Julie Massicotte sera à Trois-Rivières pour présenter son spectacle Je ne suis qu’une chanson.

Le bonheur retrouvé de Julie Massicotte

TROIS-RIVIÈRES — Julie Massicotte déborde d’enthousiasme. C’est sa manière d’être, toujours passionnée et profondément amoureuse de la musique. «Je vais mourir chanteuse», lance-t-elle. Il est vrai qu’elle a eu un passage à vide. Un moment où elle se sentait dans les bas-fonds du désespoir. Un moment où, près de la station de métro Mont-Royal, elle a fondu en larmes parce qu’elle croyait son rêve de devenir chanteuse perdu pour toujours. Elle venait de terminer son premier quart de travail à la SAQ, une expérience qui lui sera salutaire mais qui, sur le coup, a cristallisé un sentiment d’échec qui s’était enraciné sournoisement après son élimination de l’émission La voix quelque temps auparavant.

Pourtant, en entrevue, un pluvieux avant-midi d’octobre, Julie Massicotte a des projets à annoncer et ne s’apitoie nullement sur son sort. Au contraire, elle avoue que ce passage douloureux lui a permis de rebondir, de lâcher prise. Elle dit ces deux mots avec un sourire en coin, sachant fort bien qu’ils sont utilisés à toutes les sauces mais qu’il est aussi possible qu’ils remplissent leurs promesses. C’est avec les yeux pleins d’eau qu’elle appuie sa théorie. «Ça rebondit quand tu arrêtes de t’accrocher comme un chien après son os.»

Son travail comme conseillère en vins lui aura permis de mieux s’enraciner, pour se protéger des envolées euphorisantes dont la chute est douloureuse. «Il n’y a rien de glamour là-dedans mais c’est une job que je respecte. Ça m’a apporté tellement la bonne affaire. Ça m’a fait prendre conscience que le show-business c’est un monde tellement à part. Ça m’a donné le bol d’humilité dont j’avais besoin.»

Depuis trois ans, son gérant, Frederic Durso, l’accompagne dans son cheminement artistique. «Mon gérant me disait: ‘‘La voix ç’a été une chose mais il faut que tu chantes.’’ Si je ne vendais que du vin, il me manquerait quelque chose. J’ai atteint un bel équilibre. Ça me tente toujours de monter sur scène. Quel privilège! Mais ce travail m’a ouvert les yeux sur le fait que je ne savais pas que chanter. Ça te ramène aux vraies affaires.»

Des projets...

Voilà que, maintenant, elle est dans plusieurs projets emballants qui respectent certains critères essentiels qu’elle a établis: être entourée de gens qu’elle aime et fournir une possibilité de grandir comme artiste.

C’est donc avec la fougue qu’on lui connaît que Julie Massicotte sera à Trois-Rivières le 13 octobre pour présenter le spectacle qu’elle promène depuis un certain temps dans la province, Je ne suis qu’une chanson, dans lequel elle interprète des grands succès de Ginette Reno. Elle a même tiré, de ce projet, un album live qui vient tout juste de voir le jour. Une grande fierté pour la chanteuse qui compte déjà deux autres albums dans sa discographie. Elle est aussi fort emballée par le spectacle Les Trifluviennes arrivent en ville qu’elle prépare minutieusement avec ses deux grandes amies Fabiola Toupin et Manon Brunet. «On va parler de Trois-Rivières et du sentiment d’appartenance. On est trois grandes émotives et trois grandes amies. Ce sera très intéressant.» Six représentations sont d’ailleurs prévues à l’église St.James en septembre 2019. Ce sera un portrait personnel et féminin de la ville de Trois-Rivières livré par trois interprètes tissées serrées. «J’ai chanté avec tout le bottin de l’Union des artistes et il n’y a personne avec qui la chimie est aussi forte qu’avec Fabiola et Manon. On se connaît tellement», raconte la Montréalaise d’adoption qui confie que le spectacle sera un mélange d’humour, de chansons, de théâtre et de poésie.

Puis, preuve que le lâcher-prise a fait son œuvre, un autre projet lui est arrivé dernièrement comme un cadeau. Celui d’interpréter des chansons de Dalida dans un spectacle qui s’intitule Les immortels et qui fera revivre également les chansons de Gilbert Bécaud, Édith Piaf, Johnny Hallyday et Joe Dassin. Même si l’encre du contrat est à peine sèche, elle prédit un passage à la salle Thompson pour ce spectacle qui devrait se promener dans la province.