Le CRTC se défend de nuire à la production de contenu francophone

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) se défend de mettre en péril les productions originales francophones, comme le lui a reproché le gouvernement du Québec.
Dans une lettre envoyée aux médias lundi, le président du CRTC, Jean-Pierre Blais, a dit vouloir rectifier plusieurs informations erronées qui circulent à propos des récentes décisions de renouvellement des licences de radiodiffusion de Bell Média, Corus Entertainment, Groupe TVA et Groupe V. Vendredi dernier, le ministre québécois de la Culture et des Communications, Luc Fortin, avait écrit à son homologue fédérale, Mélanie Joly, pour lui faire part de sa «vive inquiétude» quant à l'abolition de certaines conditions de licence en matière de programmation originale canadienne de langue française.
Le ministre Fortin citait en exemple la suppression de l'obligation pour Séries+ d'allouer au moins 1,5 million chaque année à des émissions dramatiques francophones. Jean-Pierre Blais argue que cette exigence a été substituée par de nouvelles conditions qui contraindront la chaîne à «consacrer potentiellement plus de 7,8 millions par année à l'acquisition ou la production» de contenu canadien en français.
Il a également tenu à préciser que l'abolition des conditions, qui avait suscité un tollé, ne concerne pourtant que trois des 29 services et stations dont les licences ont été renouvelées.
Les renouvellements de licences accordés le 15 mai avaient également suscité la crainte que de grands groupes de propriété de langue française se contentent de doubler du contenu canadien-anglais. Or, M. Blais souligne qu'il est «impossible» que des coûts de doublage comblent leurs exigences de dépenses.
Le président du CRTC souligne par ailleurs que les téléspectateurs «sont libres de ne payer que pour les services de leur choix» puisque les fournisseurs se doivent de leur offrir les canaux à la carte.
«Dans ce contexte, le choix appartient aux consommateurs de favoriser les services qui offrent davantage de contenu original qui les reflète et qui les intéresse», a-t-il avancé.
M. Blais conclut sa lettre ouverte en se disant «persuadé» que les décisions du CRTC permettront aux services de langue française de «produire un contenu captivant, de grande qualité et qui fera rayonner encore la culture québécoise et franco-canadienne».
La décision du CRTC a été critiquée par plusieurs organisations culturelles québécoises. La Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) et l'Union des artistes (UDA) avaient publié un communiqué pour déplorer les changements apportés la semaine dernière.
Le gouvernement du Québec avait pour sa part signalé son intention de demander le réexamen, voire l'annulation des règles annoncées, qui entreraient en vigueur en septembre.