C’est conjointement que Martin Fontaine et sa fille Gabrielle ont travaillé à l’élaboration des spectacles du Memphis Cabaret sur le web et la première de quatre représentations a connu jeudi un succès qui réjouit l’interprète.
C’est conjointement que Martin Fontaine et sa fille Gabrielle ont travaillé à l’élaboration des spectacles du Memphis Cabaret sur le web et la première de quatre représentations a connu jeudi un succès qui réjouit l’interprète.

Le Cyber Memphis Cabaret: première expérience concluante

TROIS-RIVIÈRES – Après avoir foulé plusieurs des plus importantes scènes du Québec au cours des dernières années, Martin Fontaine a exploré un nouveau territoire jeudi soir quand il a présenté un spectacle en direct sur le web depuis la scène du Memphis Cabaret.

Sans public vivant devant lui, le musicien était accompagné de trois musiciens (Steve Després à la guitare, William Martin à la basse et Sébastien Dubois aux percussions), de son complice Claude Dupont et de sa fille Gabrielle à l’animation pour offrir, en 90 minutes, une version modifiée de son spectacle Sur la route de Memphis à près de 500 spectateurs qui avaient payé 20‹$ pour assister à la représentation depuis leur domicile.

Dans une volonté de recréer une ambiance chaleureuse malgré la salle vide devant laquelle il jouait, l’interprète avait conçu quelque chose d’assez élaboré tout en gardant une manifeste envie de créer une forme de proximité avec son public. Des sons de réactions du public ont été ajoutés pour conférer une ambiance à la prestation, celle-ci a été précédée d’un montage vidéo filmé dans les rues autour du Memphis Cabaret dans le centre-ville trifluvien, la fille de l’interprète assurait une animation alors qu’on avait pris soin d’inclure une forme d’interaction avec le public confiné par le biais du clavardage.

Par ailleurs, la captation, avec deux caméras mobiles qui offraient des prises de vues de différents angles visant à mettre en valeur le chanteur et ses musiciens a donné un côté vivant à une prestation fort sympathique. La qualité sonore était tout à fait acceptable et si quelques internautes ont fait savoir qu’ils avaient eu des problèmes de transmission, il semble, à la lumière des réactions vues en clavardage, que la majorité des gens ont pu assister au spectacle dans des conditions techniques favorables.

Au lendemain de cet événement, Martin Fontaine accusait une certaine fatigue. «Je l’avoue, je suis fatigué mais aussi soulagé, laissait-il entendre en matinée vendredi. J’étais vraiment très nerveux parce que c’était une première avec beaucoup d’incertitudes mais ça s’est bien passé. L’objectif était de refléter ce qui se passe au Memphis Cabaret en temps normal et je trouve qu’on y est assez bien parvenu. Je n’ai pas vu l’enregistrement du spectacle mais je pense que ça a donné de bons résultats. »

Le Trifluvien d’adoption s’est dit très satisfait de la réponse du public, un des plus gros motifs de stress pour lui. «Avoir eu 100 personnes, j’aurais été satisfait. À 150, j’aurais trouvé qu’il y avait un bon potentiel et à 300, j’aurais vu ça comme un beau succès. Avec 500 personnes qui se sont branchées, j’ai dépassé mes attentes. Je tiens pour acquis que pour chaque billet vendu pour une connexion, il y avait plus d’une personne qui écoutait alors, ça fait un très bel auditoire.»

«Les gens avaient des attentes et j’espère que le spectacle a été à la hauteur. Les commentaires que je reçois sont très bons et la vente de billets pour le prochain, le 4 juin, a commencé aussitôt la fin de la transmission jeudi soir; c’est très bon signe.»

L’interprète dit avoir mis un certain temps à se sentir à l’aise dans une formule complètement inédite pour lui. «C’est très différent de ce à quoi je suis habitué. Jouer sans public, c’est vraiment spécial. J’ai cherché un peu les caméras pour pouvoir m’adresser directement aux gens mais une fois qu’on a trouvé notre rythme, la musique a pris le dessus et entre amis sur la scène, on a eu beaucoup de plaisir.»

«Je suis particulièrement content d’avoir pu offrir un spectacle tout en respectant les consignes sanitaires : nous étions tous séparés de deux mètres, tous les gens autour de la scène portaient un masque, nous avions du désinfectant pour les mains, nous avons désinfecté les instruments, etc. C’est la preuve que ça peut se faire.» Le public a d’ailleurs été à même de le constater par une intervention de l’animatrice qui a profité d’une pause pour faire le tour de la salle en montrant les mesures sanitaires instaurées.

L’argent amassé par les ventes permettra de payer une partie des frais fixes qu’exige un Memphis Cabaret fermé comme l’électricité, les assurances, le loyer etc. «Ce n’est pas une question de faire de l’argent mais de payer une partie de nos frais, d’indiquer le proprio, et éviter d’être contraint de mettre la clé dans la porte. On ne sait toujours pas combien de temps on va devoir rester fermés. C’est aussi une façon de faire connaître ce qu’on y fait comme musique à ceux qui ne sont jamais venus. Ceux qui nous connaissent ont pu se replonger dans l’atmosphère de nos soirées d’animation.»

«Personnellement, ça me garde en forme, allumé. En fait, ça me garde vivant et c’est très encourageant de voir qu’il y a toujours des gens qui nous suivent.»

Quelques heures après cette première, Martin Fontaine répondait aux courriels reçus en tentant de régler les problèmes de connexion que certains auraient pu rencontrer, histoire qu’ils puissent profiter pleinement des prochains spectacles puisque le plan implique trois autres représentations sur le web avec un écart de deux semaines entre elles. Le 4 juin, ce sera le Party Time viral qui sera suivi de la soirée Love Me Tender le 18 juin et de A Ray of Light le 2 juillet.

Entretemps, Martin Fontaine souhaite que la Santé publique donne le feu vert à l’ouverture graduelle de terrasses sur une rue des Forges piétonnière et qu’il lui soit possible, au cours de l’été, d’offrir de l’animation musicale devant le Memphis Cabaret. Et, qui sait? de peut-être présenter quelque chose en salle devant un nombre restreint de spectateurs. «Tous les commerçants du centre-ville sont prêts à recevoir la tape dans le dos que constituerait un abandon même progressif des mesures de confinement. Je pense qu’il y a moyen de le faire de façon sécuritaire et ça ferait du bien à tout le monde de se changer les idées.»