L’auteur, compositeur et interprète Alexandre Poulin se dit comblé d’avoir des fans très fidèles grâce auxquels il remplit bon nombre de salles, comme celle de la Maison de la culture trifluvienne où il se produira les 27 et 28 mai prochain et au Moulin Michel de Gentilly le 27 mars, en plus d’avoir cinq albums à son actif.

Le succès d’un parcours singulier

TROIS-RIVIÈRES — La plupart des artistes vous le diront: mieux vaut suivre sa propre voie que de chercher à plaire au plus grand nombre pour connaître le succès. C’est avec cette approche qu’Alexandre Poulin s’est fait un nom et une carrière que beaucoup doivent lui envier dans le monde musical québécois.

L’auteur, compositeur et interprète arrive avec Nature humaine, un nouvel album, le cinquième de sa carrière. Or, il n’est certes pas dans le peloton de ceux qui font le plus parler d’eux bien qu’il vive confortablement de son art depuis qu’il a délaissé un emploi de professeur de français il y a quelques années. «Je pense que de suivre sa propre voie, même si elle est un peu marginale, c’est un gage de pérennité, soutient-il. Ça permet de durer alors que les gros succès instantanés sont bien souvent oubliés aussi vite qu’ils ont grimpé au palmarès.»

«Par ailleurs, poursuit-il, le fait de ne pas être au centre de l’attention me donne davantage de contrôle sur le produit que j’offre. Personne ne me dicte ce que je dois faire et je ne suis pas soumis aux diktats des modes. Je peux me permettre de faire les disques que j’aurais moi-même le goût d’acheter, tout simplement.»

S’il voit sa carrière comme un succès, c’est que ce sont les billets de spectacles vendus qui font désormais l’essentiel des revenus des artistes de scène, bien plus que les albums. Or, de ce côté, le musicien de 42 ans n’a nullement à se plaindre puisqu’il présente plus d’une cinquantaine de spectacles par année dans le cadre des tournées qui suivent la sortie de ses albums. «Je fais entre 100 et 125 spectacles pendant une tournée qui s’étale sur deux ans et je peux me permettre une année complète à me consacrer à la création. C’est un rythme que je trouve idéal.»

C’est dans ce contexte et cet esprit d’homme heureux qu’il sera à la salle Anaïs-Allard-Rousseau les 27 et 28 mai prochains après un passage de deux soirs au Magasin général LeBrun les 24 et 25 avril et un autre au Moulin Michel de Gentilly à Bécancour le 27 mars. Les billets pour ce dernier spectacle seront en vente dès le 16 janvier alors que pour le Magasin général LeBrun, oubliez ça: c’est déjà complet.

Le titre de son dernier album, Nature humaine, reflète bien ses préoccupations et la trame de ses chansons. «D’abord, il faut dire que chacune de mes chansons est une histoire en soi et que pour moi, le texte est l’élément primordial. Une bonne chanson, c’est d’abord un gros texte. Je parle des grands thèmes de la vie qui nous touche tous: le temps, un thème récurrent pour moi, la mort ou l’amour. C’est vrai que l’amour n’est pas toujours présent parce que je trouvais que tout avait pas mal été dit sur le sujet jusqu’à ce que je comprenne que j’avais ma propre perspective là-dessus. Le quotidien du couple, l’usure de celui-ci, la vie de famille, ça me touche aussi beaucoup. Je suis toujours tellement curieux de l’humain dans toutes ses dimensions.»

«Ce qui compte, en tant qu’artiste, c’est d’avoir une perspective unique sur des sujets universels. Cohen disait que toute sa vie, il n’avait fait que des chansons sur la spiritualité mais vue de toutes sortes d’angles différents. C’est pour ça que je mets trois ans à faire un nouvel album: il faut que je trouve les bonnes perspectives qui me rendent pertinent.»

En spectacle, Alexandre Poulin se permet désormais un trip à quatre avec un autre guitariste multi-instrumentiste, un bassiste et un batteur. «J’ai fait des tournées en duo, d’autres en trio et cette fois, j’avais envie de rendre sur scène les chansons au plus près de leur forme sur l’album. D’autant que, musicalement, j’ai exploré davantage sur Nature humaine avec des chansons nettement plus planantes et en introduisant de la guitare électrique qui donne aux chansons folk un côté atmosphérique dense et intéressant. Je me renouvelle tout en restant fidèle à moi-même.»

Le passionné des mots propose une formule de spectacle assez unique puisqu’il calcule parler au moins autant qu’il ne chante sur scène. «J’ai des monologues écrits et je raconte des histoires. Le tout est échafaudé dans une structure où toutes mes histoires se recoupent à la fin du spectacle pour lui donner tout son sens. Mon public aime tout autant mes monologues que mes chansons, je crois. En tout cas, je sens bien qu’ils accrochent et moi, j’adore ça.»