La formation Tocadéo sera de passage au Centre des arts de Shawinigan le 7 décembre prochain.

Les voix qui unissent

TROIS-RIVIÈRES — Sans tambour ni trompette mais avec quatre voix exceptionnelles, le quatuor Tocadeo présente ces jours-ci un septième album, témoignage de l’affection que son public lui porte. Les gens de la Mauricie auront eux-même l’occasion de le manifester le 7 décembre prochain au Centre des arts de Shawinigan.

Il convient cependant de mentionner que le spectacle au Centre des arts sera Meilleurs vœux, la façon unique du groupe de souhaiter de joyeuses fêtes à ses fans. Il reprend la formule de leur premier spectacle de Noël dans une version amendée. On retrouvera les classiques du temps des Fêtes dans l’ambiance d’un réveillon. «Le temps de Noël est spécial pour quasiment tout le monde. Pour certains, c’est nostalgique, pour d’autres, très festif et ce sont les deux pôles d’émotion que nous aborderons dans le spectacle», explique un des membres du groupe, Patrick Olafson.

Outre celui d’un souvenir qu’il conservera précieusement, le public qui y assistera pourra s’offrir le cadeau de leur tout nouvel album Rêve encore tout frais sorti sur les présentoirs. Certains pourraient d’ailleurs s’étonner de constater que dans un contexte global de ventes anémiques Tocadéo en soit déjà à sept disques depuis le tout premier, du même nom, en 2010. «Nous sommes chanceux, nous avons un public qui aime encore acheter des albums sous forme physique mais j’avoue que d’album en album, c’est de plus en plus difficile. Ça devient même compliqué de trouver des points de vente.»

Cela dit, le groupe fait partie des privilégiés, ayant écoulé plus de 80 000 copies au cours des huit dernières années. Chose d’autant plus remarquable qu’Olafson n’hésite pas à dire que c’est sur scène que le groupe brille. «Notre principal intérêt, ce sont les spectacles. C’est ce que nous préférons. Pour nous, les albums servent surtout de cartes de visite.»

Une des raisons justifiant cette préférence, c’est que le groupe peut y vivre la complicité qui les unit depuis leurs débuts. «C’est vraiment sur scène qu’on a l’occasion de chanter tous ensemble parce que lors des enregistrements, nous chantons rarement les quatre simultanément. C’est un processus complexe et un peu moins chaleureux que quand nous nous présentons sur scène devant le public.»

Avec le temps, Dany Laliberté, René Lajoie et Benoît Miron ont appris à apprivoiser leur propre voix mais aussi celles des autres dont notre interlocuteur. «Ça s’est fait progressivement de sorte qu’aujourd’hui, nos voix se mélangent naturellement. On a trouvé le son de Tocadéo qui sonne pratiquement comme une seule et même voix. C’est ça qui nous différencie et c’est ce que nos fans aiment. Nous ne travaillons pas beaucoup de façon individuelle: tout se fait en groupe pour peaufiner l’harmonie. Notre musique est celle du lien qui nous unit.»

L’expérience a aussi son mot à dire dans l’évolution musicale. Ainsi, le quatuor a expérimenté une façon différente de faire pour son nouvel enregistrement. «Dans le passé, on choisissait nos chansons et on demandait à notre réalisateur de trouver un arrangement musical qu’on interprétait. Cette fois-ci, on a enregistré une version piano-voix de chacune des chansons et le réalisateur a enrobé le tout avec des arrangements. Ceux-ci étaient donc totalement au service de nos voix.»

Au chapitre du choix des 10 chansons, Olafson affirme que le processus a été plutôt simple: ce ne sont que des coups de cœur. «Nous sommes toujours à la recherche des chansons qui nous donnent des frissons. Avec l’expérience, on sait instinctivement ce qui cadre bien avec notre style.»

Une autre piste de l’orientation des choix réside dans le titre même de l’album. «Rêve encore est une chanson de Vincenzo Thoma qui décrit bien notre approche. Nous cherchons toujours la lueur d’espoir, le positif dans tout. Ça dit quelque chose de notre carrière aussi parce que nous poursuivons notre chemin même si ce n’est pas toujours facile dans cette industrie ces années-ci.»

«Heureusement, on a une relation très spéciale avec notre public. Sans nécessairement profiter d’une grande médiatisation, nous avons un large public qui nous est fidèle. Le bouche à oreille nous est très favorable. C’est particulièrement vrai dans les régions où nous adorons aller.»