C’est avec une immense fierté que Pierre-Paul Boisvert, fondateur de PURCOM Entertainment Group montre le disque diamant reçu pour souligner le million de ventes physiques et numériques des artistes de sa maison de disque Pur Records créée en 2012.
C’est avec une immense fierté que Pierre-Paul Boisvert, fondateur de PURCOM Entertainment Group montre le disque diamant reçu pour souligner le million de ventes physiques et numériques des artistes de sa maison de disque Pur Records créée en 2012.

Le rêve réalisé

Trois-Rivières — Les histoires à succès d’entrepreneurs locaux font toujours plaisir à entendre mais quand c’est dans le très concurrentiel et difficile domaine de l’industrie de la musique, ça ajoute au plaisir un sentiment de respect. Ce qui se passe avec PURCOM Entertainment Group entre assurément dans cette catégorie des histoires de succès qui font chaud au cœur.

Tout récemment, l’entreprise recevait un disque diamant pour célébrer 1 million de ventes numériques et physiques pour l’ensemble de l’étiquette PUR Records, la maison de disques créée en 2012.

À l’origine de cette entreprise et toujours au cœur de celle-ci se trouve Pierre-Paul Boisvert, un Trifluvien qui semble être tombé dans la marmite du show-business quand il était petit tellement son histoire remonte à loin. À l’âge de 15 ans , il commençait à frayer dans l’univers de l’industrie musicale en organisant des concours d’amateurs ou des festivals de relève dans la région.

«La clé dans toute ma démarche, c’est la prise de risques, explique-t-il aujourd’hui, fort d’une expérience d’une vingtaine d’années. Je le faisais à 15 ans, bien que ma démarche était empreinte de beaucoup de naïveté, mais je le fais toujours aujourd’hui. Disons simplement qu’aujourd’hui, c’est plus calculé.»

La ligne directrice de son entreprise est de travailler essentiellement avec des artistes émergents et de la relève. Au début, il se contentait d’offrir un service de gérance et de relations de presse à des artistes de la Mauricie comme il l’a fait avec Fabiola Toupin, par exemple. «J’ai toujours travaillé au développement de carrières. Mon but est de prendre les artistes indépendants sous mon aile et de les aider à faire avancer leur carrière. Très souvent, les artistes m’arrivent avec du matériel déjà enregistré qui est intéressant mais ne savent pas quoi faire à partir de là. J’ai développé une expertise qui permet de mettre la carrière sur les rails.»

«Un des beaux exemples actuels est le groupe Soul & Sister qui est le meilleur vendeur de notre maison de disque mais qui n’est presque pas connu du grand public. En musique country, un style en plein développement au Québec, on a signé des artistes comme Sugar Crush qui est en ascension ou alors, le duo Mack et Ro qui vient de remporter le titre de groupe de l’année au Gala Country 2019, ce qui est une formidable récompense dont nous sommes très fiers.»

Pour arriver à ses fins, l’entreprise s’est évidemment beaucoup développée. De simple maison de gérance au début, elle s’est épanouie en une entreprise aux multiples facettes. Devenu PURCOM Entertainment Group, la compagnie possède un volet de communications avec promotion radio et web (PUR Communications), une maison de disque (PUR Records), un volet spectacles (PUR Concerts), un autre de gérance d’artistes (PUR Management) ainsi qu’une autre d’édition (les Éditions PUR). De plus, l’entreprise a entrepris une percée du côté américain où Pierre-Paul Boisvert a développé des contacts aussi bien en Floride que du côté de Las Vegas. «L’idée, c’est d’avoir des ententes avec des gens du milieu là-bas pour être en mesure d’accompagner un artiste de chez nous dans le développement de sa carrière du côté américain», explique le manitou qui, malgré la croissance exceptionnelle de son bébé, n’est lui-même âgé que de 35 ans.

Aujourd’hui, l’entreprise supervise les carrières d’une quarantaine d’artistes et déborde de son mandat initial visant strictement les artistes émergents puisqu’on compte des noms établis comme Martine St-Clair, Sylvie Desgroseilliers, Martin Giroux, Rose Laricchiuta ou les spectacles de la Pat’Patrouille, tout en conservant dans son écurie des noms comme Guy Brière, un auteur et compositeur trifluvien associé à PURCOM depuis 2015.

L’entreprise est basée à Montréal où travaillent cinq employés et elle a une antenne à New York. Il faut dire que malgré son jeune âge, Pierre-Paul Boisvert a déjà une certaine notoriété outre-frontière puisqu’il est membre de la Recording Academy, le regroupement de professionnels du monde du spectacle qui est responsable de la production des Grammy Awards. Rien que ça.

Angélil

Comme tant d’autres agents d’artistes, Pierre-Paul Boisvert a grandi en idolâtrant René Angélil. «J’ai tout lu sur lui et je m’inspire de sa philosophie. Comme lui, je m’implique entièrement dans mon boulot. Si je participe à toutes sortes d’événements et que je me mêle à une multitude de manifestations artistiques, ce n’est pas pour l’image que ça donne mais parce que je suis un obsédé de mon travail. J’ai bâti l’entreprise en misant sur la crédibilité d’un boulot bien fait et le respect de mes artistes et non pas en me contentant de m’associer à des gens connus. Cela a fait en sorte que le chemin a peut-être été plus long, mais l’assise est plus solide. Je suis très fier de dire que j’y suis arrivé par moi-même, à force de bras. Cette année a été particulièrement riche en progression de l’entreprise et je commence vraiment à savourer les résultats de tous ces efforts.»

«Quand j’ai commencé, à 15 ans, raconte-t-il, je rêvais évidemment d’être le gérant d’une mégastar internationale et quelque part, ça demeure le rêve ultime. Mais au-delà du rêve, ce que je souhaitais à mes débuts, c’était tout simplement de gagner ma vie à faire ce métier. Aujourd’hui, j’en vis très bien et notre succès est même au-delà de mes espérances mais si un de nos artistes connaissait une immense carrière, on serait en mesure de l’accompagner jusqu’aux plus hauts sommets. L’international, ce n’est vraiment pas une étape obligatoire mais si l’opportunité se présente et que ça peut permettre à un de nos artistes de combler ses ambitions, on sera là.»

À l’heure actuelle, PURCOM a le luxe de refuser beaucoup de projets. «On se concentre sur les artistes qu’on a avec nous pour développer leur carrière. Mon objectif n’est pas de signer avec n’importe quel artiste qui vient de lancer un EP qui tourne bien à la radio mais avec lequel il ne se passera rien par la suite. Je veux développer des carrières. Mon critère essentiel dans le choix des artistes, ça reste le coup de cœur.»

Dans une industrie en profonde mutation, l’entrepreneur voit comme des opportunités ce que plusieurs considèrent comme des obstacles. «On est dans une mouvance de perpétuels changements et c’est à nous de nous adapter. Bien sûr, le problème de la rémunération des artistes avec le streaming nous oblige à chercher des alternatives et on s’entend que ce sont les spectacles qui permettent de gagner sa vie. On n’a pas le choix: il faut constamment trouver de nouvelles idées, se renouveler sur une base continue. Si on devait se fier sur les façons de faire traditionnelles, on ne s’en sortirait pas.»

«Le streaming n’est pas payant, mais c’est une occasion en or de se faire connaître. Pour moi, le véhicule n’est pas le problème, ce sont les redevances qui le sont. C’est aux créateurs que devraient aller le gros des profits générés mais aujourd’hui, ce sont les gros labels qui empochent. À cause de leur puissance financière, il ne sera pas facile de changer cet état de choses et ça ne se fera pas à court terme selon moi. Il faut donc trouver la façon de tirer son épingle du jeu dans le contexte que l’on connaît actuellement.»

«De notre côté, on a choisi de rendre nos artistes accessibles en vendant leurs albums au même prix que le font les majors. On ne vendra pas la musique deux fois plus cher même si on ne profite pas des économies d’échelle des grosses compagnies. Le consommateur qui a le choix entre acheter la musique d’un artiste établi et celle d’un artiste émergent doit pouvoir se procurer l’un et l’autre au même prix sinon, il optera pour l’artiste qu’il connaît.»

«Par ailleurs, pour nous, à l’heure actuelle, le plus gros défi, c’est de s’établir aux États-Unis. On discute avec différents partenaires, notamment les gestionnaires d’une salle à Las Vegas qui pourrait constituer une excellente porte d’entrée sur le marché américain. Quand cette étape-là sera franchie, on va se tourner du côté de la France qui est aussi un marché très intéressant pour nos artistes québécois.»