L’incontestable reine de la musique country québécoise Renée Martel a donné le coup d’envoi à la série de spectacles qui animeront le Festival western.

Les noces de Renée Martel à Saint-Tite

SAINT-TITE — Saint-Tite est officiellement redevenue western à temps plein vendredi, et ce, pour les dix prochains jours. Les rues avaient retrouvé leur annuelle effervescence, les terrains vacants, leurs véhicules récréatifs, les visiteurs leur chapeau de cow-boy et les commerçants leur sourire.

La municipalité connaîtra sans aucun doute un achalandage plus intense au cours des prochaines heures et des prochains jours mais l’esprit était déjà à la fête.

Qui mieux que l’incontestable reine de la musique country québécoise Renée Martel pour donner un coup d’envoi à la série de spectacles qui animeront le Festival western? Pour sa nième présence à Saint-Tite, la grande dame avait décidé de se faire plaisir en élaborant un spectacle dans lequel elle était exclusivement entourée d’hommes. «Ce soir, j’me gâte!» a-t-elle résumé avec une étincelle de facétie dans les yeux.

La soirée s’intitulait «Je voulais marier Renée Martel». Le jeune auteur et compositeur Pascal Allard est venu donner son sens au titre du spectacle en interprétant d’abord sa chanson éponyme prouvant que cette fantaisie n’est pas exclusive aux hommes de la génération précédant la sienne.

Renée Martel est venue sur scène lui répondre en quelque sorte avec Where the Boys Are dans un joli dialogue conceptuel qui eu l’avantage de démontrer que la chanteuse a encore des ressources vocales.

L’interprète a raconté ses débuts pour offrir au public un saut dans le temps grâce à Liverpool inaltérable succès qui a changé la vie de la Drummondvilloise et qui est toujours aussi accrocheur. Elle a fait voyager ses fans à travers plusieurs succès et démontré qu’en prenant de l’âge, l’icône country n’a pas perdu son sens du spectacle et de la surprise.

Après avoir présenté David Thibault, son petit-fils du monde du spectacle, c’est au comédien Fabien Cloutier qu’elle a fait appel. On ne le savait pas chanteur et encore moins amateur de country. Il a offert une interprétation certes un peu sage mais fort juste de Je vais à Londres avec une voix bien assurée.

Les surprises n’allaient pas s’arrêter là puisque Cloutier est revenu sur scène en seconde partie pour un très improbable duo en compagnie de Michel Louvain pour Pourquoi donc as-tu brisé mon cœur? Il n’y avait que Renée Martel pour réunir en harmonie deux personnalités aussi dissemblables.

Et tant qu’à surprendre, pourquoi ne pas faire chanter du country à Marc Hervieux? Et tant qu’à lui faire chanter du country, pourquoi pas du Willie Nelson? Eh ben, le bougre a offert une version touchante de You Were Always on My Mind. Ovation debout et méritée pour le ténor également à l’aise dans la suivante: Jambalaya (On the Bayou).

Quand Renée Martel est revenue chanter en compagnie de son vieil ami Louvain, les deux ont offert en duo un medley de classiques country québécois qui ont révélé une très jolie complicité de ces deux pros consommés de la scène.

Quand elle a dit qu’elle allait se gâter, la conceptrice du spectacle avait sans doute en tête le beau Rock Voisine venu faire battre le cœur des dames et les mains des messieurs avec Pretty Woman et Darling.

Malgré l’indéniable réussite du concept et de beaux numéros (on pense à l’interprétation de Caruso par Marc Hervieux), il faut admettre que le moment fort de la soirée revient à un moment très spécial. Après un medley de chansons de Marcel Martel offert par Fabien Cloutier et l’hôtesse de la soirée, on a officiellement intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens la chanson Un coin du ciel. Sa fille a célébré l’honneur en lieu et place de son immortel papa et l’a fait avec l’émotion à laquelle on s’attendait. Il s’agit de la toute première chanson qu’elle a chantée sur scène avec son père à l’âge de cinq ans.

Avec sa voix, brisée par l’émotion, la chanson a pris une dimension nouvelle, celle que confère l’amour et qu’aucune technique ne pourra jamais reproduire.

C’est ainsi que s’est terminée cette autre soirée mémorable à Saint-Tite en compagnie de celle qui incarne avec tant de grâce la musique country québécoise. Elle a salué le public en souhaitant le revoir l’an prochain. Que Dieu l’entende.