L’équipe de la pièce En cas de pluie, aucun remboursement était au travail mardi soir en préparation de la première qui aura lieu jeudi soir à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture.

Les tentacules du pouvoir

Trois-Rivières — Le hasard est parfois le meilleur metteur en scène. En choisissant de monter En cas de pluie, aucun remboursement au TGP, le metteur en scène Benoît Pedneault n’avait pas pensé que la pièce sera présentée tout juste avant les élections québécoises. Or, elle se veut une réflexion sur la notion du pouvoir tel qu’il s’exerce partout, incluant dans les relations humaines. Cela pouvait-il mieux tomber?

La pièce sera présentée les 13, 14, 15, 20, 21 et 22 septembre à 20 h de même que le dimanche 16 septembre à 14 h dans la petite salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture. Ce choix de salle est délibéré; par l’intimité qu’elle force, elle favorise l’implication du spectateur dans la pièce ou, à tout le moins son propos, ce qui sied particulièrement à Benoît Perreault. «Je pense que tout le monde va pouvoir se reconnaître à travers les différentes façons qu’ont les personnages de la pièce d’exercer du pouvoir et la proximité des spectateurs avec la scène va faire qu’ils risquent de se sentir davantage interpellés par le propos. Si les gens quittent la salle en conservant une réflexion en tête, je serais satisfait.»

Le jeune homme en sera à sa toute première mise en scène, lui qui a à peine joué sur scène mais qui s’adonne à l’improvisation au sein de la LIM. «Ça peut sembler particulier mais je trouvais que la mise en scène me convient mieux. Elle me donne justement un certain pouvoir sur la création qui fait que j’ai l’impression d’être vraiment créatif à ma manière à travers la pièce.»

Quant au choix de l’œuvre, il s’est imposé quand Benoît Pedneault cherchait une œuvre à monter et qu’il est tombé sur cette pièce de Simon Boudreault qui a été en nomination pour le Prix du gouverneur général en 2015. «Mon assistante à la mise en scène Élodie Mongrain et moi, on a eu le même réflexe quand on l’a lue: c’était notre pièce, tout simplement. On ne s’est même pas posé d’autres questions. J’ai même immédiatement vu Simon Potvin dans le rôle principal et les autres rôles se sont imposés graduellement mais naturellement par la suite.»

«C’est une pièce difficile à décrire parce qu’elle est un hybride de plusieurs influences. C’est une comédie shakespearienne qui se mêle à du théâtre d’été et qui rappelle aussi Game of Thrones par plusieurs aspects. L’avantage est que ça va plaire à toutes sortes de publics différents: autant les mordus de théâtre que le grand public qui n’en voit pas beaucoup. De mon point de vue, une de ses grandes qualités est d’offrir plusieurs niveaux de lecture qui font que même après l’avoir lue très souvent, j’y trouve encore des références nouvelles.»

On plonge ici dans la caricature avec des personnages familiers mais plus grands que nature. Ça se passe dans un parc d’attraction, le Royaume du Super Fun, où Louis Le Juste, king de l’endroit voit venir la retraite et doit penser à sa succession. Il penche vers sa fille mais différents capitaines de section du parc font des pieds et des mains pour accéder à la direction de l’établissement.

«Il y a une démesure dans le texte qui, si on la prend au premier degré, est très drôle, avec des répliques très punchées. Il y en a une aussi dans la mise en scène d’une certaine façon puisqu’on évoque 17 lieux différents dans 18 scènes. Disons que ce n’était pas simple à réaliser mais que je suis assez satisfait du résultat. On a notamment un bossu, qui vient s’adresser directement au public pour le situer dans l’action, ce qui ajoute un niveau de narration.»

Dans cette lutte, on pourra constater que la notion même de pouvoir est partout, jusque dans nos relations personnelles mais la métaphore politique ne pourra échapper à qui que ce soit. «Ce qui est intéressant, c’est que toutes sortes de personnages proposent leur propre vision du pouvoir qui peut prendre tellement de formes dans toutes sortes d’aspects de nos vies. J’aime beaucoup la critique sociale qui est ici offerte par Simon Boudreault mais qui laisse l’espace à chacun d’y trouver sa propre interprétation.»

Outre Simon Potvin, on retrouve les interprètes Aurélie Clair, Dominique Drouin, Marie-Andrée Leduc, Mylène Renaud, Maxime Tanguay et Louis-Étienne Villeneuve. Pour ceux que cela intéresse, l’équipe des Creative Mornings - Trois-Rivières a invité l’auteur Simon Boudreault à venir prononcer une conférence dans le décor même de sa pièce le vendredi 21 septembre, à 8 h du matin et l’activité est gratuite.

Pour ce qui est des billets pour la pièce, ils sont disponibles via la billetterie de la salle Thompson.