Catherine Laurin

La Voix: doublé pour Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — La Mauricie avait fait chou blanc à la première émission des auditions à l’aveugle dans le cadre de La Voix. Elle s’est reprise dimanche soir alors que deux de ses représentantes, Marie-Luce Béland et Catherine Laurin, étaient de la partie et les deux ont été choisies pour poursuivre l’aventure à la prochaine étape.

C’est Marie-Luce Béland qui a été la première des deux à se présenter. Une surprise, puisqu’elle ne faisait pas partie des candidats dont l’identité avait été dévoilée à l’avance quelques jours avant le début de la série.

Ce qui veut donc dire qu’il y avait au moins cinq représentants de la Mauricie à la ligne de départ cette année à La Voix, un record.

Marie-Luce Béland... souvenez-vous : 2009, Pleine lune, un gros succès. Le succès n’a pas comblé la Trifluvienne qui a senti le besoin d’écrire ses propres chansons et ça a donné un mini-album en 2014. Après, il y a eu éclipse que la chanteuse a résumé en quelques mots en prélude à son audition dimanche soir: «Pleine lune, c’était plus une chanson qu’une chanteuse. Ça a arrêté parce que j’avais besoin de me trouver comme artiste. Dans ce temps-là, j’étais une interprète et j’avais envie d’autre auteure, compositrice et interprète. Aujourd’hui, je suis rendue dans une phase de ma vie où j’ai fait un 360° pour plusieurs raisons: séparation, virement de situation. On dirait que ça m’a fait revenir à l’essentiel: la musique, l’art, la danse, tout ce que j’aime et que je ne faisais plus. J’ai pris le temps de me retrouver en tant qu’artiste et quelques années plus tard: me revoilà!»

La version d’elle-même qu’elle a aujourd’hui à offrir, elle dit que c’est la bonne. À travers son interprétation assez viscérale de Damn, dis moi de Christine and the Queens, Pierre Lapointe et Cœur de pirate lui ont donné raison. Elle s’était déjà fait une tête sur son coach idéal et c’est à Cœur de pirate qu’elle a offert son cœur à elle.

«Marie-Luce est un ouragan qui va tout détruire sur son passage. Une arme fatale», a commenté la flibustière. On verra, mais il reste qu’à 34 ans, Marie-Luce Béland vient de donner un troisième départ à sa carrière.

La seconde Trifluvienne de la soirée, Catherine Laurin, a aussi une carrière bien entamée à 25 ans. Même qu’elle l’a commencée bien, bien jeune. Le violon à 5 ans à travers sa violoniste de mère Francine Dufour. Et puis, il y a eu Les anges un projet d’un an avec Gregory Charles incluant tournée, enregistrement d’albums avec un groupe de jeunes particulièrement doués. Le mentor de l’époque, invité-surprise sur le plateau, a commenté en soulignant le talent de Catherine. «C’est un talent musical hors du commun. Sur une échelle de 0 à 10, on est en train de parler de... 400!»

C’était sans doute enthousiaste mais l’interprétation sensible, éthérée et aérienne que la jeune femme a offerte de The Great Escape a conquis deux juges un peu aux opposés du spectre: Garou et Pierre Lapointe. Personne n’a été surpris qu’elle s’abandonne au second, plus proche, si vous voulez mon avis, de sa singulière personnalité artistique.

Ça aurait été bête de refuser l’offre d’un juge qui a dit avoir entendu à travers sa voix du Kate Bush, du Beth Gibbons, chanteuse de Portishead, et que sa voix est du cristal liquide. «C’est très, très beau. Tu n’as pas besoin d’un coach, tu as seulement besoin de quelqu’un qui va t’envelopper, t’offrir l’écrin nécessaire pour t’emmener là où tu dois aller.»

Pas facile d’envoyer paître quelqu’un qui vous dit ça, avouez.

Les deux filles de Trois-Rivières poursuivront l’aventure vers le grand prix d’un contrat de disque et une bourse de 50 000 $ dans deux équipes différentes. Pour ce qu’on en sait, il reste un participant originaire de la Mauricie pour les auditions à l’aveugle: Antonny Leclerc, à moins que la production ne nous réserve d’autres surprises. Ils en sont bien capables. Parlez-en à Scott Ames, dernier candidat des auditions de dimanche pour qui on a fait venir, d’un côté, sa sœur qui habite à Moscou et de l’autre, ses parents qui habitent au Texas. Les coquins à la réalisation ne le lui avaient même pas dit.

On n’attire pas plus de 1,5 million de téléspectateurs par dimanche soir sans mettre quelques épices dans la sauce.