Le théâtre occupe une grande part dans le parcours de Rémi-Pierre Paquin qui viendra interpréter le personnage principal de Le Schpountz à la salle Thompson le 24 octobre prochain.

Le théâtre, ce cadeau pour Rémi-Pierre Paquin

TROIS-RIVIÈRES — C’est un homme choyé qui s’est présenté à la salle Thompson vendredi dernier pour une entrevue avec Le Nouvelliste. Rémi-Pierre Paquin vit une période privilégiée dans sa carrière pourtant faste. Il le sait et profite de chaque instant. Il savoure notamment le succès de la comédie Le Schpountz mise en scène par Denise Filiatrault et qui sera présentée à la salle Thompson le 24 octobre prochain.

Si le public l’a beaucoup vu et apprécié à la télévision dans quelques séries, il n’est jamais resté loin des planches qui demeurent un des volets les plus satisfaisants de son métier. «Je me suis lancé dans cette pièce tout de suite après la tournée d’Antarctique Solo. Après 100 représentations de ce spectacle où j’étais tout seul en scène, ça faisait du bien de travailler avec d’autres comédiens. Cet été, j’ai joué Les voisins à Drummondville et on va aussi partir en tournée après les Fêtes sans compter que je suis de la distribution de Ladies Night également. Le théâtre prend vraiment beaucoup de place dans ma vie ces temps-ci et je ne pourrais pas être plus heureux. Le contact direct avec le public, il n’y a rien d’équivalent.»

«Dans la comédie qui est si difficile à interpréter, le timing est évidemment primordial et le théâtre est la forme idéale pour le perfectionner. C’est fou comment une fraction de seconde de plus ou de moins fait la différence entre un gros rire et le silence total du public. En plus, j’ai Raymond Bouchard qui me donne la réplique dans la pièce: il est tellement bon! Il trouve constamment de nouvelles façons de rendre le texte plus drôle et je peux voir la petite étincelle de malice dans ses yeux quand il est content de lui. Au moment de jouer, tu n’as pas le choix: il faut être totalement dans le moment présent. C’est un art vivant, le théâtre, alors, tout est différent chaque soir.»

Derrière ce titre invraisemblable se cache une pièce de Marcel Pagnol avec cet humour bon enfant qui lui est caractéristique. La pièce a beau avoir été adaptée pour le Québec avec la langue et les références d’ici, elle conserve ce qui émeut tant chez l’auteur français. «On retrouve ce regard tendre et amusé sur les relations entre des hommes, explique Paquin. Dans ce cas-ci, ça se passe entre mon personnage, un jeune homme naïf qui rêve d’être une vedette du spectacle et qui s’imagine très doué et son oncle, propriétaire d’un magasin général sur la Côte-Nord. Ils ont une relation un peu conflictuelle parce que l’oncle ne croit pas du tout au rêve de son neveu et voudrait qu’il continue de travailler au magasin. On sent bien qu’au fond, ils s’aiment mais ne le disent pas. C’est de la non-communication: tout passe par la gestuelle.»

«Mon personnage est particulier, même un peu déconnecté, je dirais, et le défi, c’est de s’assurer que le public s’attache à lui sinon, la pièce ne marche pas. Il peut avoir l’air prétentieux au début parce qu’il veut tellement montrer aux autres qu’il est artiste. La ligne est mince entre le haïr et l’aimer. Il se fait beaucoup railler par son entourage et mon défi, c’est de faire ressentir de la tendresse à son égard. Je le nourris d’une naïveté que j’ai réellement en moi.»

S’il trouve facilement son propre espace créatif dans les paramètres de la mise en scène, il avoue du même souffle que la réputation de rigueur de Denise Filiatrault n’est en rien surfaite. «Elle est vraiment très dirigiste, mais c’est rassurant. Elle sait ce qu’elle veut mais elle te laisse la partie qui t’appartient à toi. Ça exige beaucoup de confiance en soi pour bien définir ce qui te convient à travers la direction de Denise. Mais quand arrive la représentation, c’est toi qui y va avec ton feeling. Elle t’a donné la grande ligne et certaines scènes très précisément placées parce que c’est ainsi qu’elle peut être efficace mais il y a aussi des choses qui évoluent à travers nos essais et suggestions dans les répétitions.»

Il ne fait pas de doute que le théâtre l’inspire et le comble mais sa carrière est ainsi faite que les projets s’y multiplient. Il fait de la radio avec Véronique Cloutier dans Véronique et les fantastiques. On le verra cet hiver dans Les pays d’en haut avec son incarnation de l’infame Bidou Laloge et sera aussi d’une autre série intitulée C’est comme ça que je t’aime bientôt sur Tou.tv.extra avec la même bande que pour Les invincibles sous la plume de François Létourneau et la direction de Jean-François Rivard. Il est aussi actionnaire dans la chaîne de bars Le Trèfle qui a deux succursales dans la région montréalaise et une autre nouvelle à Québec. Ça lui laisse peu de temps pour profiter de son chalet mauricien ces temps-ci mais se promet de sauter sur la moindre occasion pour y séjourner.

POUR Y ALLER (GATINEAU)

Quand ? Les 1er et 2 novembre, à 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : 819-243-2525 ; salleodyssee.ca