La jeune Frédérike Ambroise-Laplante a découvert ses talents d’humoriste grâce à Mathieu Gratton, l’auteur et concepteur du spectacle d’humour Ça va fesser des 4 Haïssables qui sera présenté le 3 novembre à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Les 4 haïssables: la parole aux jeunes

Trois-Rivières — Il devient de plus en plus difficile d’innover en humour au Québec tant les avenues explorées ont été nombreuses à travers les dernières années. L’humoriste Mathieu Gratton en a trouvé une qu’il exploite avec bonheur à travers son spectacle des 4 Haïssables intitulé Ça va fesser qui sera présenté le 3 novembre, à 20 h, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.

Ces Haïssables, ce sont quatre jeunes âgés de 13 à 17 ans qui se paient une soirée de plaisir en cassant du sucre sur le dos de leurs ainés. Les jeunes humoristes s’affichent sans gêne comme étant un peu baveux et décortiquent avec malice quelques tics, manies, ou comportements de ceux à qui ils doivent le respect.

«On peut entendre dans les rires des gens qu’il y a parfois certaines blagues qui atteignent leur cible plus profondément que d’autres, rigole Frédérika Ambroise-Laplante, 14 ans, une des tortionnaires des pauvres adultes. Il ne faut quand même pas exagérer: les gens conservent un franc sourire du début à la fin du spectacle parce que demeurons sympathiques. Bien sûr, on provoque un petit peu, mais le but c’est de faire rire.»

Voilà un des secrets du succès de ce spectacle qui en est à une trentaine de représentations jusqu’ici, aux dires du concepteur et de l’auteur. «Pour que ce soit efficace, il faut que le public aime les jeunes, plaide Mathieu Gratton. Ils sont sympathiques et les blagues qu’ils font ne sont pas vraiment méchantes.»

Pourtant, il est le premier à admettre que ses blagues sont basées sur de justes observations. «La toute première inspiration, c’est le regard que mon propre fils pose sur moi. À l’adolescence, ça fait partie du processus normal que les enfants portent des jugements sur leurs parents. Ils ont beau avoir l’air absorbés dans leurs propres préoccupations, ils nous regardent aller, ils notent nos comportements.»

Gratton avait écrit un premier spectacle avant même de passer des auditions pour trouver des interprètes. Lors des auditions, il a demandé à la soixantaine de participants de parler de choses que font leur parents qui les font rire ou qui les dérange. 

«Leurs remarques étaient tellement justes que finalement, j’ai mis à la poubelle tout ce que j’avais de matériel et je suis reparti sur la base des anecdotes et des remarques des jeunes. Mon matériel était beaucoup trop gentil en comparaison de ce qu’eux me donnaient. C’est tellement meilleur!»

Frédérike, par exemple, est assez fière de sa propre observation qui se retrouve dans le spectacle et qui porte sur les habitudes de conduite automobile des adultes. À cette seule mention, on se dit qu’effectivement, il doit y avoir là matière à d’assez bonnes blagues. D’autres thèmes abordés? 

«On parle du modèle traditionnel de nos grands-mères qui est en voie d’extinction et on imagine ce que seront les grands-mères du futur, révèle Gratton. On parle aussi des parents fous dans les arénas, des sites de rencontres, de la garde partagée ou même de la sexualité des adultes, mais toujours présentée du point de vue des enfants.»

L’auteur n’aurait pas été pleinement satisfait s’il n’avait pas abordé un sujet plus grave sur un ton sans humour, cette fois. 

«On a une chanson pas très longue mais pas drôle, qui parle de pédophilie. C’est quelque chose qui me dérange profondément et je trouve que c’était très pertinent d’en glisser un mot dans le spectacle parce qu’il est ici présenté par ceux qui seraient susceptibles d’en être les victimes. C’est le seul moment plus sérieux d’un spectacle qui baigne dans l’humour du début à la fin.»

À travers la trentaine de représentations jusqu’ici, Ça va fesser s’est affiné et a trouvé ce que l’auteur considère être sa forme définitive. 

«On a fait pas mal de modifications à travers le temps pour changer des moments plus faibles ou en améliorer d’autres et il y a deux mois, j’ai pu constater qu’il avait trouvé sa forme finale. Je rajoute des blagues plus collées à l’actualité de temps en temps, mais la structure, les numéros, sont là pour rester. C’est devenu un bon spectacle d’humour qui se compare à tout ce qui est sur le marché.»

Frédérike Ambroise-Laplante estime avoir trouvé le ton de son personnage. 

«J’ai beaucoup évolué depuis le début mais je présente mon texte sur le ton d’une simple conversation avec le public et ça marche vraiment très bien. J’ai appris à bien m’adapter aux rires des différents publics pour prendre les pauses nécessaires avant de lancer la blague suivante. J’avoue que j’avais le trac au tout début mais maintenant, je ne l’ai plus. J’arrive en scène très enthousiaste parce que je sais qu’on va avoir du plaisir à chaque soir.»