Annie Cantin lance son roman Un trou dans le cœur qui s’adresse aux 9-12 ans.

La volonté d’aider par l’écriture

TROIS-RIVIÈRES — Annie Cantin a un besoin viscéral d’écrire depuis qu’elle a 12 ans. Entre son rôle de maman et sa garderie à la maison, elle a trouvé du temps pour concrétiser sa passion. Avec beaucoup de fierté, celle qui a maintenant la mi-quarantaine, lance Un trou dans le cœur, un roman pour les 9-12 ans qui aborde le délicat sujet du deuil.

«C’est un sujet important et je n’ai pas trouvé grand-chose là-dessus. J’ai essayé de faire des recherches et il n’y a pas beaucoup de livres pour les enfants qui les aident à comprendre et qui leur disent que c’est normal.»

Pour traiter de ce sujet délicat, elle s’est appuyée sur sa propre expérience du deuil. «À 14 ans, ma cousine est décédée, c’était comme ma sœur. Tout comme dans le livre, quand j’ai recommencé à rire, je me sentais coupable. Je me demandais si j’avais le droit de rire même si j’étais encore triste. Ce sont des questions qu’on se pose... parce que, parfois, on se sent presque coupable de continuer à vivre normalement. C’est le message que je voulais passer. C’est normal d’avoir de la peine et tu as quand même le droit d’avoir du plaisir.»

Elle s’est glissée dans cette histoire en douceur, confiante de l’apport qu’elle pourrait amener à des enfants touchés par une telle situation. «Je voulais vraiment essayer d’aider les enfants. Pour moi, il y avait des choses évidentes car je les avais vécues.»

Le récit est celui de Mélizane, 11 ans, qui, après avoir perdu sa mère, doit faire son deuil et réapprendre à vivre avec ce vide immense qui lui troue le cœur. Grâce à la présence bienveillante de ses amies, elle réapprendra à rire, malgré la tristesse, sans être étouffée par ce sentiment de culpabilité. De plus, amoureuse des crêpes, elle utilisera le cahier de ses recettes préférées, préparé par sa mère, pour garder bien vivante la mémoire de sa tendre maman partie trop vite. Le livre compte trois parties. Une histoire livrée par un narrateur, une portion journal intime et un cahier de recettes qui regroupe les plats préférés de Mélizane. Chacun des segments est autant de manières de toucher les jeunes lecteurs. «J’ai toujours aimé les journaux intimes. Le format journal passe bien. Je trouve que tu rentres plus dans la vie du personnage», confie l’auteure qui adore aussi faire la cuisine. Son roman est également agrémenté d’illustrations qu’elle a elle-même réalisées.

Un trou dans le cœur est le deuxième ouvrage d’Annie Cantin. Elle avait déjà publié un album, Georgette la moufette, qu’elle avait écrit et illustré. Sa plus récente création est notamment disponible à la Librairie Poirier de Trois-Rivières.