La carrière de Maude Guérin a pris un tournant exceptionnel depuis un peu plus d’une dizaine d’années avec les rôles qui se multiplient. La comédienne aimerait pourtant jouer un peu plus souvent au cinéma.

L’appel du grand écran

Trois-Rivières — Malgré qu’elle ait eu le privilège d’interpréter beaucoup de rôles fascinants au cours de sa brillante carrière et davantage depuis une dizaine d’années, Maude Guérin conserve quand même au fond d’elle un tout petit regret: elle n’a pas joué aussi souvent qu’elle l’aurait voulu au cinéma.

Notez, c’est peut-être parce que le théâtre a pris énormément de place dans son parcours mais tout porte à croire que la tendance pourrait s’inverser. Du moins si on se fie à une performance qui a renversé le public comme bien des critiques: son interprétation de Joe dans Chien de garde, le surprenant candidat canadien malheureux dans la course à l’Oscar 2019 du meilleur film en langue étrangère. Il a cependant valu à la comédienne le prix de la meilleure interprétation premier rôle féminin dans le cadre du Gala Québec Cinéma.

«Ce tournage a été précieux pour moi parce qu’il m’a permis de rencontrer Sophie Dupuis qui est devenue une amie proche. Je ne suis pas quelqu’un qui devient facilement intime avec les gens et c’est arrivé avec quelques membres de cette équipe. Ç’a été une expérience très intense. Au cinéma, je trouve que les choses se passent ou ne se passent pas. Là, ça s’est vraiment passé et c’est probablement ce que le public a ressenti en voyant le film.»

«Moi, j’ai eu beaucoup de plaisir dans des conditions vraiment spéciales. Je répétais au théâtre en même temps qu’on tournait le film de nuit dans un tout petit 3 1/2 pas loin de chez moi. L’ambiance était unique. Ce n’est pas un rôle pour me faire bien paraître physiquement mais moi, je n’ai pas peur de ça, ne pas être belle à l’écran. Je me cache derrière mon personnage alors je n’ai pas cette pudeur-là.»

«Même si j’ai été comblée et très chanceuse dans ma carrière pour la qualité des rôles qu’on m’a offerts, je n’ai pas travaillé beaucoup pour le cinéma et je le regrette un peu. Si d’autres projets intéressants se présentent, j’aimerais ça en faire de nouveau. Le cinéma implique un rythme de travail plus lent que j’apprécie particulièrement.»

Depuis la sortie de Chien de garde, gros succès critique, les offres n’ont pourtant pas afflué pour l’actrice mauricienne. «Les gens pensent que je suis très prise. C’est ce que m’a dit un réalisateur français qui travaille à Toronto et qui me croyait trop occupée pour oser me proposer un rôle. On est au Québec, ici, et la vérité, c’est que les scénarios n’affluent pas. Même pour Chien de garde, je suis passée par le processus des auditions.»

Malgré sa présence au petit écran avec 5e Rang, il y a de la place dans la vie de la comédienne pour d’autres projets. Il faudra attendre pour connaître le destin de la série télévisée à la merci des cotes d’écoute. «Notre métier en est un d’incertitude constante et c’est ce qui fait qu’il est à part. Moi, je vis bien avec ça, confie la comédienne. J’ai souvent des doutes mais depuis une bonne dizaine d’années, je n’ai pas arrêté sans savoir longtemps d’avance ce qui s’en venait et je suis vraiment super heureuse. L’incertitude nous donne de la fébrilité en abordant de nouveaux projets.»

Elle en a un, justement, qui se dessine en compagnie de Christian Vézina. C’est l’interprétation sur scène de Love Letters. «C’est un spectacle tout simple parce qu’on lit simplement la correspondance entre deux amoureux mais c’est vraiment un spectacle magnifique qu’on va promener à travers le Québec. Pour moi, qui suis une amoureuse des mots, c’est vraiment un délice de présenter ça. On n’a pas de date prévue pour Trois-Rivières encore mais on va aller à Shawinigan le 9 février et aussi, pour mon grand bonheur, à La Tuque le 16 mars.»