C’est non seulement en compagnie de son choeur de huit prêtres mais également avec une chorale d’une vingtaine de chanteurs et une douzaine d’instrumentistes que Mario Pelchat s’est présenté devant le public trifluvien vendredi soir à la salle Thompson.

Le spectacle d’une foi très assumée

Trois-Rivières — Ce sont les superstars québécoises les plus improbables qui ont foulé les planches de la salle Thompson vendredi soir devant une salle pratiquement comble. Des stars toutes de noir vêtues, un peu intimidées par l’ampleur de l’événement et qui se sont rapidement retirées dans l’ombre pour tout ce concert de Mario Pelchat et les prêtres.

Le soliste a pris le contrôle de ce spectacle à grand déploiement, un rôle avec lequel il est nettement plus familier et qui semble lui plaire beaucoup. Particulièrement dans le contexte de cette tournée de spectacles qui se terminait avec la représentation trifluvienne de vendredi. «Nous sommes un peu tristounets parce que c’est notre dernier spectacle de la tournée, mais excités parce que les derniers sont toujours les meilleurs d’une tournée.»

On ne peut comparer avec ce qui a été offert dans le reste de la province mais on peut certainement affirmer qu’on s’est donné tous les moyens pour satisfaire le millier de personnes venues les entendre et les voir. À Pelchat et les huit prêtres s’ajoutait un orchestre de douze musiciens incluant un quintette de cordes ainsi qu’un chœur d’une vingtaine de voix. À certains moments, la scène, pourtant de dimension respectable, apparaissait trop petite.

Le spectacle de quelque 150 minutes annoncées s’est divisé en deux parties bien distinctes tant dans la forme que dans le répertoire. La première portion a offert davantage de chants liturgiques des années 70 avec des chansons empruntées à John Littleton ou tirées de l’album Agnus Dei de Mario Pelchat et les prêtres qui, mine de rien, s’est vendu à quelque chose comme 60 000 exemplaires.

D’ailleurs, lors du gala de l’ADISQ 2018, deux albums de Mario Pelchat et les prêtres étaient parmi les finalistes pour le titre de l’album le plus vendu de l’année. En deux ans, on en a écoulé environ 110 000 des deux opus. Un véritable phénomène dans le contexte actuel.

La première partie, donc, a fait la place belle aux chants qui animaient la pastorale de la décennie 1970-1980. Les plus âgés d’entre vous se rappelleront sans doute les Rassemblez en un même corps, Je cherche son visage, Gethsémani, Allez sur les places, etc. Il s’agissait donc d’un spectacle religieux, pleinement assumé qui puisait à une approche privilégiée au siècle dernier.

Comme s’il n’en avait pas assez fait pour ses fans, Mario Pelchat a aussi cru bon inviter quelques artistes pour compléter ses interprètes, et pas des moindres: Cindy Daniel, Sophia Rose Boulanger, entendue à la 4e édition de La voix ou encore la grande soprano Marie-Josée Lord, par exemple.

La seconde partie de la soirée a annoncé ses couleurs dès l’ouverture du rideau alors qu’une crèche vivante est apparue au milieu de la scène, prétexte à plusieurs cantiques propres à cette époque de l’année au grand plaisir des spectateurs. Prétexte aussi à la présence d’autres invités. Venez Divin Messie a été l’occasion de retrouver Joe Bocan. Sainte Nuit a fait apparaître son interprète dans les traits d’un ange dans les hauteurs de la scène grâce à un dispositif scénique étonnant. On a aussi pu voir les rois mages richement vêtus s’approcher de la crèche. On l’a dit: on n’a rien négligé pour faire de ce concert un événement à grand déploiement.

Dans cette étable, Nouvelle agréable, Adeste Fideles ont été interprétés à la suite l’un de l’autre dans un crescendo qui a donné à la dernière pièce une solennité rare grâce au retour du chœur en entier. Dans son berceau, Quel est l’enfant ont continué de nous plonger dans l’esprit de la fête qui vient à grands pas. Toute cette portion consacrée à Noël reposait sur une vision très traditionnelle de la fête de la nativité qu’on ne voit plus guère que lors de certaines messes de minuit. Et encore... Il s’agissait assurément d’une occasion rare pour le public âgé qui composait l’assistance de retrouver une ambiance rappelant les Noëls catholiques d’une autre époque. Malheureusement, diront certains. Assurément le succès tant des albums que de la tournée de Mario Pelchat et les prêtres démontre qu’il y a toujours un public pour ce genre.

On peut reprocher bien des prises de position pas toujours très judicieuses de Mario Pelchat mais il assume sa foi et respecte son public. Il lui a offert vendredi un spectacle grandiose que les spectateurs ont sans doute apprécié, quelques ovations debout en témoignant bien.