Norman Di Blasio (John Lennon), Pascal Tirapani (Paul McCartney) seront sur les planches de la salle Thompson du 21 juillet au 12 août pour présenter Orchestra! avec le Beatles Story Band.

Les mythiques Beatles... sans complexe

Si vous entendez de la musique des Beatles en passant sur la rue des Forges, soyez sans crainte, vous n'avez pas d'hallucinations.  En tout cas, pas si vous êtes près de la salle Thompson qui accueillera la tournée Orchestra! du Beatles Story band pour huit représentations cet été.
L'hommage au quatuor britannique, interprété par Norman Di Blasio (John Lennon), Pascal Tirapani (Paul McCartney), Ronald Stutz (George Harrison) et RD Harris (Ringo Starr), roule sa bosse depuis de nombreuses années à travers le Québec avec le Beatles Story Band. Depuis septembre, c'est avec la tournée Orchestra! qu'ils revisitent les grands classiques de ce groupe culte. 
«Avec le nouveau spectacle, on a la chance d'embarquer dans la version orchestrale des chansons qu'on a jamais pu faire», raconte Pascal «Sir Paul» Tirapani qui souligne que c'est son collègue Norman Di Blasio qui a créé tous les arrangements pour ce spectacle bonifié de 12 musiciens sur scène.
«Norman s'est laissé aller dans les chansons où il n'y avait pas d'orchestre», mentionne Pascal Tirapani.
Un défi que Norman «John» Di Blasio a accueilli avec beaucoup d'enthousiasme. «J'ai trouvé ça très excitant, mais en même temps, c'est un challenge. Je me demandais comment on allait être capable de vêtir toutes ces chansons-là avec des instruments orchestraux. C'est sûr qu'il y a des chansons qui sont plus évidentes, comme Strawberry fields, Eleanor Rigby, Penny Lane, etc. Ces chansons-là ont déjà des instruments autres que des guitares. Dans la plupart des chansons, il n'y a que de la guitare. Il fallait trouver un moyen de mettre de l'orchestre sur toute l'oeuvre des Beatles.»
À ce moment-ci, il est important de mentionner que le tout a été fait dans le respect de l'essence même du Fab Four. «C'est toujours les Beatles mais avec une autre texture sans s'éloigner trop de l'original. On s'est permis de prendre des libertés sur quelques chansons mais c'est pas mal conforme à l'original, agrémenté de cette texture supplémentaire de violon et de cuivre.»
Le répertoire des Beatles a beau être immense, comment arriver à se réinventer? «On a creusé un peu plus loin. On s'est demandé ce qui avait inspiré les Beatles pour écrire certaines chansons et les enregistrer de cette façon-là. Qu'est-ce qu'ils écoutaient quand ils étaient jeunes? On a pris quelques chansons où on a tenté de rendre hommage à la source de leur inspiration. Il y a beaucoup de chansons des Beatles qui ont un esprit classique. On a gardé cette approche pour arranger certaines chansons. C'était facile pour plusieurs morceaux à cause de leur base classique», explique Norman Di Blasio.
«On utilise toutes les ressources qu'on peut. C'est certain que notre individualité va ressortir un petit peu et c'est important parce que tu ne veux pas seulement imiter, tu veux mettre ton âme dedans», ajoute-t-il.
Ce groupe mythique a beaucoup de grands succès que le public s'attend à entendre dans des spectacles hommages, mais d'un autre côté, il y a les grands amateurs qui connaissent le répertoire de fond en comble. Difficile de combler tout le monde? «Il faut jouer les grands succès mais il y aura aussi quelques surprises qui sauront satisfaire les grands connaisseurs», lance sans ambages Normand Di Blasio. 
«Il faut trouver un équilibre», ajoute  Pascal Tirapani. «On fait chaque pièce et chaque arrangement en pensant à tout le monde, le plus possible. Tu ne peux pas satisfaire tout le monde tout le temps mais notre but, c'est ça quand même.»
Les fins connaisseurs sauront aussi relever les moindres défauts de l'interprétation, une pression qui n'afflige pas trop les expérimentés musiciens qui ne prennent toutefois pas les détails à la légère. «On a toujours un sens de responsabilité envers l'exécution de ces chansons-là», souligne Norman Di Blasio. 
Pascal Tirapani a même appris à jouer de la basse comme un gaucher. Les membres du groupe ont également un héritage anglophone qui leur permet de mieux interpréter l'accent des Beatles. 
«Si on ne le fait pas comme faut, ça peut être très laid. Comme fan, on sait comment on aimerait voir ça. C'est comme ça qu'on a jugé le spectacle depuis le début, comme si on était assis dans la salle. On est assez critique nous-mêmes. On tente de monter la barre le plus haut possible et d'aller encore plus haut, pour que, si on était assis dans la salle, on soit vraiment satisfait», expose Pascal Tirapani alias Paul McCartney.
Le grand public qui souhaite découvrir ou redécouvrir le riche répertoire du groupe britannique y trouvera aussi son compte. «Même si tu n'es pas très familier avec la musique des Beatles, le show demeure entraînant et dynamique. Visuellement, la scénographie est très intéressante», avance Norman Di Blasio qui doit son gagne-pain au légendaire groupe. «C'est ce groupe-là qui m'a donné le désir de faire une carrière en musique mais je n'aurais jamais pensé leur faire un hommage», raconte-t-il en ajoutant qu'il a découvert le Fab Four alors qu'il avait 6 ans.
Le spectacle d'une durée de deux heures et demie (avec entracte) est essentiellement un condensé de musique. Les protagonistes ont fait le choix de ne pas raconter l'histoire des Beatles mais de faire le plus de place possible à la musique. Ça n'empêche toutefois pas Pascal Tirapani d'ajouter sa petite touche. «Pascal est un animateur naturel alors il amène de l'humour dans le spectacle et parfois de manière improvisée», souligne son comparse.