Le directeur exécutif création de 45 Degrees Daniel Fortin, à gauche, et le directeur musical des spectacles hommage Jean-Phi Goncalves étaient excités de présenter l’album "Stone" aux Trifluviens vendredi soir.

L’album Stone prend forme

TROIS-RIVIÈRES — Preuve supplémentaire de l’attachement de la bande de 45 Degrees à l’équipe de l’amphithéâtre et à la population locale, ils étaient plusieurs vendredi soir à venir offrir en exclusivité les chansons de l’album "Stone" qui sortira officiellement le 18 mai prochain.

Jean-Phi Goncalves, l’homme de musique et la force première derrière cette initiative, était venu rencontrer son public en compagnie de Daniel Fortin, directeur exécutif création chez 45 Degrees, une compagnie du Cirque du Soleil et Jean-Guy Legault, metteur en scène du spectacle. Dans le cadre d’un 5 à 7 qui réunissait bon nombre d’invités trifluviens au Cabaret de l’Amphithéâtre, Fortin et Goncalves se sont adressés au public succinctement pour laisser la place aux véritables vedettes de la soirée: Valérie Carpentier qui a offert en direct sa version de Call-Girl et Betty Bonifassi qui a elle aussi repris sa chanson de l’album, Oxygène, devenue, sous sa voix, particulièrement troublante.

Les organisateurs de la soirée avaient cependant réservé une surprise de choix au public présent: Luc Plamondon, en direct de Paris en son et en images. Le parolier a conversé directement avec Jean-Phi Goncalves et le public depuis le balcon de son appartement situé carrément au pied de la Tour Eiffel qui se dessinait majestueuse et brillante dans la nuit parisienne. S‘il a semblé légèrement confus à certains moments, parlant au départ de l’amphithéâtre de Sherbrooke, il reste que Luc Plamondon apparaissait excité de participer à ce qui s’apparentait à un lancement officiel de l’album.

«Je suis vraiment très heureux que vous ayez fait ce disque qui vient me rappeler la soirée merveilleuse que vous m’avez fait passer l’été dernier. On m’avait dit, au tout début de l’aventure, que ce serait un spectacle de femmes et c’est vrai que j’ai beaucoup écrit pour des femmes. Mais d’entendre les interprétations extraordinaires de ces nouvelles voix donner une seconde vie aux chansons m’a bouleversé. Je pense à Ariane Moffatt qui m’a fait pleurer avec S.O.S. d’un terrien en détresse, à Betty Bonifassi, à Klô Pelgag... Je ne veux pas toutes les nommer de peur d’en oublier mais j’ai trouvé ça extraordinaire. Récemment, j’ai vu mourir des interprètes de Starmania comme Maurane ou France Gall et je trouve merveilleux que de plus jeunes prennent la relève.»

«Merci à Jean-Phi pour son travail génial et à vous tous, je dis au revoir parce qu’on va se revoir pour Notre-Dame-de-Paris au mois d’août. J’y serai.»

Il ne s’agissait pas d’une pure exclusivité pour les Trifluviens puisque la veille, une écoute avait été organisée pour des médias montréalais. «Je trouve que la réaction a été bonne, de commenter Jean-Phi Goncalves, mais nous, on est juste contents que ça sorte. Il s’est passé quelque chose de spécial avec le spectacle de l’an dernier et on trouvait important que ça survive.»

«Ça tient surtout, je pense, qu’on a fait vivre l’œuvre de Plamondon avec de magnifiques voix québécoises, d’indiquer Daniel Fortin. Il y a la musique et le travail exceptionnel de Jean-Phi, bien sûr, mais ces 15 voix ont beaucoup apporté. On est habitués d’entendre les chansons de Plamondon avec les voix originales mais là, je trouvais qu’on ramenait ces chansons à aujourd’hui. Ça ne se voulait pas nostalgique, c’était essentiellement un hommage respectueux à l’œuvre. Que de jeunes voix chantent ça, j’ai trouvé ça magique.»

«Avant, de poursuivre Fortin, on mettait la musique dans nos propres appareils pour la réécouter mais maintenant, on vit le privilège de le partager avec le grand public. On a eu tellement de demandes pour un album à chaque année. Les gens quittent l’amphithéâtre en demandant s’il va y avoir un album. Cette fois, Jean-Phi a mis tout son poids pour que ça se réalise et je l’en remercie.»

«Il y avait quelque chose de très émotif par rapport à cette musique-là et par rapport à toute l’équipe de ce spectacle, d’ajouter Goncalves. Qu’on ait pu réunir toutes ces jeunes voix qui donnent une nouvelle âme aux chansons, c’était crève-cœur de ne pas prolonger ce plaisir. Non pas que les précédents spectacles n’en valaient pas la peine mais c’était tellement particulier cette année que ça aurait été trop dommage de ne pas faire l’album.»

Après un album, verra-t-on un jour le DVD de l’un ou l’autre des spectacles? «Pour le moment, on n’y a pas pensé, admet Daniel Fortin. Il faut dire que ce qu’on fait ici est particulier. On adore Trois-Rivières. On fait les spectacles pour les gens d’ici et pour faire venir des gens ici. Le fait que ce ne soit présenté que vingt fois, ça rend le spectacle très précieux à cause de sa rareté. Chaque représentation est un moment unique et très touchant. C’est un happening exclusif et c’est important que ça reste ainsi.»