Le jeune pianiste Philippe Prud’homme présentera un programme chargé d’émotion dimanche, 26 mai, à 15 h, à l’Église St. James dans le cadre de la série Musique à St. James.

L’émotion, universel lien

Trois-Rivières — La série Musique à St. James parrainée par l’OSTR se consacrera à deux choses ce dimanche 26 mai, 15 h: le piano et l’émotion. Le jeune pianiste québécois Philippe Prud’homme proposera alors dans l’intimité de l’ancienne église une exploration des émotions humaines telles que de grands compositeurs les ont traduites pour le piano.

Ce programme a été conçu par le musicien dans le contexte des concerts mis sur pied par les Jeunesses Musicales du Canada. C’est donc dire qu’on offrira un programme substantiel mais accessible pour lequel le pianiste servira de guide en faisant pour chacune des pièces une présentation. «S’il y a un point commun entre toutes les pièces, c’est qu’elles sont toutes chargées émotivement. J’ai choisi des compositeurs offrant beaucoup de contrastes émotionnels dans leur pièce qui se concluent cependant toutes dans un apaisement. Aux tensions qui sont créées, ils offrent toujours une résolution.»

«C’est une idée qui me plaisait parce que dans le monde actuel, on a certainement besoin de messages d’amour et d’apaisement. Et malgré que les compositeurs choisis ont à peu près tous vécu en d’autres siècles, ils nous parlent de choses universelles qui nous touchent toujours autant aujourd’hui.»

Prud’homme, qui a lui-même conçu le programme, est allé puiser chez des maîtres qu’il aime et admire: Scriabine, Prokofiev, Chopin, Liszt, Rachmaninov et Marc-André Hamelin. «Toutes les pièces sont des chefs-d’œuvre mais la plupart ne sont pas très connues du grand public. La Ballade no 2 en fa majeur, opus 38, par exemple, n’est certainement pas la plus connue de Chopin. Je me fais un plaisir de bien les présenter au public en les remettant dans le contexte de leur création pour bien donner à toutes leur portée humaine. Par ailleurs, l’extrait de Con intissimo sentimento de Marc-André Hamelin,est peut-être la pièce la moins lourde en termes d’émotions. Très souvent, dans un programme contenant des pièces dramatiques, on aime insérer quelque chose comme un impromptu de Schubert. Il a le génie de faire de la musique profonde tout en restant dans une sorte de douceur et de candeur et je trouve que Hamelin fait ça dans un langage différent quelque peu inspiré du jazz. Ça va offrir un moment pour absorber toutes ces émotions grâce à une musique de très grande qualité.»

Pour ce qui est de l’interprète, il se doit d’être à la hauteur de ce défi non seulement technique, puisque les pièces ont leurs exigences, mais aussi sous l’angle émotif. «J’avoue que c’est un programme exigeant et j’aime ça. Ça fait appel à beaucoup de virtuosité mais c’est clairement mis au service d’un message. Le programme est chargé, il contient de grandes envolées et je dois être disponible pour me laisser emporter. Il faut aussi accepter de plonger dans des zones qui ne sont pas toujours des plus confortables puisqu’il y a une forte charge dramatique qui est d’ailleurs très belle. L’émotion, ça ne s’invente pas, ce n’est pas technique: il faut la vivre pour l’exprimer.»

«C’est un programme que j’ai joué une dizaine de fois jusqu’ici à travers la tournée des Jeunesses Musicales du Canada et je suis fasciné de constater que non seulement l’émotion est toujours présente mais elle se renforce d’une fois à l’autre. Même quand je présente Instinct de vie au terme d’un long voyage en voiture avec la fatigue que ça implique, c’est toujours facile de se laisser emporter par les émotions. C’est la force des grandes pièces musicales.»

La chose sera rendue plus facile encore par l’ambiance unique de l’église St. James, propice à l’intimité, au contact étroit entre le public et l’interprète. «Je ne connais pas la salle et j’ai hâte de la découvrir mais ce que je peux vous dire, c’est que j’aime le contact étroit avec le public. J’aime une petite salle où je peux jouer en voyant les gens, leur regard, en sentant leur présence. C’est toujours un contexte où je suis très à l’aise et que je préfère même à celui des grandes salles.»

Les billets pour ce récital sont notamment disponibles par la billetterie de la salle Thompson de même que via le site de l’OSTR (www.ostr.ca).