La fille de Sylvain Cossette, Beth, a été acclamée par trois juges.

La Voix: une raison de se réjouir

TROIS-RIVIÈRES — Dans une spéciale «Halloween en mars» sous le thème de la peur, la quatrième émission des auditions à l’aveugle de La Voix a apporté à la Mauricie une déception et à peu près la moitié d’une satisfaction.

Comment j’en arrive à ce calcul? D’abord, Anthonny Leclerc, de Trois-Rivières, n’a été retenu par aucun des coaches. Dommage. Ça ne nous empêche cependant pas de faire de l’appropriation génétique et de considérer que Beth Cossette, acclamée par trois juges, est à demi Mauricienne étant la fille du très Grand-Mérois Sylvain Cossette. Comme elle est officiellement de Montréal, on coupe la poire en deux et on en prend une demie. Ça me paraît honnête.

Retour sur Anthonny Leclerc, 26 ans, bien connu pour son excellent travail au sein des Productions de la 42e Rue, notamment. La musique est familiale, chez les Leclerc, au point où,dans l’entrevue précédant sa chanson officielle, sa mère, sa sœur et lui ont chanté Mes blues passent pus dans porte dans un joli a capella.

Le garçon a montré, dès le départ, les deux facettes de sa personnalité avec son côté rationnel, organisé, puis l’autre, givré, de chanteur. Il a choisi d’épater les juges avec son interprétation de Happy Ending, de Mika dans une performance vocalement très sportive.

Les juges ont eu beau se regarder et faire des faces de wow!, ce n’était pas assez wow! pour qu’ils se retournent. Pierre Lapointe, sans doute le plus honnête des juges sur le plateau de cette émission, a dit qu’ils avaient tous hésité, qu’ils étaient à la limite de peser sur le bouton mais... Je pense que c’est Garou qui a dit qu’on sentait Anthonny timide malgré l’audace de son choix de chanson et qu’il lui faudra simplement apprendre à faire confiance à son talent. Reste que ça ne se fera pas à La Voix cette saison, merci quand même.

Ça lui prendrait des cours de yoga et de la danse, a prétendu Pierre Lapointe. On verra peut-être Anthonny à La Posture un de ces jours et, on l’espère, dans des comédies musicales, où il excelle, à la Maison de la culture trifluvienne d’ici là.

Autre scénario pour Beth Cossette qui a d’abord été présentée comme «la fille de...» sans qu’on sache de qui il s’agissait. Ce n’est qu’après que trois juges se soient retournés sur son passage qu’on a fini par savoir la fille de qui. À La Voix, on sait ménager nos effets.

La jeune femme de 28 ans a chanté, assez brillamment, C’est moi, de Marie-Mai, dans une interprétation toute en douceur et en délicatesse. Trois des coaches l’ont jugée digne d’eux. Il faut dire que la fille de... a du bagage et il n’est pas que génétique. Elle voulait prouver sa valeur propre et si j’étais son papa, je serais très fier d’elle.

Cœur de pirate a dit que c’est le fait des grands artistes que de savoir réinterpréter une chanson à sa manière singulière. Garou, qui dit avoir vu en elle une vraie artiste, a vanté l’équilibre qu’elle a su conserver entre le texte et la musique alors qu’on a toujours tendance, dans les débuts, à privilégier un aux dépens de l’autre. Très juste, M. Garou. Beth Cossette a quand même choisi Cœur de pirate. «Il est temps pour elle de briller», a conclu la tatouée.

Outre ces émotions régionales, l’émission a offert sa juste part de surprises sans atteindre le niveau de crémage émotif de la semaine précédente. On a eu droit au tout premier candidat rejeton d’un ancien de La Voix grâce à Tom-Elliot Girard, fils de Michaël, participant à la saison 5. On nous a aussi présenté une drag queen, Matante Alex, qui a poussé l’audace jusqu’à interpréter Deux par deux rassemblés dans la face, la nuque plutôt, de Pierre Lapointe. Pas archi-convaincant mais culotté en ta...

Bon, on en arrive au bilan sans lequel je sais vous n’arriverez pas à trouver le sommeil. Sachez que Cœur de Pirate et Marc Dupré ont chacun neuf candidats dans leur équipe alors que Pierre Lapointe et Garou en ont dix. Vous savez, vous ne devriez pas en faire un tel plat; à la fin des auditions à l’aveugle, dimanche prochain, ils auront tous autant de candidats dans leur équipe que Jésus en avait dans la sienne à l’époque : douze. Simple coïncidence?