Louis Champagne et André Robitaille incarnent respectivement Hardy et Laurel, le légendaire duo humoristique.

Laurel et Hardy: pour être étonné, rire et apprendre

Trois-Rivières — Le légendaire duo Laurel et Hardy a marqué la sphère artistique. En plus d’avoir établi les fondations d’une dynamique qui fera des petits, le duo a eu un vécu peu banal. «Leur histoire est fascinante! C’est 30 ans de carrière, et plus même, dans une époque où tout était à faire», mentionne André Robitaille qui incarne Laurel dans la pièce de théâtre portant le nom du célèbre duo. Ce spectacle mijote dans son esprit depuis 6 ou 7 ans et il se réjouit d’avoir mené à terme cette création d’ici.

«Quand je me suis mis à fouiller la vie des deux gars, je me suis rendu compte qu’il y avait une richesse dramatique mais aussi comique. L’amitié entre les deux hommes qui travaillent ensemble pendant 30 ans, pour moi, c’était inspirant pour faire un projet théâtral où on peut apprendre, rire et être touché», mentionne celui qui, fasciné par la dimension innovatrice du duo et le slapstick, a guidé le travail des auteurs Patrice Dubois et Luc Michaud.

Qui dit création, dit aussi ajustements. «Il faut se donner ce luxe-là. Il y a eu des changements notamment en écoutant le public et en se mettant sur la mesure avec les acteurs qu’on a. Par contre, le show il est fixé depuis plusieurs représentations et il est efficace», se targue le comédien qui avoue être bien entouré. «C’est dur à inventer la complicité. Avec Louis (Champagne qui incarne Hardy), on l’avait déjà. C’est pour ça que j’ai pensé à lui pour faire le show. On se connaît depuis longtemps. On a un pas en avant et il le faut! Il faut s’aimer parce qu’on est nez à nez pendant une heure et demie. On est collé, couché l’un sur l’autre. C’est la même chose avec la troupe. Les sept autres actrices et acteurs sont des amis, des gens très proches. On donne vraiment un spectacle de troupe, d’équipe. On s’amuse fort et on travaille très fort aussi.»

Le style physique du slapstick et la mécanique qu’il faut bien huiler pour maximiser l’impact sur le public font partie des défis qu’André Robitaille et sa troupe ont eu le bonheur de relever. «C’est plus éreintant de répéter parce qu’il y a des essais et des erreurs.»

«Tout est calculé au centimètre près et on sue en masse!»

Il est évident que les multiples facettes du spectacle le rendent intrigant. «Notre ambition c’était de raconter leur histoire autant au cinéma que dans la vraie vie. On réussit avec les moyens que le théâtre nous donne. On refait des scènes classiques qui les ont mis sur la map et ça donne des prouesses scénographiques et physiques.» Pour essayer d’illustrer le côté grandiose, il glisse que le spectacle fait Broadway. «Mais c’est peut-être un peu prétentieux, on n’a pas le même argent», rigole-t-il.

Par cette affirmation, il veut surtout mettre en lumière l’aspect soufflant et surprenant de la pièce qui est agrémentée de danse et de musique.

«C’est un objet assez original. On doit s’attendre à de l’étonnement et, tout à coup, à rire et à apprendre. Quand on touche à ces trois sphères, on vient de faire notre mission.»

Bien que Laurel et Hardy aient marqué les années 20 et 30, il n’y a pas d’âge pour apprécier le spectacle qui s’arrêtera à la salle J.-A.-Thompson le 28 septembre. «Qu’on connaisse ou non Laurel et Hardy, on s’en fout. On apprend sur un duo qui a marqué l’histoire de l’humour et du cinéma.»

D’ailleurs, l’équipe a bien hâte de prendre place sur les planches à Trois-Rivières.

«Il y a quelque chose de magnifique dans votre salle pour les années 20 et les années 30. Il y a quelque chose d’esthétique dans le décor de cette salle», confie André Robitaille. «Ces shows-là, on est obligé de penser qu’ils restent à Montréal mais avec Monarque, la compagnie que j’ai avec Mario Provencher, on décide de se promener. Ce n’est pas pour rien qu’on a appelé ça Monarque, on est comme un papillon qui se promène. Il y a un risque d’affaires mais il faut être certain de son spectacle et notre show, il est bon, alors on est fier de se promener.»