Serge Giguère a reçu le Prix coup de cœur du public du deuxième Festival international du film de Trois-Rivières (TR-IFF). Depuis la gauche: Alejandra Basanes, créatrice du trophée, Serge Giguère, lauréat, Gilles Leblanc, Amina Chaffaï, Stella Montreuil et Céline Tessier, respectivement vice-président, présidente, membre et secrétaire du TR-IFF.

Le Prix coup de cœur remis à Serge Giguère

Trois-Rivières — Refaire vivre la réalité d’une famille du Québec rural des années 50 à travers la correspondance d’une mère et de l’aîné de ses quinze enfants, parti étudier pour devenir prêtre, voilà le sujet du film qui vient de remporter le Prix coup de cœur du public du dernier Festival international du film de Trois-Rivières (TR-IFF). Le réalisateur de Les lettres de ma mère, Serge Giguère, a reçu son prix, un trophée créé par l’artiste trifluvienne Alejandra Basanes, des mains de la présidente du festival, Amina Chaffaï, mercredi matin.

Véritable documentariste de la culture populaire québécoise, Serge Giguère a puisé dans la centaine de lettres que sa mère et son frère aîné ont échangées pour construire la trame narrative de son film. Celui-ci aura de toute évidence séduit le public trifluvien.

C’est auprès de certains des plus grands noms du cinéma québécois que M. Giguère s’est fait la main. Il côtoiera notamment Pierre Perrault, Bernard Gosselin et Gilles Carle. C’est sous la direction de ce dernier qu’il participe au tournage du mythique film Les mâles, en 1970, à Charette.

Quand vient le temps de réaliser ses propres œuvres, il se consacrera au milieu qu’il connaît le mieux, celui du Québec populaire. Il dédiera des films à, entre autres, Oscar Thiffault, au percussionniste Guy Nadon et au passage d’un ingénieur jamaïcain à Sainte-Marthe-du-Cap dans les années 30, un certain Macpherson, qui inspirera une chanson à Félix Leclerc.

S’il documente, M. Giguère ne s’impose pas de contraintes pour raconter ou pour évoquer. Du haut de ses 73 ans, et malgré l’époque que relate son dernier film, les techniques qu’il emploie frappent par la liberté que s’accorde le créateur. Animations, montages photo, images d’archives ou témoignages, tous les moyens sont bons s’ils servent son propos.

Bien que le lauréat concède avoir ralenti le rythme, ses projets demeurent nombreux. Il tient notamment à terminer trois œuvres entamées par un ami et collègue à lui, récemment décédé. Il soutient que les films deviendront quelque chose de nouveau sous son impulsion. La liberté, encore.

Les quelques mois entre la fin du festival et la remise du prix s’expliquent par les horaires qu’il aura fallu faire coïncider. Amina Chaffaï a profité de l’occasion pour souligner que la troisième édition du TR-IFF se tiendra du 7 au 17 novembre prochain et qu’elle réserve de belles surprises aux cinéphiles trifluviens. On peut visionner la bande-annonce du film de M. Giguère ci-dessous.