L’amitié profonde qui unit, de gauche à droite, Fabiola Toupin, Manon Brunet et Julie Massicotte, les trois Trifluviennes, est l’axe central qui a donné naissance au spectacle Les Trifluviennes arrivent en ville qui sera présenté à l’église St. James les 7, 8, 14, 15, 21 et 22 septembre.

Les Trifluviennes: trois amies qui trippent ensemble

Trois-Rivières — Réunir trois interprètes comme Manon Brunet, Julie Massicotte et Fabiola Toupin, ça crée une affiche très tentante. Qu’elles se commettent dans un spectacle complètement original sur des textes de Fabiola en ayant Trois-Rivières comme pivot ajoute un attrait supplémentaire indéniable. Les trois Trifluviennes de naissance se produiront six fois à l’église St. James les 7, 8, 14, 15, 21 et 22 septembre dans le spectacle Les Trifluviennes arrivent en ville.

Et puisqu’on parle des atouts de ce spectacle, ajoutons que les trois femmes se sont adjointes les services de Martin Larocque à la mise en scène, de Monique Fauteux aux arrangements musicaux et de Martin Bournival comme musicien. Pour ajouter à leur professionnalisme dans la conception, elles ont su utiliser un mauvais coup du destin pour en faire une bénédiction.

Le spectacle était prévu depuis deux ans mais Manon Brunet a subi un accident pour le moins bête qui lui a valu une fracture d’une vertèbre cervicale et des mois de réhabilitation.

«C’est fou à dire mais ç’a été une chance à certains égards, dit-elle, parce que ça nous a donné du temps pour mieux nouer le projet. On n’avait pas idée au départ qu’un spectacle semblable puisse être si long à monter. Avec le recul, on a compris qu’on n’aurait jamais pu mettre en scène quelque chose d’aussi élaboré dans les six mois prévus pour le faire à l’origine.»

«C’est un spectacle que j’aurais dû écrire en deux mois alors que là, j’ai eu un an pour le faire; ça change tout», précise Fabiola. Celle-ci a élaboré une trame tout à fait singulière avec Trois-Rivières en arrière-plan.

«Je ne voulais pas qu’on soit des interprètes au service d’une idée mais que la ville nous mette en lumière. Nous sommes trois filles de Trois-Rivières avec des histoires sur le quartier d’où on vient, les écoles qu’on a fréquentées à différentes époques, les expériences qu’on y a vécues, etc.»

Il reste que le premier ingrédient de la recette, c’est le sentiment qui lie ces trois amies de longue date.

«J’aime ces filles-là, d’abord et avant tout, clame l’auteure. J’ai monté le spectacle parce que j’aime chanter avec elles. On a des personnalités qui mettent en lumière notre talent vocal, parce que je n’ai pas de gêne à affirmer que nous sommes des chanteuses accomplies. Nos personnalités font cependant que je voulais un spectacle qui les mette en lumière davantage que nos voix.»

«Nous sommes des passionnées, explique Julie Massicotte, des extraverties, des émotives. On a de fortes personnalités. Des guerrières, aussi, parce que ça fait des années qu’on poursuit des carrières de chanteuses malgré les embûches et les difficultés inhérentes à ce métier. Quand j’ai fait La Voix, Stéphane Laporte avait dit que j’étais une chanteuse et que toute ma vie, peu importe ce qui arriverait, je resterais une chanteuse; je pense que c’est vrai pour nous trois.»

Les personnalités vont s’exprimer à travers un certain jeu théâtral, de l’humour, des textes récités en plus de la musique qui, elle, prendra la forme d’emprunts à des artistes très connus (Clémence Desrochers, Pauline Julien, Georges Dor, Charles Aznavour), à d’autres qui le sont moins (Daniel Morrissette, Manu) mais également à de la création puisque Fabiola a composé pour le spectacle. Et puis, on a inclus une surprise: un texte qu’on doit au maire de Trois-Rivières Jean Lamarche.

«Ce sera plein de petits bijoux. On n’a plus rien à prouver à ce stade de nos carrières respectives, dit Fabiola. Il ne nous reste plus qu’à partager maintenant.»

«Et quel bonheur de le faire en compagnie de nos deux Martin Larocque, le metteur en scène et Martin Bournival, notre musicien multi-instrumentiste, souligne Manon. Il n’était pas question qu’on monte un spectacle sans avoir un metteur en scène qui puisse nous offrir un œil extérieur. On l’a fait dans le passé et on est allée aussi loin qu’on le pouvait à cet égard. Et Dieu sait que cette fois-ci, avec Martin Larocque, on est allées plus loin que jamais. Plus loin même qu’on aurait pensé pouvoir aller. Surtout pour l’aspect théâtral du spectacle: la mise en scène, la diction, etc. C’est un véritable privilège de pouvoir compter sur lui et ça va être très enrichissant pour chacune de nous.»

Pour ce qui est de Martin Bournival, il déclinera son talent sur l’accordéon, la guitare, le piano et même l’orgue de la petite église qui sera mis à contribution.

Malgré l’évident plaisir qui anime les trois chanteuses, elles affirment avoir énormément investi d’énergie dans ce spectacle qu’elles aimeraient d’ailleurs faire voyager après sa mise au monde dans l’église St. James.

«Je n’ai jamais tant travaillé sur un spectacle, affirme sans hésitation Julie Massicotte. On est sortie des répétitions épuisées mais avec, à chaque fois, la conviction d’avoir repoussé nos limites un peu plus loin. C’est sans doute le spectacle le plus personnel qu’on ait fait dans nos carrières respectives. On y donne sans aucun doute le meilleur de nous-mêmes.»

Les premiers résultats de vente des billets sont plus qu’encourageants puisque trois représentations affichaient complet en début de semaine mais au moment d’installer les chaises dans la salle de la petite église St. James, on a réussi à trouver de l’espace pour six places supplémentaires. Il reste qu’il est recommandé de réserver rapidement pour l’une ou l’autre des six représentations via le site www.culture3r.com.