Ève Lisée en est à sa deuxième saison comme directrice artistique du Théâtre des Nouveaux Compagnons

La vérité grâce au talent

TROIS-RIVIÈRES — À un an de célébrer son centenaire, le Théâtre des Nouveaux Compagnons marque un dynamisme rassurant et promet à ses habitués, et aux autres, une programmation marquée par une constante recherche d’une vérité sans fard.

Trois productions sont à l’agenda concocté par la directrice artistique Ève Lisée. Elle a choisi de débuter avec une comédie qui viendra combattre la grisaille de l’automne. Il s’agit de Petit déjeuner compris, de Christine Reverho, une comédie légère en 17 tableaux réunissant une distribution d’une quinzaine d’interprètes dans la peau de clients d’une même chambre d’hôtel à travers les années. La pièce sera mise en scène par Valérie Gagné et sera présentée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau entre le 8 et le 17 novembre.

On poursuivra avec un drame de John Patrick Shanley dont on avait vu une autre pièce, Le doute, la saison dernière par le TGP. On a ici opté pour Danny et les flots bleus de l’océan, une pièce à deux personnages qu’interpréteront Célane Dodier Côte et Louis-Étienne Villeneuve dans une mise en scène, sa première à vie, d’Ève Lisée. La rencontre de deux personnages dans un bar servira de prétexte à l’exploration de leurs blessures profondes dans une œuvre que la metteure en scène qualifie de coup de poing. La pièce sera offerte du 19 au 22 janvier dans l’intimité de la salle Louis-Philippe-Poisson.

La troisième et dernière production de cette 99e saison s’intitule Festen, une pièce de Thomas Vinterberg, Mogen Rukov et Bo Hr Hansen traduite par Daniel Benoin. Les cinéphiles auront peut-être le souvenir du film du même titre réalisé par le Danois Vinterberg en 1998. C’est une histoire de grande réunion familiale qui donnera l’occasion à l’un des enfants, de confronter ses démons et d’affronter ses proches. La mise en scène a été confiée à Éric Ahern. La pièce sera présentée du 4 au 13 avril à la salle Anaïs-Allard-Rousseau.

Si le centième anniversaire de la compagnie n’a pas constitué un élément dans l’élaboration de cette saison, Ève Lisée s’est quand même inspirée de la tradition du TNC pour faire ses choix. «C’est ma deuxième année comme directrice artistique et j’ai encore beaucoup à apprendre mais je connais les Nouveaux Compagnons depuis longtemps et je sais ce qui a fait leur succès. Par exemple, la comédie qui ouvre la saison, une sorte de vaudeville, est un genre qui a souvent été exploité ici. Le drame reste dominant avec deux pièces sur trois parce que c’est quelque chose que j’aime personnellement beaucoup et j’ai trouvé deux œuvres qui vont laisser leur marque parce qu’elles sont vraiment puissantes, chacune à sa façon.»

«Le thème qui regroupe les trois pièces, c’est l’idée du réalisme et de la vérité dans les rapports humains. Ils peuvent être drôles et exaltés mais peuvent aussi se vivre dans une intense colère. Chaque pièce va aller loin, sans censure; c’est le réalisme cru des rapports humains. Je pense que ça va aller chercher les gens, peut-être aussi les bousculer. Mais il y a quand même une comédie pour équilibrer le tout même si la comédie n’empêche pas la vérité.»

«Il faut toujours penser au public, de poursuivre la directrice artistique, et tenter de plaire à une vaste majorité quand on élabore une saison, d’où l’équilibre entre drame et comédie. Tout ça en misant sur la qualité notamment dans le choix des metteurs en scène. On a de nouveaux visages et je trouvais cela important parce qu’on a toujours besoin de nouveaux points de vue sans compter qu’on pense un peu à la relève.»

Un comité planche déjà sur l’année du centième anniversaire des Nouveaux Compagnons mais dans un relatif secret puisque la direction préfère ne rien dévoiler pour l’instant. Par contre, on est à la recherche de ceux qui ont œuvré au sein de la compagnie au cours des années et qui peuvent se manifester à travers sa page Facebook. On sait également que Nicole Poisson-Trudel prépare une nouvelle publication qui portera sur les 50 années des Nouveaux Compagnons qu’elle n’avait pas couvertes dans sa première publication du genre.