C’est notre confrère Martin Francoeur, à gauche, qui animait la soirée de remise des Grands prix culturels de Trois-Rivières sur la scène de la salle Thompson lundi soir.

Le grand honneur au FestiVoix

TROIS-RIVIÈRES — Les Grands Prix culturels de Trois-Rivières ont célébré lundi soir leurs 25 ans dans une très grande sobriété qui a laissé peu de place à la créativité pour faire de la soirée un événement mondain mettant autant sinon davantage en évidence les commanditaires de la culture que les créateurs eux-mêmes. Le grand gagnant de la soirée a cependant été le FestiVoix qui a récolté le Grand Prix de la culture.

Signalons toutefois l’apport artistique remarquable de l’excellent groupe musical, le Catherine Laurin jazz Quintet, qui a non seulement élaboré l’enveloppe musicale de la soirée mais l’a fait avec esprit et brio.

Le FestiVoix est un événement si collé à la vie des Trifluviens qu’on avait presque oublié qu’il pouvait être candidat à la prestigieuse récompense. Le président du conseil d’administration Jean Lamarche, tout comme le directeur général Thomas Grégoire, ont accepté l’honneur avec classe et modestie soulignant la solidité de l’organisation qui, après vingt-cinq ans d’existence, regarde résolument vers le futur.

«Dans un milieu où il est facile de se faire reprocher d’être populiste et commercial, notamment par le truchement des courageux médias sociaux, a notamment dit Jean Lamarche dans son allocution, Culture 3R choisit de faire une belle place au FestiVoix et, par la même occasion, épouse nos valeurs organisationnelles qui reposent sur la qualité, la diversité et l’accessibilité. À titre de président du conseil d’administration, je suis extrêmement fier de me retrouver dans une catégorie qui regroupe notamment la communauté des Ursulines, le Conservatoire de musique, le Salon du livre, l’Atelier Silex ou mes amis feu «Coyote» Gaudreau et la toujours très vivante Patricia Powers.»

Le FestiVoix a succédé sur la scène à la gagnante du prix Trois-Rivières sans frontière, la comédienne et désormais dramaturge Christine Beaulieu dont les remerciements ne manquaient pas non plus de classe. Elle a remercié avec une chaleur qu’on ne feint pas des Trifluviens qui ont eu sur sa vie un grand impact depuis certains professeurs à l’école secondaire Chavigny jusqu’à sa famille et ses amies. Elle a convaincu quiconque aurait pu en douter de son profond attachement à sa ville natale et donné au prix toute sa réjouissante signification. «Sachez, a-t-elle notamment déclaré, que ces prix sont précieux pour nous. Trois-Rivières, grâce à toi, aucune frontière ne m’a semblé infranchissable.»

Le prix Initiative Éducation Culture a été remis à l’École primaire d’éducation internationale secteur est pour son projet Mon jardin d’enfant de rêve. Le prix du patrimoine Benjamin-Sulte a été remis à la Société d’histoire de Cap-de-la-Madeleine pour sa revue Empreintes. Pour ce qui est du prix Arts-Affaires, il a été remis à l’administration du port de Trois-Rivières.

Le prix littéraire Gérald-Godin est revenu à Guillaume Morrissette pour son roman Des fleurs pour ta première fois. Du côté des arts visuels, le prix Stelio-Sole a été octroyé à Valérie Guimond pour son exposition portant le titre de Les fausses princesses. Finalement, le prix des arts de la scène Louis-Philippe-Poisson est revenu au Festival international de Danse Encore pour son gala en hommage à Vincent Warren.

C’est d’ailleurs lors de cette remise que les remerciements les plus profondément empreints d’émotion ont été offerts par Claire Mayer, la directrice artistique et générale du FIDE qui a fait remarquer que Vincent Warren est décédé peu de temps après cet hommage trifluvien, le seul qui lui ait été rendu malgré la maladie qui laissait entrevoir son départ.

Au terme de la soirée, les récipiendaires du Grand Prix de la culture convenaient que malgré les prix reçus à l’échelle provinciale depuis quelques années, celui-ci leur faisait particulièrement chaud au cœur. «C’est un grand privilège pour nous parce que c’est la reconnaissance du milieu qui reconnaît la marque culturelle qu’on laisse, expliquait le directeur général Thomas Grégoire. Le FestiVoix touche toutes sortes de secteurs dont l’économie et le tourisme mais avant tout, la culture. Pour nous, c’est la cerise sur le gâteau de 25 ans de travail, d’implication de bénévoles, d’équipes d’administration, de partenaires. C’est un vrai honneur, une vraie fierté de recevoir ce prix.»

«Cette année, de poursuivre Jean Lamarche, on cumule les prix. On en a gagné un en tourisme et là, dans le domaine de la culture et de les recevoir la même année, ça crée un effet d’exposants extrêmement intéressant. La récompense vient souligner les efforts qu’on fait pour être populaire tout en offrant une programmation de qualité. C’est un gros défi qu’on tente de relever à chaque édition.»

«La culture coule dans nos veines, d’ajouter Thomas Grégoire, et quand on crée une programmation, c’est pour offrir la plus grande diversité possible. On commence à toucher les arts visuels aussi. C’est donc la culture qui est le cœur de notre événement alors, que ce soit récompensé, c’est une profonde satisfaction.»