Le propriétaire Jacques Foisy était heureux de montrer vendredi la nouvelle salle de son complexe de cinéma Le Tapis rouge.

Le Tapis rouge s’agrandit

Trois-Rivières — Le complexe de Cinéma Le Tapis rouge compte dorénavant quatre salles avec l’ouverture officielle, vendredi, d’un quatrième espace de visionnement, une petite salle de 40 places qui vient s’ajouter aux trois autres, inaugurées il y a cinq ans cette année, comptant respectivement 126, 90 et 59 fauteuils.

L’investissement est de l’ordre de 150 000 $ pour le propriétaire Jacques Foisy qui s’est assuré d’offrir le même confort et la même qualité de projection à ses clients dans cette nouvelle salle. La décision d’agrandir à l’intérieur du même édifice de la rue Bellefeuille s’est prise au printemps dernier et le chantier a pris trois mois à se réaliser complètement.

La salle avec son écran de 16 pieds de largeur est en fonction depuis vendredi après-midi et c’est dans la plus grande discrétion que les travaux se sont réalisés, le propriétaire tenant à n’annoncer la nouvelle qu’au moment où la salle serait prête. Le but de ce projet est d’élargir la palette de films offerts à la clientèle trifluvienne en touchant encore mieux la portion des cinéphiles avertis avec des oeuvres et sujets plus pointus.

Si la nouvelle est bonne pour les amateurs de cinéma, elle vient aussi balayer les incertitudes qui pouvaient persister quant à la rentabilité du complexe de cinéma. «Dès l’origine, on avait pensé à quatre salles mais il y avait trop d’incertitudes dans le marché à l’époque, explique Jacques Foisy. On a perdu de l’argent au cours des deux premières années d’exploitation avant de faire nos frais dans la troisième et de faire des profits depuis deux ans. Le démarrage a pris un certain temps mais on a atteint une vitesse de croisière qui justifie pareil investissement pour augmenter l’offre.»

La décision tient non seulement à la fidélité exceptionnelle de la clientèle du Tapis rouge mais également à une plus grande disponibilité de films. «Grâce à une ouverture plus grande de la part des distributeurs, nous avons accès à davantage de films québécois comme étrangers. À l’automne, au moment de plusieurs sorties importantes, je suis forcé de laisser tomber, faute de salles, certaines oeuvres que j’aimerais présenter. Je vais désormais pouvoir projeter davantage de films qui méritent d’être vus par une clientèle qui n’attend que ça. Une confiance s’est vraiment créée entre nous et les amateurs de cinéma. Je suis heureux parce que ça vient améliorer encore davantage l’offre culturelle à Trois-Rivières.»

S’il est un facteur qui se démarque dans le revirement de fortune de l’établissement, c’est le rayonnement géographique du cinéma qui a augmenté au fil du temps. «Dans les trois dernières années, on a accueilli une clientèle grandissante en provenance de plus loin dans la région de la Mauricie mais aussi du Centre-du-Québec et même de Lanaudière et ça a fait une grosse différence pour nous en termes d’affaires. C’est normal que ce phénomène ait pris du temps à s’installer.»

«C’est sûr que je ne peux pas m’attendre d’engranger de très gros profits avec une salle de 40 places mais je n’ai pas de doute que ça va être rentable. C’est comme un restaurant qui améliore son menu: je pense qu’on va devenir encore plus attrayant pour les cinéphiles. Par ailleurs, pour nous, à part les coûts du loyer et de l’aménagement, ça n’augmente pas vraiment les frais liés à l’exploitation du cinéma.»

Par ailleurs, Jacques Foisy présente un argument qui vient confirmer l’attachement du public à son cinéma en indiquant que pour neuf films sur dix qu’il présente, c’est Le Tapis rouge qui réalise les meilleurs chiffres d’entrées hors de Montréal et de Québec. «Ça démontre ce que j’ai toujours cru à savoir qu’il y a ici un bassin de cinéphiles important et qu’ils sont à l’affût des sorties intéressantes. De notre côté, ça implique de maintenir une constante qualité dans notre programmation et là-dessus, je continue de refuser de faire des compromis.»

«La seule chose que je regrette, c’est qu’il me soit encore difficile d’obtenir une copie des films québécois porteurs, ceux qui sont dans notre créneau qualitatif et qui sont susceptibles de connaître un gros succès aux guichets. Pour ce qui est des films étrangers, je n’ai aucun problème avec les distributeurs qui sont très ouverts à me les offrir parce qu’ils comprennent que c’est à leur avantage de présenter leurs films dans le plus de salles possible.»