Guylaine Tanguay a rapidement démontré qu’elle connaît le public de Saint-Tite et que la meilleure façon de lui faire plaisir est de le faire swinger.

Les surprises de Guylaine

SAINT-TITE — Saint-Tite avait pris une tournure résolument automnale mercredi à cause d’une météo excentrique et ça prenait quelqu’un comme Guylaine Tanguay pour réchauffer les festivaliers.

La prima donna du country québécois est apparue sur scène précisément à l’heure convenue, mais sans musicien; elle n’y était que pour présenter Mario Pelchat qui, lui, était venu en tant que producteur présenter une invitée surprise. Un peu plus et on se retrouvait dans une pièce d’Agatha Christie. À cette différence près que cette histoire se termine très bien.

La surprise a pris l’allure d’une abondante chevelure rousse et de la voix inimitable de Laurence Jalbert qui est à Saint-Tite cette année pour participer à quelques spectacles, mais surtout pour présenter son tout nouvel album dont elle a offert quelques extraits au public mercredi en ouverture du spectacle de Guylaine Tanguay.

Le disque est consacré aux chansons de Nana Mouskouri et c’est dans un hommage bien senti à sa maman que Laurence Jalbert l’a enregistré et qu’elle en a présenté cinq chansons auxquelles elle a conféré son habituelle émotion. En débutant avec Dans le soleil et dans le vent, la Gaspésienne a rappelé aux quelque 1200 spectateurs,à vue de nez, que la grande chanteuse d’origine grecque n’est pas totalement étrangère au country.

Dans une robe noire à paillettes et coiffée d’un chapeau noir faisant ressortir la blondeur de sa chevelure, Guylaine Tanguay a rapidement démontré qu’elle connaît le public de Saint-Tite et que la meilleure façon de lui faire plaisir est de le faire swinger. Avec le rythme de Jean Johnny Jean de Roch Voisine, elle a rapidement fait connaître ses intentions et son humeur pour la soirée.

Elle a vite cédé la place à un premier invité qui constituait une curiosité: le journaliste Denis Lévesque venu présenter deux chansons. Un jeans et une chemise de coton ont suffi à briser son image d’homme de télévision, mais en toute honnêteté, il en aurait fallu plus pour en faire un chanteur. Il a présenté deux de ses compositions: Sous mes pas et Jean-Pierre, des chansons pas forcément mal foutues.

Lévesque a indéniablement le mérite d’avoir démontré que chanter du folk exige un talent que tout le monde n’a pas. Prenons sa prestation comme un hommage à ceux qui le font bien. Guylaine Tanguay a dit après qu’il eût quitté la scène qu’elle avait réalisé quelque chose de très rare en amenant Denis Lévesque à chanter sur scène à Saint-Tite. Elle n’aurait pu mieux dire parce qu’il apparaît assez certain qu’il ne le refera pas dans le futur.

Guylaine Tanguay a repris sa scène pour se lancer dans une prestation assez fortement teintée de répertoire cajun avec des titres comme Colinda, Travailler c’est trop dur, Cap Enragé ou Jean Batailleur. À travers ceux-ci, on a reconnu Que la Lune est belle ce soir, Thank God I’m a Country Girl ou Embarque ma belle.

Quel que soit le rythme, Guylaine Tanguay a chanté avec une énergie de tous les instants. Si elle n’était pas super heureuse d’être à Saint-Tite mercredi soir, cette femme est passée complètement à côté de sa vraie vocation parce qu’elle est une actrice digne d’un Oscar. Elle avait manifestement envie de faire plaisir au public et celui-ci n’a pas manqué de lui faire savoir son appréciation.

Le passage de 2Frères n’a en rien brisé le rythme de la soirée. Leurs harmonies vocales étaient parfaitement rodées dès la première note d’Un peu de toi. Leur folk tout simple et entraînant aurait à peine besoin d’un soupçon de maquillage pour passer pour du country en bonne et due forme.

Élément nettement plus hétéroclite dans ce spectacle, la présence de l’humoriste Julien Tremblay apparu sur la scène dans un seyant jumpsuit de velours rouge. Son numéro d’humour, offert avec une guitare autour du cou, défie toute description.

Sur un riff de guitare indéterminé, avec des mouvements qui rendraient fou un kinésiologue, il a présenté un texte assez corrosif et, ma foi, fort drôle. Certainement surprenant quand on ne connaît pas le garçon. La frange qui m’a semblé être la plus jeune du public présent a semblé adorer.

Il m’a fallu quitter la salle tout juste au début de la seconde partie du spectacle vers 22 h 10. C’est dire que les choses ont dû se poursuivre jusqu’à tard pour être vraiment le party country annoncé.

Jeudi soir au Country Club Desjardins, peut-être le spectacle le plus intrigant de cette 52e édition du Festival avec le groupe a capella QW4RTZ qui se lance dans le country. Ils auront pour cela l’aide de Cindy Bédard qui en connaît un bout sur le sujet et Gabriella en plus d’invités-surprises. Il reste des billets disponibles notamment sur le site du Festival.