Le Trifluvien Tommy Joubert a reçu d'excellentes critiques pour son rôle dans Footloose.

L'antidote au doute de Tommy Joubert

Tommy Joubert adore les comédies musicales. La musique aussi. Pourtant, jamais l'idée d'auditionner pour Footloose ne lui aurait passé par la tête. Jamais. Il n'a aucun complexe à chanter les plus grands succès de Broadway dans son salon mais, pour ce comédien récemment sorti de l'école de théâtre, il n'envisageait pas la possibilité de le faire un jour sur la scène du Saint-Denis. Et surtout pas dans une production signée Juste pour rire.
«C'est imprévu. Je ne me considère pas comme un chanteur dans la vie. J'ai eu des cours de chant à l'école de théâtre mais ça se résume à ça. C'est mon agente qui m'a proposé de participer aux auditions», raconte-t-il en soulignant la crainte qui s'est manifestée à ce moment. Du doute gros calibre.
Elle lui a proposé d'écouter la version cinématographique et de prendre la décision par la suite. «Je me rappelle de voir le personnage de Willard, celui que je joue, et de me dire:"C'est lui que je vais jouer"».
Ce n'était par ailleurs pas gagné d'avance. L'audition ne s'est vraiment pas déroulée comme il l'aurait espéré.
«Ça n'a tellement pas bien été. Ce n'est pas de la fausse modestie, ce n'était vraiment pas bon», se remémore-t-il en riant. «Serge Postigo (le metteur en scène) m'a demandé de sortir et de prendre 20 minutes pour mieux revenir. Je ne voulais pas, je lui disais que je connaissais la chanson et que je pouvais la faire.» Le metteur en scène a insisté et a clos la conversation par «Tu sors!»
«C'était super intimidant», convient le Trifluvien qui, après cette pause, a livré une performance qu'il qualifie de «correcte».
Dans ce contexte, il était «hyper surpris» d'avoir un rappel et encore davantage quand Serge Postigo lui a annoncé, après cette deuxième audition, directement sur la scène du Saint-Denis, que c'est lui qui avait le rôle de Willard, le meilleur ami du personnage principal Ren McCormick (Philippe Touzel). «Serge m'a donné une deuxième chance et c'est cette deuxième chance qui a fonctionné», se réjouit-il.
L'ancien étudiant de Chavigny et du Cégep de Trois-Rivières a empoigné cette opportunité avec détermination et a travaillé d'arrache-pied pour vaincre cet envahissant syndrome de l'imposteur. «Je pense que j'ai trouvé ma place avec le temps. J'ai confiance en moi. La gang est tellement merveilleuse. On s'encourage, on se pousse, on s'aide...»
L'entraide et le soutien de l'équipe lui permettent de repousser ses limites... au prix de quelques muscles endoloris. «J'ai eu des répétitions avec le chorégraphe Steve Bolton. J'étais trois heures seul avec lui et il essayait de me faire danser. Je n'ai tellement pas la shape d'un danseur. Je n'ai jamais eu mal aux cuisses de ma vie comme ça!», lance-t-il en soulignant que la machine Juste pour rire peut faire peur au départ mais que l'encadrement écarte rapidement toutes les appréhensions.
Critiques dithyrambiques
Les doutes les plus tenaces qui subsistaient toujours après toute cette préparation se sont dissipés après la première. Les critiques dithyrambiques qui ont été publiées dans les différents médias lui ont permis de constater que le travail acharné n'est pas passé inaperçu.  «Je suis vraiment touché», souffle-t-il avec un ton modeste. «Le personnage est un peu écrit comme ça. Il est attachant, il est drôle, il a des punchs. En tant qu'acteur, je trouvais que ce personnage avait du jus. C'est surprenant, touchant et ça me permet de penser que je ne fais pas ça pour rien et que j'ai peut-être trouvé ce que j'aime faire», souligne le jeune homme de 25 ans.
«J'aimerais que ça ne soit pas ma dernière comédie musicale. Maintenant que j'ai le pied dedans, je me sens bien. Je sens que je peux développer une autre facette de mon métier d'acteur», mentionne le sympathique comédien qui souhaite parfaire ses aptitudes de chant pour se donner les moyens d'attirer d'autres projets semblables.
En plus de Tommy Joubert, deux autres Mauriciens évoluent dans la production montréalaise, soit David Corriveau et Geneviève Bournival. «Il y a un esprit de famille. À chaque fois qu'on rencontre des gens qui viennent de la Mauricie ou de Trois-Rivières,  il y a une chimie qui se passe. Il y a toujours une certaine crainte quand tu arrives dans une production de ne pas bien t'entendre avec les gens avec qui tu joues. Avec Geneviève, qui joue ma blonde, on s'est bien entendu tout de suite. On a un beau duo», expose-t-il.
Footloose est présentée jusqu'au 5 août au Théâtre Saint-Denis à Montréal.