Molodi a donné le rythme au premier Gala Danse Encore à la salle J.-A.-Thompson.

Le gâteau est servi

TROIS-RIVIÈRES — Le public réuni pour le Gala Danse Encore n’en attendait pas moins; cinq numéros de danse concoctés et livrés par des experts en la matière dans une ambiance festive, comme un dessert qu’on attend avec appétit.

Si on entendait la foule déchainée qui dansait la Zumba durant les discours protocolaires dans la salle Thompson, les hurlements d’appréciation pour la danse percussive de la troupe Molodi ont vite fait oublier le party qui se déroulait à l’extérieur.

Ils ont cette capacité à générer une quantité impressionnante de décibels, agréablement synchronisés, avec leur corps uniquement. Pour bien souligner la qualité de leur prestation, il suffit peut-être de mentionner que les danseurs font partie du spectacle Stomp présenté à Las Vegas. Des pros du rythme.

Les danseurs de la troupe de Dana Foglia ont offert une performance magistrale.

La prestation de la troupe de Dana Foglia et de celle de Mandy Moore valaient à elles seules le prix du billet. Il faut bien avouer qu’aucune vidéo glanée sur internet ne peut rendre justice à la performance hautement athlétique de ces danseurs qui rendent sans faille le travail magistral des deux chorégraphes américaines. Si Dana Foglia a longtemps été la chorégraphe de Beyoncé, ce n’est pas par chance. Elle a ce style unique qui la distingue. Ce mélange parfait de mouvements secs et de passion lascive. De l’originalité des formations dans lesquelles évoluent les neuf danseurs en passant par les costumes qu’ils arborent, Dana Foglia signe en lettres majuscules le travail qu’elle propose. Elle est tout le contraire de son homologue Mandy Moore. La chorégraphe du célèbre film La La Land est un caméléon. Une qualité qui lui permet d’effectuer des mandats aussi différents qu’improbables. Dans le gala qui sera également présenté samedi à la salle Thompson, elle a offert un sympathique numéro inspiré des années 50. Le pas de deux qu’elle a moulé pour ses interprètes a trouvé sa plus grande qualité dans la chimie que les deux professionnels ont réussi à créer pour le numéro qui a ébloui le public.

On ne pouvait malheureusement pas en dire autant du pas de deux créé par Kristian Cellini et cie. La livraison était décevante. Cette potentiellement magnifique performance classique n’a pas rendu l’émotion attendue. Le manque de synchronicité et d’intensité entre les deux danseurs en sont les principales raisons. Il y avait pourtant là une proposition tout à fait intéressante et distincte.

Le clou du spectacle attendu par de nombreux spectateurs est le numéro de Marvl. Cette troupe de Québec qui s’est fait remarquer lors de son passage à l’émission Danser pour gagner diffusée à V, avait bien peu à faire pour conquérir l’auditoire. Les machines du hip hop n’ont pourtant pas tourné les coins ronds et ont montré à la foule de quel bois ils se chauffent. Des prouesses de break dance, des acrobaties et un véritable plaisir à être sur scène, les gars n’ont pas déçu. Le fil conducteur de leur numéro manquait par contre un peu de finesse et après avoir vu le travail de Dana Foglia ou de Mandy Moore, qui maîtrisent cet art et l’appliquent avec une précision chirurgicale, le détail était encore plus marqué. Chose certaine pour tous les spectateurs présents, la soirée a permis de se régaler de numéros de haut niveau dans des styles aussi différents qu’intéressants. Le gala sera repris samedi à la salle J.-A.-Thompson à 20 h 30.

Flamenco et tap
Myriam Allard est une grande danseuse de Flamenco. La cofondatrice de La Otra Orilla, une compagnie montréalaise qui fait dans le flamenco contemporain, a offert, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, le spectacle Morceaux choisis, un genre de Best of pour célébrer les dix ans de la compagnie. Si le mot flamenco éveille en vous des robes à multiples volets frisottés ultras colorées, l’interprétation qu’en fait Myriam Allard en est à mille coups de claquettes. Son premier numéro étonne, déconcerte même, par ses allures peu orthodoxes. On a l’impression d’un pantin dont les membres n’étaient plus dans le bon axe sur une musique de Brel qui accentue cette étrangeté. C’est pourtant le numéro parfait pour faire tomber les idées préconçues. Si ce numéro montre les qualités exceptionnelles de la chorégraphe, pour ajouter un crémage contemporain à cette danse typique espagnole, elle marquera particulièrement le coup avec le numéro de la dispute. La talentueuse danseuse se retrouve devant un danseur projeté sur écran. Une dispute éclate. La traduction gestuelle des émotions qu’ils vivent est à couper le souffle. Elle a même poussé la théâtralité de la prestation en reproduisant deux fois le même numéro avec deux intensités. Elle conclut ce bijou de la soirée avec un numéro où elle danse avec un seul soulier. Une symbolique aussi forte que la performance qu’elle offre.

Samedi soir, ce sera au tour de Tapestry et cie de fouler les planches de la salle de la Maison de la culture à 19 h. Cette compagnie américaine vient offrir en primeur un spectacle qui sera présenté dans quelques jours à Austin au Texas dans le cadre du festival Soul 2 Sole. Une occasion unique de voir les meilleurs danseurs de cet art américain.