Marie-Andrée Levasseur est fière de son équipe qui a créé de toutes pièces Colorier Colorer Couleurer, une exposition itinérante.

Lâcher lousse sa créativité avec Colorier Colorer Couleurer au Centre d’exposition Raymond-Lasnier

Trois-Rivières — La volonté de Culture Trois-Rivières de faire les choses différemment en arts visuels, notamment, est démontrée une fois de plus avec la création d’une toute nouvelle exposition dont le vernissage aura lieu le 23 novembre. La créativité de l’équipe résonne très fort avec Colorier Colorer Couleurer qui sera présentée jusqu’au 19 janvier au Centre Raymond-Lasnier. C’est la première fois qu’une exposition est entièrement produite à Trois-Rivières ce qui attise grandement le sentiment de fierté de la directrice des arts visuels, Marie-Andrée Levasseur, qui mijotait le projet depuis plusieurs années.

«On veut montrer à l’enfant qu’il crée pour lui et, comment il va le faire, c’est son identité à lui. Il y a plusieurs façons de créer et s’il fait les choses différemment, c’est correct aussi!», raconte Mme Levasseur lors d’une visite des coulisses de l’exposition.

Le point de départ du concept est le livre Tirer ses ficelles, écrit pour l’occasion par Diane Longpré, qui établit les bases pour cette exposition participative.

L’histoire est celle d’un personnage qui vit sur une île très colorée et qui constate après quelques jours de pluie que toutes les couleurs de ce petit paradis ont disparu.

Ainsi la mission de l’enfant sera de jouer les héros chromatiques pour redonner au paysage imaginaire toutes ses nuances.

La première station est une animation image par image réalisée par Suzie Bergeron qui raconte à l’aide d’un personnage non genré les prémices de l’histoire. Il faut dire d’emblée que chacun des artistes retenus dans le cadre de ce projet l’a été en fonction de sa démarche artistique respective, ce qui permet également de démocratiser l’art actuel pour le jeune public.

La seconde station est l’œuvre d’Ève Tellier-Bédard qui a reproduit de grands jardins de fleurs imaginaires sur des toiles dont le fini permet l’utilisation de marqueurs effaçables à sec. Ainsi les petits (et grands visiteurs) pourront colorier, colorer ou couleurer, selon leur personnalité, les grands tableaux.

À ce propos, l’équipe a aussi bâti un questionnaire où les participants pourront définir quel type de personnalité créative leur convient le mieux. Bien que le petit outil soit ludique, il a été créé sérieusement avec l’aide de la firme Concordia.

La visite, qui peut aussi s’effectuer de façon non linéaire, se poursuit avec le troisième chapitre où les enfants découvriront une œuvre de Valérie Morrissette qui représente un arbre tout blanc dénudé de feuilles. Ce sera aux participants de sélectionner parmi les feuilles de couleur celles qu’ils préfèrent pour remettre l’éclat dans cet arbre dénudé. C’est un peu comme un automne inversé. Un peu plus loin, ils ont la possibilité de jouer avec le mélange des couleurs à l’aide de plexiglas colorés qui pourront être juxtaposés à l’intérieur d’une petite maison qui abrite une dame qui, selon le récit, soigne les cœurs. Cette création est le fruit du travail de l’artiste Martin Brousseau.

Toute communauté n’est pas complète sans un jardin. Celui de Geneviève Baril donne envie de manger des légumes de toutes les couleurs. Ses créations en céramique (mais résistantes aux petites mains maladroites) permettont de remettre la couleur dans le potager où les graines sont suspendues et les légumes poussent dans les airs. Il y a également un volet technologique qui se matérialise par l’entremise de l’entreprise Cinétic qui utilise un écran interactif pour permettre aux enfants de créer des dégradés qui évoquent les couchers de soleil ou de soleils, il n’y a pas de limite dans cet univers où toutes les folies sont permises et encouragées. Cette création pourra se faire en effectuant de grands mouvements des bras, ce qui permet d’y ajouter une dimension physique.

L’exposition se veut donc un lieu privilégié pour encourager les enfants à ajouter leur touche aux éléments exposés. Ils seront donc libres des contraintes habituelles qui les empêchent de toucher et d’être impliqués dans la création.

Un grand atelier est également installé pour encourager leur élan créatif. Une activité de création familiale est aussi organisée certains dimanches, soit les 1er, 8 et 15 décembre de même que le 12 janvier. Il est important de réserver sa place même si l’activité est entièrement gratuite. Dre Nadia offrira également une conférence sur le Perfectionnisme, c’est sain ou malsain? qui se tiendra le 8 décembre à 10 h 30 à la salle Louis-Philippe-Poisson. Les billets sont disponibles en bibliothèque.

Sur la route...

L’exposition prendra la route au terme de sa présentation à Trois-Rivières. Plusieurs institutions l’ont déjà réservée, et ce, avant même de l’avoir vue, signe de la confiance qu’ont les intervenants du milieu envers l’équipe trifluvienne. Jusqu’à maintenant cinq institutions accueilleront cette création trifluvienne, ce qui fait dire à Marie-Andrée Levasseur qu’il y avait un besoin pour ce genre de projet qui s’adresse principalement (mais pas exclusivement) aux 3 ans à 10 ans.