Le groupe Les Tireux d’Roches présente son sixième album intitulé Tarmacadam, référence à la route qu’a parcourue le groupe au cours des dernières années. Le quintette est formé de: (de gauche à droite) Pascal Veillette, Dominic Lemieux, Luc Murphy, David Robert et Denis Massé.

Les Tireux d’Roches: inspirés par le monde

Trois-Rivières — Les Tireux d’Roches n’ont pas encore tout à fait vingt ans mais ils préparent cet anniversaire de 2018 avec la sortie d’un tout nouvel album intitulé "Tarmacadam", sixième opus de leur parcours, qui verra officiellement le jour le 24 novembre.

Le titre, bien que sibyllin, est très révélateur du contenu de l’album ou, à tout le moins de son esprit. Le mot est une fusion de tarmac et macadam, symboles de la route géographique que le groupe mauricien a parcouru au cours des quatre dernières années depuis la parution de l’album précédent. Des routes de bitume comme aériennes qui ont mené les cinq musiciens, Dominic Lemieux, Denis Massé, Luc Murphy, David Robert et Pascal Veillette, un peu partout: en Europe, en Chine, d’un bout à l’autre du Canada.

Or, les nombreux événements musicaux et festivals internationaux auxquels ils ont participé ont laissé des traces, des empreintes faites de sonorités exotiques, nouvelles, séduisantes. Inconsciemment, elles se sont immiscées dans la musique des Tireux d’Roches. «Au départ, on avait envie d’un retour vers une musique plus root que ce qu’on avait fait avec XO 15 ans d’âge, notre cinquième album, admet Denis Massé. C’est certain que le nouveau est marqué par nos voyages: qu’on le veuille ou non, on gobe ce qu’on entend un peu partout. Mais en plus, le processus de création de l’album a été le plus collectif qu’on ait expérimenté jusqu’ici. Tout le monde a participé activement et a mis de son influence alors, ça agrandit l’espace créatif.»

Massé raconte que pour stimuler l’inspiration, il y a deux ans, il a suggéré un échange de cadeau pour Noël, chacun devant donner à celui dont il avait tiré le nom, une inspiration pour une nouvelle chanson. Ça pouvait être un rythme, une mélodie, une chanson complète, des paroles, peu importe. Chacun a pu créer à partir de cette amorce et imprimer un peu de sa propre personnalité au travail collectif.

L’autre influence majeure de cet album moderne et original qui conserve pourtant son ADN de musique traditionnelle, c’est un individu extérieur au groupe: le réalisateur Davy Hay Gallant. «Sur les conseils d’un ami, on l’a contacté et on lui a parlé de notre vision, se souvient Dominic Lemieux. On lui a envoyé du matériel et il nous a proposé des idées. On a immédiatement senti qu’on avait trouvé le gars qu’il nous fallait. Par ses propositions, on a bien vu qu’il comprenait exactement dans quelle direction on voulait aller. Il a été très à l’écoute de sorte qu’on a eu totalement confiance et on lui a laissé beaucoup de latitude. Le résultat final, c’est qu’on est allé plus loin même que ce que nous souhaitions au départ. Franchement, on est très fiers du disque.»

S’ils hésitent à l’avouer ouvertement, il ne fait guère de doute qu’il s’agit, à leurs oreilles, du meilleur album parmi les six que le groupe a produit depuis vingt ans. «Les gens ne le percevront peut-être pas à la première écoute mais c’est un album concept. La meilleure façon de l’apprécier, c’est de s’asseoir confortablement et de le savourer d’un bout à l’autre, plaide Denis Massé avec conviction. C’est quelque chose qu’on ne fait plus beaucoup en cette ère où on écoute des chansons au hasard sur notre téléphone; mais ça, c’est un album qui n’est pas fait pour être écouté sur un téléphone.»

Plus qu’une carte de visite, bien que c’en soit une primordiale pour un groupe qui vit essentiellement de ses spectacles et de ses nombreuses tournées à travers le monde, la création d’un album est aussi une façon d’assurer la pérennité du groupe. «On ne pourrait pas reprendre toujours les mêmes chansons en spectacle, explique Denis Massé. On voyage tellement, ça finirait par être lourd de se répéter constamment en accumulant les kilomètres. Il y a quand même trois cinquantenaires au sein des Tireux d’Roches. Ça prend de la création sur une base régulière pour nous garder allumés et enthousiastes. Les chansons que l’on joue, c’est ça, notre raison d’être.»

Animés de la ferveur qu’amène un nouveau-né dans la famille, le quintette planifie ses prochains spectacles québécois tout en supervisant les tournées de 2018. À travers les appels en provenance d’Europe de l’ouest, on rêve de Malaisie, où on les réclame et des pays scandinaves, où ils ne sont encore jamais allés. Même qu’on retrouve dans leur album des influences nordiques qui ne devraient pas échapper aux amateurs de là-bas. Avant cela, il y aura l’Ouest canadien à l’hiver. Le tarmac et le macadam, c’est loin d’être fini et personne chez les Tireux d’Roches ne cherche des yeux la fin de la route.