L'Oscar pour le meilleur montage sonore attribué au film L'arrivée a provoqué un grand élan de joie dans la salle du club de golf de Gentilly et particulièrement à la table d'honneur à laquelle prenait place Nicole Demers, mère de Denis. À sa droite, on reconnaît le producteur québécois bien connu Rock Demers.

L'attachement avant les statuettes

Denis Villeneuve avait beau se trouver physiquement à des milliers de kilomètres de Gentilly, il était bien présent dans la salle de réception du club de golf local à travers le coeur des quelque 220 personnes venues l'acclamer sans égards aux Oscars remportés ou pas.
Discret dernièrement, le cinéaste de Gentilly a émergé de sa plongée dans les profondeurs de Blade Runner 2049, son très attendu prochain film, pour démontrer que son attachement à son village natal n'est pas qu'un vain mot. Dans les entrevues de samedi, ses premières depuis quelques semaines, Villeneuve s'est fait un devoir de dire qu'il était particulièrement touché de savoir qu'on avait mis sur pied une soirée en son honneur à Gentilly. 
Ce que le public présent a cru être le clin d'oeil ultime, c'est quand, sur le tapis rouge du Dolby Theater de Los Angeles, Villeneuve a profité de l'immense visibilité et du micro qu'on lui offrait pour saluer, en français s.v.p., les gens de Gentilly. Le public présent au club de golf n'avait pourtant pas tout vu: à 20 h 25, cinq minutes avant le début officiel de la cérémonie, on a diffusé un très court vidéo de Denis s'adressant aux gens réunis pour lui. «Juste un mot pour vous dire à quel point votre présence et votre appui me touchent. Pour mon équipe et moi, c'est déjà une énorme victoire, ces huit nominations. C'est pourquoi je veux que vous sachiez que quoi qu'il arrive ce soir, je vais repartir avec le sourire et le coeur rempli de joie. Je ne m'attends pas à gagner mais si jamais on en gagne ne serait-ce qu'un seul, je vous promets qu'on va fêter en ...»
Les parents de Denis Villeneuve, Jean et Nicole, étaient particulièrement fébriles avant le début de la cérémonie de remise des Oscars qu'on présentait sur écran géant au club de golf de Gentilly dimanche soir.
À ce moment, il a fallu lire sur les lèvres du cinéaste pour y décrypter un solide juron silencieux en référence à la petite armoire qui abrite le ciboire à l'église. Il faut croire que le public a une bonne lecture labiale puisqu'il s'est joyeusement esclaffé. 
«Je vous souhaite une super belle soirée, merci beaucoup tout le monde!», a terminé le Gentillois. Ces précieuses secondes de vidéo volées à un horaire inimaginable pour le commun des mortels ont été un cadeau inespéré et de toute dernière minute (les organisateurs ne l'ont reçu que vers 17 h) venant confirmer le profond attachement qui unit ce très grand cinéaste à sa région d'origine. 
Inutile de dire que les parents de Denis Villeneuve étaient pour le moins fébriles peu après leur arrivée au club de golf. «Je ne saurais dire si c'est la remise des Oscars ou la réception ici qui me fait cet effet, mais j'ai le coeur qui bat comme si j'avais couru un marathon! commentait Nicole Demers, la mère du cinéaste. C'est une magnifique réception: les gens qui ont mis ça sur pied ont du génie, je trouve.»
Moment fort d'une fin de semaine de grandes émotions, les parents Villeneuve ont reçu un coup de fil de Denis samedi après-midi. «Ç'a été un grand bonheur, commentait sa mère. Ça fait des semaines qu'on ne s'était pas parlé parce qu'il est extrêmement occupé et on respecte ce qu'il a à vivre, évidemment. Il a été grippé ces derniers jours mais samedi, il se sentait mieux et il avait hâte à la cérémonie. Il a aussi redit qu'il n'avait pas d'attente. C'est sûr qu'il aimerait gagner un Oscar mais je le crois quand il dit qu'il va être heureux s'il ne remporte rien.»
Il a aussi raconté l'épisode loufoque de la rencontre officielle avec les réalisateurs en nomination pour le meilleur film en langue étrangère. C'est lui qui leur servait de parrain hollywoodien, en quelque sorte, et lors de la rencontre, il a présenté une imitation clownesque du personnage central du film allemand Toni Erdmann dans un dialogue préparé avec sa fille Salomé. 
«J'ai tellement reconnu l'ado qu'il était, de dire sa mère. Lui, les déguisements, il adore ça. Vous savez, Denis est très drôle. Ce n'est pas un côté de lui qu'on voit beaucoup publiquement, parce qu'il est discret, mais je peux vous le confirmer.»
À la suite des entrevues avec les nombreux médias présents, les parents Villeneuve ont reçu les voeux de plusieurs personnes présentes qui tenaient à les saluer et à leur confirmer que, comme eux, ils se croisaient les doigts pour la suite. Il était pourtant clair que personne n'allait quitter la salle déçu si L'arrivée ne remportait aucune statuette. 
«Pour nous, d'indiquer Steve Brunelle, membre du comité organisateur, c'est une victoire sur toute la ligne. On a eu au moins une trentaine de bénévoles sortis d'on ne sait où cet après-midi pour venir monter la salle. On a reçu environ 220 personnes un dimanche soir alors qu'on sait que ça ne se terminera pas tôt et tous semblent heureux d'être là. Plus important encore, je pense que ça fait du bien de vivre un événement rassembleur et positif de la sorte.»
«En plus, ça rayonne à l'extérieur. On a fait une recherche et on a recensé des textes qui se sont écrits cette semaine sur Denis à travers le monde et dans chacun, il mentionne Gentilly. Je pense que ça démontre la profondeur de son ancrage.»