel et bien devenu une religion dans notre société. Que notre sport national aurait pu combler une part du vide laissé par la désaffection envers la religion catholique.
Ne vous en faites pas: la chose est présentée sous des dehors légers, avec une approche essentiellement ludique et interactive. Mais l'idée n'en est pas moins là et, ma foi, elle est intrigante. 
Ludique, disions-nous? On en veut pour preuve cette carte de pointage qu'on donne au visiteur à son entrée dans la salle d'exposition. À travers différentes activités de l'exposition, le «concurrent» peut établir un score dont on lui indiquera à la toute fin du parcours quel genre d'adepte de la «religion hockey» cela fait de lui. Ainsi, le visiteur pourra tester son habileté à marquer des buts dans un filet protégé par Jésus lui-même. Il répondra aussi à quelques questionnaires mesurant ses connaissances de notre sport national.
À travers ses diverses étapes, l'exposition se décline dans une véritable structure narrative qui raconte, en sous-texte, le parcours d'un partisan vers la conquête ultime. Le parcours est émaillé de bon nombre d'artéfacts, dont certains assez étonnants, qui se divisent pratiquement en égales parts entre des objets religieux et d'autres liés au hockey. Ces derniers ont été puisés dans les collections de différents musées et dans celles de particuliers dont le comédien Michel Barrette, collectionneur maniaque qui a été d'un précieux secours pour l'élaboration de  Amen nous la coupe. L'expo est aussi émaillée de clins d'oeil sous forme d'anecdotes ou de faits le plus souvent étonnants disséminés le long du parcours. 
Les fans de hockey y trouveront plusieurs motifs de réjouissance et il ne fait pas de doute que le musée veut ainsi titiller une clientèle qui lui est habituellement étrangère. On vise aussi les familles. Heureusement, la sollicitation ne se fait pas au détriment du mandat fondamental de l'institution qui propose toujours une réflexion intelligente autour du phénomène religieux. 
«Ce n'est pas une exposition qui vise à bouleverser le spectateur comme c'était le cas avec Tu ne tueras point, explique le directeur Jean-François Royal. C'est ludique mais on a trouvé un bon dosage entre l'anecdote, le ludique et la réflexion de fond. Si on lit tous les textes, et c'est ce que je souhaite que les gens fassent, c'est une visite qui peut durer 90 minutes.»
«Je trouve sincèrement que l'exposition est belle et agréable. Ça fait des années que je répète qu'on fait des expositions de grande qualité et celle-ci en est un exemple probant. On va accueillir l'amateur de sport, moyen ou fervent, mais aussi des curieux qui se demandent comment on a pu faire le lien entre la religion et le hockey. On ne s'approprie évidemment pas ce concept qui n'est pas de nous mais on en offre notre vision.»
Des objectifs d'achalandage? «Je déteste donner des chiffres parce qu'on n'a rien qui nous permet de prévoir l'impact mais j'aimerais beaucoup aller chercher 5000 visiteurs au cours de l'été. Le sujet est l'fun, l'exposition est très interactive et ludique et personne ne va s'ennuyer en la visitant parce qu'il y a beaucoup à voir.»
Il n'est pas inutile de mentionner que l'entrée pour la visite de la nouvelle exposition donnera également accès à Trait d'esprit, la dense et très sympathique exposition de caricatures. C'est l'été du divertissement intelligent au Musée des religions du monde de Nicolet.