La SODEC a accordé sa portion du financement pour la réalisation de L’Arracheuse de temps un film basé sur le conte de Fred Pellerin.
La SODEC a accordé sa portion du financement pour la réalisation de L’Arracheuse de temps un film basé sur le conte de Fred Pellerin.

Le film sur L’Arracheuse de temps prend forme

TROIS-RIVIÈRES — La SODEC a annoncé lundi qu’elle accordait un financement pour le film L’Arracheuse de temps qui sera réalisé par Francis Leclerc sur un scénario de Fred Pellerin. Il ne manque plus que la participation de Téléfilm Canada qui devrait annoncer sa décision autour du mois de mai prochain pour boucler le financement de la production.

Si tout se déroule comme espéré, le tournage débutera en octobre 2020 pour une sortie du film sur les écrans à l’automne ou à Noël 2021. Le scénario est essentiellement construit autour du conte que Fred Pellerin a présenté en spectacle pour plus de 420 représentations entre mai 2008 et décembre 2011. Il s’agit de sa troisième adaptation d’un conte au cinéma après Babine (2008) et Ésimésac (2012). Il a également coécrit Pieds nus dans l’aube (2017) avec Francis Leclerc.

Dans les adaptations précédentes, le scénariste avait amalgamé divers éléments puisés dans différents contes pour constituer un tout cinématographique. Cette fois, il est resté fidèle au conte original. «Je n’utilise aucun élément sorti d’un autre conte mais il y a des choses qu’on a ajoutées au conte original et des éléments qu’on a dû enlever parce que ça faisait un film trop long, expliquait le scénariste lundi après-midi. On y retrouve les épisodes que j’aime le plus comme le tournoi de Pisseuse, le pommier avec les pommes empoisonnées, la Stroop qui tire du fusil, Méo qui veut savoir l’âge de sa mort pour arrêter de boire quelques jours avant, etc. Je pense que c’est vraiment l’fun comme scénario de film.»

«J’ai trouvé une entourloupette pour avoir le côté réaliste qu’exige le cinéma tout en ajoutant un étage de merveilleux dans le film. On part de l’idée qu’une grand-mère raconte une histoire à son petit-fils dans la réalité de 1988 et que l’histoire donne accès au délire du conte. C’est fou, éclaté et étonnant parce que ça va venir de l’imaginaire d’un enfant qui se fait conter l’histoire. Ça fait en sorte qu’il y aura plus de merveilleux et de folie dans ce film que dans les autres faits avant.»

Fred Pellerin sera le seul scénariste officiel au générique de l’œuvre mais il a évidemment travaillé en étroite collaboration avec le réalisateur Francis Leclerc qui l’a guidé dans l’élaboration d’un scénario qui a probablement connu une bonne trentaine de versions, estime Pellerin.

«Après quatre films, je commence à comprendre comment faire mais ce n’est pas une écriture naturelle pour moi. Ça reste ardu. J’ai commencé à l’écrire en octobre 2016 et au mois d’août 2019, je le remaniais encore. Et on va continuer d’y travailler parce que la réalisation du film va apporter son lot de contraintes qui vont nous obliger à des modifications.»

Bien que le financement ne soit pas bouclé pour l’instant, le producteur délégué Antonello Cozzolino pour Attraction Images, qui a travaillé avec Fred Pellerin et Francis Leclerc sur Pieds nus dans l’aube en plus de produire la série Saint-Élie de légendes, estime que le budget du film va se situer quelque part entre 6 M $ et 7 M $. «Ça va être du même ordre que ses deux premiers opus. On attend toujours la décision de Téléfilm mais on est très optimistes d’obtenir le financement et la production va déjà bon train.»

«On va être plus près de l’univers des contes de Fred dans la facture du film comme dans le ton. Il va y avoir beaucoup d’effets spéciaux et ça ne ressemblera pas à Ésimésac ou à Babine. On va être dans un univers beaucoup plus près de Tim Burton, quelque chose de très fantastique. Francis veut beaucoup respecter le conte avec un niveau vraiment éclaté. On va aussi retrouver beaucoup plus l’humour de Fred que dans les autres films tirés de ses contes. Grâce à l’expérience qu’il a acquise dans l’écriture cinématographique, il a élaboré un scénario magnifique avec une ligne dramatique forte dans un univers qui respecte le contexte du conte original.»