Après 39 ans d’implication, Jean Bécotte quitte ses fonctions de président de la Société des amis du Moulin Michel inc.

Le président Jean Bécotte tire sa révérence du Moulin Michel

BÉCANCOUR — C’est officiel: après 39 ans d’implication, Jean Bécotte a pris sa retraite de la présidence de la Société des amis du Moulin Michel inc. (SAMMI). À 77 ans, celui qui a travaillé sans compter les heures pour protéger et restaurer le Moulin Michel a choisi de laisser la place à la relève pour se consacrer davantage à sa famille... et à ses années de retraite.

«J’ai deux petits-fils et ma conjointe et moi voulons avoir plus de temps pour nous occuper d’eux, explique M. Bécotte. Et puis, après 39 ans, je trouve qu’il était temps de passer à autre chose.»

Dans une longue lettre adressée au conseil d’administration de la SAMMI, le 15 janvier dernier, le bénévole de longue date a remercié toutes les personnes qui ont travaillé à ses côtés pour redonner son lustre au Moulin Michel, notamment la Ville de Bécancour, qui a racheté l’édifice et le terrain en 1985, après qu’il eut été classé comme monument historique. M. Bécotte se dit d’ailleurs particulièrement fier du travail qu’il a accompli avec ses partenaires, Jean Villeneuve et Jean-Guy Dubois, l’actuel maire de Bécancour qui était à l’époque conseiller municipal.

«Le Moulin Michel, c’est le phare de Bécancour. Il fallait sauver ça. On a été chanceux, parce qu’il n’y a jamais eu de vandalisme, même après que M. Michel et son frère (les anciens propriétaires et meuniers) aient déménagé dans le village», souligne M. Bécotte.

Un travail constant

Une fois le Moulin Michel acheté par la Ville de Bécancour et la classification comme monument historique obtenue, le travail de M. Bécotte était loin d’être terminé. Plusieurs activités de financement ont été menées afin de permettre la remise en état des lieux.

Et une fois ces travaux terminés, d’autres ne manquaient jamais de s’ajouter à la liste des choses à faire pour permettre au Moulin de rayonner.

«Il y a eu de la maçonnerie à faire, le toit, la terrasse, agrandir la grange qui servait de bureau et la salle pour les artistes, améliorer le restaurant, etc. Tous les ans, il y avait du travail à faire, en plus de la gestion», fait remarquer M. Bécotte.

Ce travail, le septuagénaire le faisait en parallèle de son autre emploi, comme comptable agréé, à Montréal. Chaque fin de semaine, il partait de Repentigny pour consacrer son temps et son énergie au Moulin, en plus de la ferme équestre dont il a été propriétaire pendant cinquante ans dans le secteur de Gentilly.

«J’avais autant de plaisir à aller travailler à Montréal qu’à venir la fin de semaine à Gentilly. C’était une priorité pour moi», explique celui qui dit avoir hérité du «virus du patrimoine» de ses parents.

Le «père» du Moulin

Informé de la décision de M. Bécotte de quitter ses fonctions, le maire de Bécancour salue le travail et la passion de son ancien collaborateur sans qui, selon lui, le Moulin Michel ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

«Jean a été un peu le pivot de tout ça. Il a été l’âme, le père du Moulin. C’est quelqu’un qui avait une idée, un rêve, et qui l’a réalisé d’un bout à l’autre», souligne Jean-Guy Dubois.

«C’est dommage qu’il parte, mais d’un autre côté, je m’en réjouis parce qu’il va pouvoir profiter de la vie. Et puis, il a tellement bien mené (ce projet) et a su bien s’entourer, alors le Moulin est entre de bonnes mains», ajoute le premier magistrat.

Selon M. Bécotte, le conseil d’administration de la SAMMI n’a pas encore déterminé qui lui succédera à la présidence. M. Bécotte n’a pas souhaité s’avancer sur qui pourrait prendre sa relève.