Le rap léger et souvent humoristique de FouKi donne au rap québécois une dimension accessible comme pourront en témoigner les gens qui assisteront à son spectacle au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 29 novembre. L’autre partie de la soirée sera assurée par Clay and Friends.
Le rap léger et souvent humoristique de FouKi donne au rap québécois une dimension accessible comme pourront en témoigner les gens qui assisteront à son spectacle au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 29 novembre. L’autre partie de la soirée sera assurée par Clay and Friends.

Le rap qui fait sourire

TROIS-RIVIÈRES — Comme l’a confirmé le dernier gala de l’ADISQ qui a couronné le rappeur Loud comme interprète de l’année, le rap s’est établi à demeure dans le cœur autant du public que de l’industrie. La relève y trouve forcément son compte comme en témoigne le succès de FouKi qui se produira au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 29 novembre prochain dans une soirée qui mettra également en vedette le groupe Clay and Friends.

FouKi se réjouit d’ailleurs de cette association reflétant l’amitié qui le lie au groupe. «Ce sont de bons potes à moi. C’est sûr que ce n’est pas exactement le même genre de musique mais au final, ça se ressemble. Ce sont des mélodies catchy, des paroles pas trop lourdes, du good vibe dans les deux cas. C’est cool de les avoir dans la même soirée.»

FouKi assume donc pleinement son style accessible. «J’ai reçu un message l’autre jour de quelqu’un de plus de quarante ans qui me disait qu’il déteste le rap mais que moi, je lui faisais aimer le rap québécois. C’est un beau message. Je ne fais pourtant pas de compromis pour toucher à un large public. Je travaille toujours fort pour écrire mais je ne me casse pas plus la tête pour plaire à tout le monde. Si je n’utilise pas des «fuck» ou des «shit» dans mes textes, c’est parce que je ne les utilise pas nécessairement dans la vie de tous les jours alors, il y a quelque chose de naturel dans mon écriture.»

Appelé à décrire quel sera le contenu de son spectacle d’environ 75 minutes samedi, FouKi se montre encore une fois fidèle à son enthousiasme juvénile et à sa réjouissante bonhomie. «Il va y avoir un peu de danse: c’est sûr que les gens vont sauter. Si le public ne saute pas, nous autres, sur la scène, on va sauter! Il y a plein de Spaghetti pain à l’ail en vue et tout le monde va être Yeyey, ou bien ZayZay pis... c’est ça! (rires)» Que les non-initiés sachent qu’il fait ici référence à certains titres de ses chansons

Côté répertoire, le jeune homme va forcément puiser dans les dix-huit chansons de son second album, ZayZay, sans se priver de regarder du côté du premier, Zay. «On ne pourra pas passer à côté des chansons du dernier album, soumet-il, surtout qu’il roule bien. Même s’il contient beaucoup de chansons, c’est un album que les gens écoutent beaucoup en entier et plusieurs des chansons tournent un peu partout. Je ne les ferai évidemment pas toutes parce qu’il y a plusieurs tounes de l’album précédent que les gens adorent comme Playa ou All Zay ft Koriass qui vont venir se rajouter. Ça va être un peu comme un best of, mettons.»

Voilà la preuve que le petit gars du Plateau Mont-Royal a trouvé son public avec son rap personnel, pétillant et souvent teinté d’humour. «Considérant d’où je viens, je ne vais pas raconter que je suis régulièrement témoin de fusillades dans mon coin! Je ne vais pas m’inventer une deuxième personnalité. Je reste moi-même dans ma musique. Je pense qu’il fallait ça aussi dans le paysage: du rap plus accessible, plus gentil... plus terre à terre, en fait. J’ai l’impression que le rap, c’est un peu de la science-fiction des fois alors que dans le mien, les gens se reconnaissent dans leur vie quotidienne. C’est ce qui fait que ça marche et que l’intérêt pour ma musique semble vouloir durer.»

Que les fans se rassurent, sur les planches du Cabaret, l’interprète saura mettre de l’avant l’humour qui le caractérise. «Le but, c’est que ma musique soit pour tout le monde et pas seulement pour les hommes fâchés de 23 ans. J’aime bien être introspectif dans une chanson tout en insérant un petit côté humoristique. L’humour a sa place partout; même qu’il aide à faire passer le côté plus sérieux. En spectacle, on parle beaucoup avec le public, on joue avec lui. Avant Spaghetti pain à l’ail, on dit aux gens que le plat officiel du Québec, c’est le pâté chinois et ils se mettent à huer. Alors, je dis que c’est la poutine: même réaction. C’est là qu’on fait embarquer la chanson. Le public adore ça.»

Et comme ce public aura l’obligation morale de sauter sur place, rappelons, si nécessaire, que la configuration choisie pour ce spectacle prévu pour 20 h 30 est celle du public entièrement debout. Pour du rap, on ne s’attend à rien de moins.