En compagnie du groupe d’artistes, à l’avant, Sonia Gauthier, directrice de la caisse Desjardins Est de Trois-Rivières, le maire Jean Lamarche et Éric Langevin, metteur en scène adjoint. Couché sur le piano, le metteur en scène, William Lévesque.

Les aînés donneront dans le Pagliaro

Trois-Rivières — Gilles Lesage, Trifluvien d’adoption, a été chef de train au Canadien National, entre Québec et Montréal, pendant 36 ans. Les 21 et 22 septembre, il comptera parmi les 14 artistes d’un jour qui présenteront le traditionnel spectacle Place aux aînés.

M. Lesage est clarinettiste. Il ne maîtrise son instrument que depuis sa retraite et joue très bien à l’oreille dans son sous-sol, pour s’amuser. «C’est un instrument que j’ai découvert à la petite école», raconte le septuagénaire en avouant ne pas savoir lire les partitions de musique.

Lise Houde, professeure de musique à la retraite et chanteuse classique, est aussi fébrile que lui à l’idée de présenter un spectacle devant 1000 personnes. «Un défi personnel», font valoir les deux artistes qui, tout comme les 12 autres aînés de 55 ans et plus qui ont été choisis à la suite d’auditions, seront encadrés par 13 musiciens professionnels et deux animateurs, Philippe Champagne et Jessica Côté.

La mise en scène du spectacle est signée William Lévesque assisté d’Éric Langevin. Les 14 artistes aînés possèdent des talents variés: comédiens, humoristes, instrumentistes, chanteurs, auteurs.

«Le défi qu’on s’est donné, c’est de mélanger tout ça», explique M. Lévesque. «Ce n’est pas un tour d’artiste où chacun vient faire son numéro. Il y a certaines symbioses qu’on a été capable d’exécuter», dit-il.

Le metteur en scène a donc demandé au groupe d’apprendre de nouvelles choses, en particulier des chansons que les participants n’avaient pas dans leur répertoire. «C’est une édition où les gens ont eu beaucoup de travail et de défis», souligne-t-il.

William Lévesque constate que les «aînés d’aujourd’hui ne sont pas ceux qu’il y avait dans nos éditions d’il y a 20 ans. Ce n’est pas la même génération. Ce n’est pas la même musique non plus», dit-il. C’est pourquoi le spectacle sera axé particulièrement sur la musique québécoise des années 1970.

La mise en scène promet du dynamisme et s’éloigne volontairement des ballades, par exemple. «Ça commence avec une flûte à bec, ce spectacle-là, et ça finit par un gros medley de Michel Pagliaro avec des guitares électriques partout et de la grosse lumière», conclut le metteur en scène qui promet également une prestation d’un invité-surprise bien connu dans le milieu artistique québécois.

Des capsules humoristiques ont également été tournées en vue du spectacle. «On veut aussi faire rire les gens», signale M. Lévesque.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, estime que cette activité annuelle «est l’occasion d’envoyer un message par rapport au fait d’être actif. Il va falloir, à un moment donné, vraiment se pencher sur ce concept-là qui est appelé à disparaître qui est l’âgisme. Il n’y a plus d’âgisme. À Trois-Rivières, ce concept-là n’existe plus», assure le maire. «Éric (Langevin, le metteur en scène adjoint) me disait tantôt que la plus grande difficulté, c’est d’empêcher ces gens-là de bouger», signale avec humour M. Lamarche qui invite la population à assister à ce spectacle pour lequel il reste encore quelques billets.