Sonia Héon, propriétaire du Cabaret Tapis Rouge.

Le cabaret Tapis Rouge à vendre

TROIS-RIVIÈRES — Après six saisons à faire vivre la scène de style cabaret et burlesque à Trois-Rivières, le cabaret Le Tapis Rouge est maintenant à vendre. Les gestionnaires de la salle de spectacles du secteur Cap-de-la-Madeleine sont toutefois loin de se retirer du milieu, eux qui désirent maintenant concentrer leurs énergies sur la production de spectacles cabaret sur la route.

Les offres de festivals et d’événements se sont en effet multipliées au cours des derniers mois pour Sonia Héon et Martin Bouchard, afin de sortir le concept du Tapis Rouge et de le produire dans différents événements et rassemblements à travers la province. Cette demande toujours accrue, et l’énergie que demandait la gestion d’une salle de spectacles comme le Tapis Rouge, n’étaient tout simplement plus compatibles, explique Sonia Héon.

«On n’a pas idée de l’énergie que ça demande de faire rouler une salle de spectacles. Là, nous avons plusieurs offres qui nous permettent de nous concentrer uniquement sur la production de spectacles et sur la prestation artistique. C’est ce qui nous motive, c’est ce qu’on aime par dessus tout», constate Mme Héon, qui oeuvre également dans la gérance et la production de spectacles, en plus de faire partie du groupe Hors Contrôle. Par ailleurs, la productrice a développé depuis quelques années son personnage Sanja Star, une production pour les enfants, qui est également très en demande dans différents événements.

Après six saisons de spectacles burlesques et de type cabaret, le Tapis Rouge est maintenant à vendre. La propriétaire Sonia Héon souhaite se concentrer sur la production de spectacles sur la route.

Évidemment, ce n’est pas sans un pincement au coeur que la décision a été prise, alors que l’aventure du Cabaret Tapis rouge s’est bâtie de leurs mains. «Tout, de A à Z, a été fait par nous, avec l’aide des enfants, de nos familles, de nos amis. Nous n’avons eu aucune subvention. Même les rideaux qui décorent la salle ont été fabriqués à la main», se souvient Sonia Héon. «Il n’y a pas grand monde dans l’industrie du spectacle aujourd’hui qui arrive à fonctionner sans subvention», renchérit Martin Bouchard.

Ce n’est donc certes pas en raison d’une baisse d’achalandage, mais bien parce que les deux partenaires veulent amener ailleurs le concept de cabaret qu’ils mettent aujourd’hui la salle de spectacles en vente. «On a une bonne clientèle, une clientèle fidèle. On pouvait produire jusqu’à deux spectacles par semaine et c’était pratiquement tout le temps plein. Quand j’ai annoncé la vente sur les réseaux sociaux, c’est fou le nombre de messages que j’ai pu recevoir de la part de gens qui fréquentent le cabaret Tapis Rouge», constate Sonia Héon.

Toutefois, seule la salle est présentement mise en vente. Les deux partenaires entendent garder le contenu du costumier, bien garni, de même que plusieurs décorations et accessoires qui serviront à peaufiner les productions du Tapis Rouge sur la route. Par ailleurs, l’immeuble a déjà suscité de l’intérêt, puisque seulement quelques jours après la mise en vente, les visites se multiplient déjà.

À ce propos, Mme Héon confie que l’immeuble pourrait avoir une vocation multiple, mais qu’elle serait très heureuse si la vocation de salle de spectacles pouvait se perpétuer. «On ne refusera aucune offre. Mais entre deux offres égales, dans mon coeur, c’est certain que je privilégierais une offre pour garder la vocation actuelle», clame-t-elle.

Le duo se félicitait tout de même d’avoir réussi à présenter leur produit depuis six ans à Trois-Rivières. «On a amené quelque chose de différent. Le burlesque, les Drag Queens, le côté un peu plus grivois, on a osé! Je pense qu’on peut être particulièrement fier de ça, d’amener une autre culture, plus éclatée qui rappelle les grandes villes. On n’en retient que du positif», ajoute Martin Bouchard.