Pour lancer la saison estivale, ce sont deux Mauriciens, Bob St-Laurent et Denis Gagné, qui se retrouveront sur la scène de l’Amphithéâtre Cogeco pour mettre en valeur l’œuvre musicale de Genesis avec le groupe The Musical Box.

L’expérience Genesis plus vraie que nature

TROIS-RIVIÈRES — La saison estivale de l’Amphithéâtre Cogeco s’amorce en grand cette semaine avec la présentation de deux spectacles soit Genesis une soirée d’extravagance avec The Musical Box, le 13, et le lendemain, le spectacle de Francis Cabrel.

En lever de rideau, ce sont deux Mauriciens, Denis Gagné et Bob St-Laurent, qui se retrouveront sur la scène pour mettre en valeur l’œuvre musicale du groupe Genesis. Depuis plus de 25 ans, le groupe se promène aux quatre coins de la planète et a reçu l’approbation des membres de la formation originale. Avantageusement connu pour reproduire à s’y méprendre des spectacles du groupe culte des années 70, c’est pourtant avec une formule bien différente que le quintette, complété par Sébastien Lamothe (guitariste, bassiste et directeur musical), François Gagnon (guitariste) et Ian Benhamou (claviériste), se présente au confluent de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent. «C’est une nouvelle approche. C’est notre concept à nous. Pour la première fois, on présente notre choix de chansons», lance le chanteur Denis Gagné. «On a gardé certains éléments visuels signature de Genesis», rassure-t-il. Il avoue toutefois avoir éprouvé un certain vertige avec cette formule bien différente de ce qu’il avait toujours fait. «Quand tu fais l’original, tu te dis que si les gens le critiquent... ce n’est pas de ta faute! Tu ne fais que refaire ce qu’eux faisaient! Là, ce n’est pas pareil, c’est plus personnel», sourit Denis Gagné qui, au fil des nombreuses représentations offertes durant la dernière année, a vu cette frousse s’effriter.

Le spectacle qui sera présenté jeudi soir sera constitué de trois actes qui s’ancrent dans trois périodes distinctes. La première partie présente une sélection de chansons tirées de la période suivant le départ de Peter Gabriel, c’est-à-dire les deux premiers albums où Phil Collins est devenu chanteur du groupe. Dans un second temps, le groupe pige dans les pièces de l’album The Lamb Lies Down on Broadway et le troisième acte couvre la période avant 1973.

«Ça déroge du devoir d’intégralité que le groupe avait avant», lance le batteur qui affirme qu’il y avait une volonté claire de créer un effet de surprise notamment dans la manière antichronologique de livrer les pièces.

«The Musical Box a toujours été plus attaché à la période de Peter Gabriel. En fait, c’est comme les Smarties, on a gardé les rouges pour la fin», rigole Denis Gagné qui en sera à son 1099e spectacle lors de son passage à Trois-Rivières.

Bien que ce penchant pour une période précise ne soit pas une cachette, il n’en demeure pas moins que la passion pour l’ensemble de l’œuvre est très puissante. «Je suis un énorme fan des deux albums où Phil Collins était chanteur. Il y a des bijoux dans ça. Je dirais que dans les années 70, l’intrus dans la discographie de Genesis, c’est The Lamb Lies Down on Broadway qui n’a rien à voir avec ce que Genesis a fait tandis qu’avec Trick of the Trail, ils sont revenus beaucoup plus à ce qu’ils faisaient avant, même si ce n’était plus Gabriel qui était chanteur.»

«En termes de logique créative, on pourrait très bien prendre The Lamb Lies Down on Broadway, l’enlever et recoller le reste», ajoute Bob Saint-Laurent qui avoue qu’il faut plusieurs écoutes pour bien saisir la complexité des créations musicales. Denis Gagné opine tout en clamant qu’il aime particulièrement cet album sorti en 1974. «Ils ont décidé de faire quelque chose de différent et c’est ce qu’ils ont fait. Pis ç’a marché!»

Reprendre des succès d’un groupe populaire, plusieurs décennies auparavant, permet de faire découvrir l’expérience complète à un jeune public mais également de faire jaillir des étincelles de nostalgie. Denis Gagné grimace en entendant le mot qui commence par «n». Il préfère voir dans la raison d’être de la formation, une façon de célébrer une musique qu’il adore. «Il n’y a plus rien qui se fait comme ça! J’ajouterais que la business de la musique a changé», expose le Trifluvien d’adoption qui souligne que le côté mercantile de la musique a pris le dessus sur le côté artistique. Son acolyte Bob St-Laurent fait même un parallèle avec l’arrivée de la restauration rapide. «C’est une mentalité qui s’est ancrée et qui faisait en sorte que les compagnies de disque demandaient un formatage aux artistes.»

Néanmoins, année après année et ville après ville, les membres du groupe constatent que plusieurs adolescents se glissent parmi les foules de convertis. «Il y a des gens qui ont soif de quelque chose de plus substantiel que ce qui se fait aujourd’hui. Ça intéresse encore du monde. Depuis mes débuts, je vois des adolescents qui viennent à nos shows, c’est étonnant quand tu penses à ça», raconte Denis Gagné. «Il y a aussi une fierté des parents qui veulent faire découvrir cette musique à leurs enfants!», ajoute Bob St-Laurent qui était trop jeune pour avoir connu les bonnes années de Genesis, il a découvert l’œuvre musicale plus tard dans les années 80.

Le spectacle de Trois-Rivières, pour lequel il reste quelques billets, est peut-être le dernier de cette série mais les projets ne manquent pas pour autant. Dès l’automne prochain, The Musical Box repartira en tournée avec un nouveau spectacle qui proposera un nouvel échantillonnage de chansons dans la version 2 de Genesis une soirée d’extravagance.