Sous son nom de plume de Kuro Hasu Kitsune, l‘auteur bécancourois Jean-Alexandre Bérubé présente son premier livre qu’il a non seulement écrit mais dont il a assuré lui-même toutes les étapes de la publication. Ce roman fantastique à la façon des Light Novels japonais s’intitule <em>Les chroniques du Phoenix noir. Les cinq éléments.</em>
Sous son nom de plume de Kuro Hasu Kitsune, l‘auteur bécancourois Jean-Alexandre Bérubé présente son premier livre qu’il a non seulement écrit mais dont il a assuré lui-même toutes les étapes de la publication. Ce roman fantastique à la façon des Light Novels japonais s’intitule <em>Les chroniques du Phoenix noir. Les cinq éléments.</em>

Les chroniques du Phoenix noir. Les cinq éléments signé Kuro Hasu Kitsune: jamais mieux servi que par soi-même

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’aventure littéraire de Jean-Alexandre Bérubé a commencé avec un concours organisé par la grande compagnie américaine Hasbro qui a produit Donjons et dragons. Le Bécancourois, en compagnie de sa conjointe et d’un ami, a envoyé un manuscrit de littérature fantastique que le jury a retenu parmi les 11 derniers candidats sur les 11 000 inscriptions du départ.

Le Bécancourois y a trouvé la motivation pour pousser plus loin la création littéraire de son univers fantastique qui prend aujourd’hui la forme d’un bouquin de près de 500 pages intitulé Les chroniques du Phoenix noir. Les cinq éléments.

C’est le premier d’une trilogie dont les deux tomes suivants sont déjà en grande partie écrits. L’auteur y explore un style qui s’apparente à ce que les fans connaissent sous le nom de light novels, genre très populaire au Japon, notamment. On y mélange le fantastique et l’aventure dans un monde inspiré du Moyen-Âge et l’histoire de Jean-Alexandre Bérubé baigne dans un univers où la mythologie, occidentale comme orientale, occupe aussi une bonne place.

Le choix de ce genre littéraire est déjà audacieux. Celui qui signe ses bouquins sous le pseudonyme Kuro Hasu Kitsune, plus susceptible de lui ouvrir le marché japonais un jour, est allé beaucoup plus loin en assurant lui-même la publication de ses bouquins avec tout le fastidieux que cela implique. «Je voulais garder le contrôle sur mon œuvre et c’était aussi une aventure que j’avais envie de vivre», soumet-il comme explication.

Garder le contrôle, c’est notamment s’assurer d’une qualité à plusieurs niveaux: la mise en page, la qualité de l’écriture et des illustrations puisque le livre inclut des représentations visuelles sophistiquées des principaux personnages et même la qualité du papier des copies traditionnelles. «Je me suis entouré de collaborateurs fiables et qui savent répondre très précisément à mes besoins. J’ai des lecteurs tests, des correcteurs, des illustrateurs et j’ai déniché un imprimeur qui pouvait m’assurer une impression dans le nombre limité d’exemplaires que je voulais et ce, à prix accessible.»

Le premier tirage est de 200 exemplaires, un chiffre modeste mais qui, s’il est épuisé, permettrait à l’auteur/éditeur de couvrir ses frais. Or, malgré l’impact considérable de la pandémie de coronavirus qui a privé Jean-Alexandre Bérubé des vitrines que donnent les salons du livre et autres événements comme les conventions et événements spécifiques au monde du fantastique, la moitié de ses premiers exemplaires ont trouvé preneurs grâce notamment à une mise en marché sur le W,eb.

«J’ai voulu que mes livres s’adressent à la plus large clientèle possible mais c’est sûr qu’ils suscitent plus d’intérêt au sein de la communauté Otaku formée de fans de culture populaire japonaise qui ont leurs propres événements. C’est vrai que c’est un genre quelque peu niché mais à l’inverse ça a l’avantage de me permettre de plus facilement cibler la clientèle.»

La communication à travers les médias sociaux et les ventes par Internet lui permettent aussi de mieux connaître ces fans qu’il rejoint. «Je sais que je touche des gens entre 18 et 40 ans avec une légère prédominance d’hommes. J’aurais pu viser une clientèle plus jeune mais j’ai tenu à aborder des thématiques plus significatives à mes yeux mais délicates avec des éléments sur le racisme, le sexisme, une certaine violence et aussi de la sexualité qui font que je m’adresse à une clientèle de 16 ans et plus.»

«L’avantage de ma mise en marché sur le Web, c’est que je peux rejoindre directement mes fans à travers les réseaux sociaux. Ils s’adressent directement à moi pour donner leurs commentaires, poser des questions, etc. Or, je suis en mesure de leur répondre directement et rapidement, ce qui est très apprécié de leur part. Je peux créer une véritable relation avec ces amateurs du genre.»

Or, le Québec compte sa part d’aficionados qui apprécient non seulement le genre littéraire mais également le côté visuel des bouquins qui leur permettent d’avoir une représentation en couleur réalisée par des illustrateurs professionnels des principaux personnages de chaque bouquin. «La qualité visuelle était primordiale pour moi, soutient l’auteur. Il y a plusieurs éléments comme celui-là sur lesquels je ne voulais pas faire de compromis. D’abord pour ma propre satisfaction mais également parce que je sais que les fans du genre sont exigeants et intéressés à payer pour de la qualité. D’ailleurs, le livre dans son format papier se vend mieux ici que le format numérique bien qu’il soit nettement plus cher, justement parce que ce dernier n’offre pas la même qualité d’illustrations.»

L’entrepreneur travaille présentement sur la mise en marché de ce premier tome et il vise éventuellement les marchés européens et japonais. «Je sais qu’en Europe, le livre numérique est très populaire alors, ce format pourrait se vendre davantage là-bas.» Il n’exclut pas la production de produits dérivés comme des formats poster des illustrations mais cette étape ne sera franchie qu’au moment où il pourra lui-même vendre le produit en mains propres pour éviter l’incertitude d’un envoi par messagerie avec les risques de dommages que cela comporte.

«L’auto-édition signifie énormément de travail mais je suis très fier de l’avoir fait. Ça fait quand même depuis 2016 que j’y travaille. C’est une énorme satisfaction d’avoir réussi à réaliser un livre qui répond aussi bien à mes exigences. Évidemment, c’est un énorme investissement de temps mais pour moi, ça en valait la peine d’autant que pour les tomes suivants, ce sera nettement moins lourd comme processus grâce à ce que j’ai mis en place.»

On peut se procurer Les chroniques du Phoenix noir. Les cinq éléments sur le site de l’auteur, lotusnoir.ca, de même que dans les boutiques L’Imaginaire du Québec dont la succursale trifluvienne.