Avec sa performance intense et dynamique sur la chanson You Outta Know d'Alanis Morrissette, la Shawiniganaise Elyann Quessy a conquis Éric Lapointe dimanche soir dans le cadre de l'émission La Voix.

La Voix: un tourbillon pour Elyann Quessy

L'aventure de La Voix a véritablement pris forme dimanche soir pour la Shawiniganaise Elyann Quessy qui a été choisie pour faire partie de l'équipe d'Éric Lapointe. La jeune femme de 26 ans a conquis le rockeur par son interprétation très sentie de la chanson You Outta Know d'Alanis Morrissette.
Lundi, au lendemain de la diffusion de l'émission enregistrée il y a quelques mois, la chanteuse était encore déstabilisée par le tourbillon que sa sélection a généré. «Je suis encore sur un high, a-t-elle laissé entendre en entrevue téléphonique. Tout va très vite aujourd'hui avec les nombreux messages de félicitations, les entrevues depuis tôt ce matin, etc. C'est beaucoup d'émotions.»
Il ne faut pas croire qu'elle s'en plaint, cependant. «C'est sûr que c'est très intense, mais quand c'est ce que tu veux depuis toujours, ce n'est certainement pas un problème. Aussi loin que je me souvienne, j'ai voulu faire ma vie dans le monde de la musique et c'est ce que je fais de plus en plus. Évidemment, tout ce qui m'arrive aujourd'hui est hyper soudain, mais c'est un bel avant-goût de ce que je souhaite me voir arriver.» 
Elle qui dit avoir commencé à chanter avant même de parler, normal quand son père est le chansonnier et auteur, compositeur bien connu Alain Quessy, elle ne récolte aujourd'hui que les fruits semés très tôt dans sa vie. «On m'a dit que vers 4 ou 5 ans, j'ai commencé à chanter avec mon père. J'ai même des copies de chansons enregistrées avec lui dans son studio maison. Chanter, c'est viscéral chez moi. J'en ai besoin, ça me fait du bien. Il faut que ça sorte! À travers des écoles de chant, des revues musicales,des groupes, etc. je n'ai jamais arrêté.»
Au chapitre des aventures musicales, elle mentionne son groupe hommage à Paramore, Brand New Eyes, et aussi une tournée au sein de la formation montréalaise All Access Showband qui lui a permis de se produire dans plusieurs villes d'Amérique du Nord. À travers ces engagements professionnels, elle a toujours entretenu sa folle passion pour les comédies musicales qu'elle va régulièrement voir à New York. On ne s'étonne donc pas qu'elle ait participé à des comédies musicales à Montréal en plus de chanter au sein de différents groupes se spécialisant dans les reprises de succès. «Je n'arrête jamais!», résume-t-elle.
Elle a si bien tracé son chemin qu'elle ne projetait même pas de participer un jour à La Voix. «Ce n'est pas le parcours que j'avais imaginé pour moi. J'avais des idées préconçues sur ces concepts d'émissions-là. Je voulais faire mon propre chemin mais ces dernières années, j'ai fait beaucoup de petits projets indépendants intéressants dans lesquels on travaille fort sans être payée et en ne rejoignant pas autant de monde qu'on le souhaiterait malgré le niveau de ce qu'on offre. Ça m'a amené à une réflexion.»
«Pourquoi lever le nez sur une opportunité comme celle-là? Après avoir regardé une saison au complet de La Voix l'année dernière parce que j'avais une amie qui y a participé, j'ai acquis un réel respect pour cette émission et pour les gens qui y participent. Plusieurs ont un très gros parcours artistique derrière eux. Ce n'est vraiment pas tout le monde qui chantent pour le plaisir et qui décident de participer à l'émission pour le trip pour voir la gloire leur tomber dessus tout d'un coup.»
«Le plus souvent, les candidats, ce sont des gens qui ont travaillé fort dans leur vie. C'est ça qui m'a attiré et maintenant que je suis dedans, je m'aperçois que c'est beaucoup plus humain que ce que j'avais imaginé. C'est vraiment un gros trip et maintenant, je le recommanderais à tout le monde. C'est vraiment du gros bonheur intense. Il n'y a rien comme ça!»
Pour ce qui est de son choix de la chanson d'Alanis Morrissette pour son audition à l'aveugle, il n'a pas fait l'objet d'une longue réflexion stratégique. «Dans un contexte aussi déstabilisant et stressant que La Voix, ça faisait du bien d'avoir une chanson que je chante depuis longtemps, que je connais bien et avec laquelle je me sentais bien. C'est sûr que la production a son mot à dire parce qu'on leur envoie une liste des chansons qu'on veut chanter mais il y tellement de données qui entrent en ligne de compte au moment d'une performance qu'on a vraiment besoin d'une chanson qui est solide. On n'a qu'une minute et demie pour se faire valoir alors j'y suis allée avec une chanson que j'adore et qui me représentait bien.»
La stratégie était la bonne, on l'a vu, puisqu'un des juges l'a adoptée mais il se trouve que c'est précisément le coach avec lequel elle voulait travailler. «C'est vraiment lui que j'avais en tête. Je voulais aller là pour avoir du plaisir et idéalement, qu'Éric me choisisse. C'est avec lui que j'avais envie de travailler: son chien sur la scène, sa passion, son guts, ça me rejoint totalement. En plus, il est beaucoup plus sensible que son apparence de rocker peut le laisser croire. Il est gentil et vrai; j'ai très hâte de travailler avec lui. Ça a vraiment cliqué entre nous. C'est sûr que c'est difficile pour un artiste de se faire juger sur 90 secondes de performance, sur une seule chanson, mais je pense qu'il a tout de suite saisi à quel point j'aime la scène.»
Maintenant, dans le cours des émissions à venir, la chanteuse se mesurera à d'autres participants dans les duos. «Je ne le vois pas comme des duels avec d'autres participants mais des duos où on va essayer de marier nos voix. Bien sûr, c'est une compétition, mais d'être rendue là, avec la visibilité que ça implique, c'est déjà énorme. J'ai juste hâte de présenter diverses facettes de mon art au public. Je pense que les gens vont être surpris: pour la première, je voulais marquer un point mais maintenant, l'aventure commence et je veux montrer toutes les nuances de ma personnalité.»