Vingt jeunes de l'école secondaire Le Tremplin se sont joints à des comédiens chevronnés qui les ont dirigés pour interpréter devant public la pièce La Déprime présentée vendredi soir devant public à l'Auditorium de l'école secondaire de Sainte-Geneviève de Batiscan.

L'étincelle pour allumer la passion

La présentation de la pièce La Déprime vendredi soir à l'Auditorium Denis-Dupont de l'école secondaire Le Tremplin à Sainte-Geneviève-de-Batiscan a peut-être fait naître des vocations. On ne le saura que dans quelques années mais ce qu'on sait déjà, c'est qu'une vingtaine d'élèves de l'école secondaire y ont vécu leur première expérience de scène avec des comédiens aguerris.
La pièce a été présentée au grand public en soirée, vendredi, par la troupe Quapla, de Victoriaville, une troupe amateur. La particularité du projet, c'est qu'à la vingtaine d'interprètes de la troupe, se sont joints une vingtaine d'élèves de l'école secondaire Le Tremplin qui ont partagé la scène avec eux.
Le projet origine de la MRC des Chenaux qui, depuis trois ans, profite de programmes de subventions du ministère de la Culture et des Communications pour présenter des activités culturelles et éducatives sur le territoire. En plus de présenter le spectacle, le mandat confié à la troupe Quapla impliquait qu'on présente une conférence sur le théâtre québécois à tous les élèves de l'école secondaire en après-midi en plus d'encadrer la participation de vingt élèves inscrits à des cours d'art dramatique.
«On met sur pied deux événements culturels de ce type chaque année, explique Françoise Bouchard, agente de développement culturel à la MRC des Chenaux. On a déjà fait venir la LNI dans le passé et en septembre, on aura le slammeur David Goudreault qui va présenter un spectacle en plus d'offrir une conférence aux jeunes dans l'après-midi. C'est une façon d'offrir de la culture et du divertissement dans la MRC en plus de favoriser l'initiation des jeunes.»
La moitié du coût du projet est assumée par la MRC, l'autre moitié vient du gouvernement provincial. «C'est un programme dont on est fier et qui marche bien. D'ailleurs, on vient de le renouveler pour les trois prochaines années. Il est difficile d'en mesurer les impacts concrets mais on est très satisfaits de la participation du public et les commentaires qu'on reçoit sont très bons.»
À l'école secondaire Le Tremplin, l'enseignante d'art dramatique Jessica Côté ne tarit pas d'éloges envers cette initiative. «C'est une super bonne idée de la MRC. Pour nous, c'est exceptionnel: ça donne l'occasion à vingt de nos jeunes de jouer dans une pièce devant public avec des comédiens adultes aguerris. J'ai offert l'opportunité à mes élèves de quatrième et cinquième secondaires et j'ai comblé mes vingt places en cinq minutes!»
«Moi, j'encourage les élèves à aller voir du théâtre en donnant des points bonis à ceux qui le font. Cette fois, je vais aussi donner des points bonis aux participants. On ne cherche pas à former des comédiens mais c'est assurément formateur pour le français oral, pour leur confiance en eux et ils peuvent ainsi vivre l'expérience d'une pièce avec les décors, la technique, etc. Je trouve l'idée extraordinaire et c'est bon pour le secteur des Chenaux où on n'a pas si souvent l'occasion de développer le volet culturel.»
Les jeunes ont reçu le bout de texte qu'ils devaient apprendre il y a un mois et demi et ils ont répété en contexte leur court rôle dans la journée. «Ça prenait la bonne pièce pour le faire mais La Déprime a une multitude de petits rôles et comme nous l'avons à notre répertoire et que c'est celle qu'on voulait présenter cette année, ça ne pouvait pas mieux tomber», d'expliquer le metteur en scène Simon Allaire, membre de la troupe Quapla.
«Le mandat premier était d'offrir une production théâtrale pour élargir l'offre culturelle dans la région mais en intégrant aussi des jeunes.  Bien sûr, il y a de la direction des comédiens supplémentaire à faire mais c'est une très belle expérience. C'est une première pour moi que d'intégrer des adolescents et je suis impressionné: ils sont allumés et ont l'air d'avoir beaucoup de plaisir. Même que c'est un volet qu'on pourrait peut-être développer avec la troupe à l'avenir à savoir, de la formation plus poussée avec des rôles plus substantiels. Ça pourrait être vraiment intéressant.»
«Moi, ma première expérience, c'était à l'école secondaire alors que j'ai dû remplacer un comédien au pied levé et j'ai tellement aimé ça que ça fait aujourd'hui 26 ans que je fais du théâtre. Rien ne nous dit qu'on ne verra pas un de ces jeunes au Conservatoire ou à la télévision dans quelques années. Ça prend juste une expérience pour allumer une passion.»