Directeur général du Festival western de St-Tite, Pascal Lafrenière est également un auteur de romans jeunesse et il vient de publier le troisième tome de sa trilogie Rodéo.

La trilogie est bouclée pour Pascal Lafrenière

TROIS-RIVIÈRES — Au tout début de sa série de romans jeunesse Rodéo, Pascal Lafrenière n’avait qu’un seul roman en tête. En découvrant le plaisir d’écrire et devant la demande de sa maison d’édition, une trilogie est née. Le 30 avril sortait le troisième tome intitulé «La finale».

Les lecteurs familiers de la série ne seront pas désarçonnés par ce nouvel opus puisqu’on se retrouve en stricte continuité avec les deux tomes précédents. Le héros, Alex, vieillit au rythme où sont publiés les romans, à raison d’un par année, et se retrouve cette fois à la rentrée du secondaire II. Malgré les doutes qui l’ont tenaillé à la suite de la blessure de son meilleur ami dans le cadre d’une compétition, Alex s’accroche et affronte le rodéo de St-Tite avec l’espoir de se classer pour les finales du monde de l’IPRA, qui auront lieu en Oklahoma.

Sa route est cependant semée d’embûches dont la présence de Billy, son ennemi de toujours, n’est pas la moindre. Heureusement, Alex peut compter sur des amis fidèles tant dans le contexte de l’école que dans le monde protégé du rodéo où Victor reprend sa place de mentor pour le jeune et talentueux athlète. Il reste qu’Alex devra apprendre à conjuguer avec la pression inhérente à son sport, avec celles de l’école et celles d’une vie sociale où les filles commencent à occuper une place. Il suivra, en somme, le parcours tortueux, dur mais gratifiant de l’apprentissage de la vie adulte.

C’est avec un certain sentiment du devoir accompli que Pascal Lafrenière boucle cette boucle. «Même si au départ, je ne visais qu’un roman, j’ai rapidement su qu’on ferait une trilogie alors j’avais établi un certain plan global pour les trois tomes, explique-t-il en entrevue depuis son bureau de directeur général du Festival western de St-Tite. Par contre, les événements qui s’inscrivent dans chacun des tomes me sont venus au bout de mes doigts, au moment de l’écriture. En me fiant à mes études en psychoéducation, il y avait des thèmes que je tenais à aborder et je l’ai fait de façon satisfaisante. Il y a une progression d’un livre à l’autre mais derrière le tout, il y a toujours l’idée d’inciter les jeunes à identifier leurs rêves et à mettre les efforts pour les réaliser.»

«J’ai choisi de situer l’action dans le monde du rodéo qui est très peu connu mais ce qu’Alex doit affronter serait similaire peu importe le domaine. Je m’inspire de ce que je vois dans ma propre vie. J’ai des enfants sensiblement de l’âge d’Alex alors, j’ai de quoi m’inspirer. Depuis le premier tome, non seulement les jeunes m’en parlent mais des parents aussi qui ont lu les deux premiers tomes et y ont pris goût. Il y a un attachement au personnage d’Alex alors je me dis que je l’ai probablement bien cerné.»

L’autre paramètre qui ressort de ses rencontres dans les Salons du livre, notamment, c’est que sa volonté de maintenir le rythme de l’action s’est concrétisée. «Je voulais éviter le jasage pour le jasage, illustre-t-il. Il faut qu’il se passe quelque chose pour maintenir l’intérêt du lecteur et je pense que ça fonctionne bien. Multiplier les chapitres courts y a contribué.»

L’auteur a aussi introduit dans ses romans la contestation de la valeur éthique des rodéos, un débat auquel il a été confronté en tant que directeur général du FWST. «Je ne voulais pas élaborer un débat sur le rodéo et encore moins profiter de cette tribune pour faire valoir ma position mais comme le débat existe et qu’il m’était utile comme prétexte narratif, je trouvais justifié de l’amener. C’est une opinion que je trouve légitime: on a le droit de s’opposer au rodéo comme j’ai le droit d’y être favorable.»

Les plus beaux commentaires qui lui ont été faits à différents Salons du livre ou lors de conférences qu’il prononce, viennent de ceux qui lui ont dit ne jamais lire mais y avoir pris goût en lisant un de ses romans. «Certains m’ont dit que c’est le tout premier livre qu’ils ont lu au complet. Ça m’a tellement touché. Ce genre de commentaire-là, c’est la plus belle récompense que je peux recevoir.» Il n’en est pas moins fier de ses nominations pour un prix Hackmatack en Atlantique et un autre en Ontario, deux prix destinés à des auteurs de littérature jeunesse.

La fin d’une série ne signifie pas le bout de la route pour l’écrivain.

«Je vais continuer à écrire, c’est certain. J’en ai retiré trop de plaisir. Est-ce qu’il y aura un quatrième tome à Rodéo? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que si j’écris une suite, je veux laisser mon personnage vieillir quelque peu et le reprendre quelques années plus tard pour lui faire affronter d’autres enjeux.