La pièce TOC TOC sera présentée les 9, 10, 11, 16, 17 et 18 février à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Le TGP présente Toc Toc

C'est, entre autres, parce qu'elle a une très grande résonnance sociale que Marie-Claude Brasseur est très fébrile à l'idée de présenter Toc Toc, la pièce au programme du Théâtre des gens de la place cet hiver. C'est aussi parce qu'elle sait pertinemment qu'on s'y reconnaîtra tous, à divers degrés.
Cette envie de monter cette comédie qui traite des troubles obsessifs compulsifs a été aussi instantanée que cristalline.
«On en a tous. Rien de majeur, mais on est tous un peu toqués.»
«J'avais vu la pièce en 2007 à Montréal dans le cadre du Festival Juste pour rire et en sortant de là, je me suis dit: "Il faut monter cette pièce avec le TGP." J'avais déjà des comédiens en tête. J'en ai parlé à Marie-Andrée Leduc et à Patrick Lacombe et puis j'ai mis ça sur les tablettes jusqu'à l'an dernier où Patrick Lacombe m'a dit: "Tu dépoussières et tu sors ça de tes tablettes, c'est cet automne que ça se passe."»
C'était l'occasion idéale pour Marie-Claude Brasseur de signer sa première mise en scène, puisque le TGP s'était donné comme objectif de faire de la place à de nouvelles recrues. Impliquée dans la troupe depuis plus de 15 ans, elle a, par ailleurs, souvent occupé plusieurs rôles, dont ceux de comédienne et d'assistante à la mise en scène. 
«C'est Patrick Lacombe qui est mon mentor dans cette aventure-là. On est très complémentaires. Ça me rassurait de travailler avec lui, je ne me serais pas lancée dans un projet comme celui-là toute seule, sans filet.»
C'est bien entourée, et forte d'une vision claire, qu'elle s'est donc lancée dans TOC TOC, qui a été écrite par Laurent Baffie, le fou du roi de Tout le monde en parle en France.
L'histoire est celle de six personnes qui se retrouvent dans une salle d'attente pour voir le médecin qui... se fait attendre. Toutes sont atteintes de troubles obsessifs compulsifs. L'une ne peut s'empêcher de compter, l'autre ne peut marcher sur les lignes, une autre a la phobie des germes...
«C'est une galerie de personnages sympathiques. C'est drôle parce que cette rencontre-là donne lieu à une thérapie de groupe. C'est certain que cette thérapie-là, comme elle est ponctuée des TOC de tout le monde, donne lieu à des réponses savoureuses et cocasses. Sauf que derrière ça, il y a la rencontre de six personnes qui se reconnaissent dans ces souffrances. Elles ont une ouverture à l'autre. Elles ont envie d'aider l'autre, elles tendent la main.»
Un sujet qui trouve un fort écho dans l'actualité. «L'écoute, la bienveillance, la compassion, la tolérance, tout ça ressort des personnages au fil de la pièce.» 
«Il y a un propos social dans la pièce et il y a une sensibilité. Je dis toujours que le langage du coeur est un langage universel.»
La metteure en scène a d'ailleurs choisi de livrer le message dans un français international. Une décision qui s'est imposée dès le départ.
«Je tenais à monter la version originale et non la version québécoise que j'avais vue à Montréal (une adaptation de Marcel Leboeuf)», raconte la professeure du Cégep de Trois-Rivières. 
«J'aime beaucoup le rythme de la langue et de l'humour français, le sens de la répartie. Il y a une espèce de musique qui s'installe et je trouve ça très efficace comme humour.»
«Évidemment, je n'ai pas demandé à mes comédiens de parler à la française, surtout que j'ai un comédien français dans la distribution. Il était hors de question que les autres se collent à lui. Chacun des comédiens a donné une couleur à son personnage. Ils ont trouvé dans la langue la musicalité qu'il fallait. C'est vraiment du français international, mais une langue universelle.»
Cette équipe emballe d'ailleurs au plus haut point Marie-Claude Brasseur qui ne tarit pas d'éloges à son endroit. «Je suis allée chercher des comédiens qui ont une très belle expérience de scène et qui sont aguerris à la comédie, mais surtout des gens avec qui j'aurais du plaisir à travailler.»
Parmi eux, Marie-Andrée Leduc, Guy Baillargeon, Yolande Lapointe, Alain Lemire et Marie-Hélène Rheault sont des comédiens d'expérience auxquels se sont greffées de nouvelles recrues.
«Je voulais qu'on voit de nouveaux visages sur la scène du TGP et lors des auditions, on a découvert Édouard Blanc, qui est d'origine française, on a vu tout de suite en lui le personnage qu'on cherchait et même chose pour Michèle Leblanc, une jeune comédienne qu'on a vue avec les comédiens de l'Anse. Ils sont tous extrêmement talentueux et généreux. Je n'étais pas toute seule, c'était un immense travail d'équipe.»
La pièce, qui sera présentée les 9, 10, 11, 16, 17 et 18 février à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, a une trame de fond très réaliste selon la metteure en scène. «Le décor est sobre et efficace. Ça donne une très belle cohérence», soutient-elle tout en ajoutant que la simplicité de la scénographie donne plus de place au message.
«Je veux surtout qu'on retienne le propos de fond. L'importance capitale de s'écouter, de s'ouvrir à l'autre dans sa différence et d'avoir un regard sur la différence de l'autre qui soit positif et constructif. Si on peut abattre les préjugés et faire preuve de tolérance, notre monde ne s'en portera que mieux.»
Que ce soit dans le cadre de ses fonctions au Cégep ou dans sa vie sociale, Marie-Claude Brasseur souligne la portée universelle du sujet. 
«Il y a des étudiants qui souffrent de différents TOC, qui ne sont pas nécessairement handicapants, mais il y en a pour qui ça peut être plus complexe, effectivement. Des troubles anxieux dans le milieu scolaire, on en rencontre de plus en plus. Les troubles obsessifs compulsifs font partie de la grande famille des troubles anxieux, on est dans les problèmes de maladie mentale et ça touche tout le monde, de tous les milieux. Je pense que tout le monde va être interpellé par ce propos-là.»